Pastourelle

une parole parmi tant d'autres, mais une parole quand même

 

L’heure du choix – 26 aout 2012 13 septembre 2012

Classé dans : Prédications — pastourelle @ 17 h 52 min

Josué 24, 1-18; Jean 6, 60-69

Il y a toujours des choix à faire dans la vie. Il y en a qui vont impacter notre vie : se lancer dans des études plutôt que dans d’autres, quitter une ville ou un travail pour tenter l’aventure ailleurs, se marier (et oui, est-ce vraiment le bon ?) ou encore avoir des enfants : est-ce le bon moment ? Et il y a d’autres choix, beaucoup moins déterminants mais tellement plus quotidiens : quels habits mettre, quel film voir, quel plat choisir au restaurant, quels cantiques choisir pour le culte… Oui, ces choix-là sont beaucoup moins déterminants pour notre avenir, mais nous sommes plus souvent que nous le pensons confronté à des choix.

 

Les disciples de Jésus eux aussi sont face à un choix et ce choix semble très difficile, car ils viennent d’entendre leur maître tenir un discours très étonnant et dur sur son corps qu’il faut manger et son sang qu’il faut boire pour avoir accès à la vie éternelle. Comme le dit l’Evangile de Jean : « cette parole est dure, qui peut l’entendre ? »

 

Nous l’avons vu la semaine dernière : ce discours de Jésus sur le pain de vie remet tellement de choses en cause, oui, la Parole de Dieu bouscule nos habitudes et nos idées reçues. Elle est difficile à entendre et à comprendre.

Et il y a des disciples qui ne peuvent pas accepter ces paroles. Ceux-là vont le quitter, refusent de continuer à entendre de tels propos, ne veulent pas être amenés à changer aussi radicalement. Et il y a les autres, et parmi eux, les 12 qui vont être confrontés à ce choix : suivre Jésus ou s’arrêter là ? Mais Jésus n’impose rien, il interroge seulement : « Et vous, voulez-vous aussi vous en aller ? »

Jésus ne se comporte pas comme ces gourous qui cherchent à récupérer le plus de monde possible (pour se faire le plus d’argent possible), il ne se comporte pas comme ces vendeurs de babioles tout à fait inutiles qui vous invitent de façon très insistante voire autoritaire, à ne pas passer votre chemin sous peine de rater la bonne affaire. Non, Jésus n’impose rien et pourtant ce n’est pas une bonne affaire à quelques sous qu’il nous propose : c’est la vie éternelle !

Mais les disciples, emmenés par Pierre, et malgré leur récurrente difficulté à comprendre, ont cette fois-ci bien compris : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as des paroles de vie éternelle. Nous, nous sommes convaincus, nous savons que c’est toi qui es le Saint de Dieu. » Oui, ils ont compris que ces Paroles sont des paroles de vie, même si elles les conduisent sur des chemins difficiles et rocailleux.

 

C’est exactement le même choix que Josué laisse au peuple d’Israël. Lui non plus n’impose rien, n’exige rien. Il inscrit juste le peuple dans une histoire au cours de laquelle Dieu n’est pas resté inactif ou sourd. Dieu a agi pour son peuple : il a donné une descendance à Abraham qui était condamné à rester sans enfant, sa femme Sarah étant stérile ; il a envoyé et accompagné Moise pour délivrer le peuple de l’esclavage et il a fait tomber sur l’Egypte des fléaux à cause de la surdité du pharaon face aux demandes de Moise ; il a donné à son peuple une terre pour habiter, lui livrant ses ennemis et lui permettant de vivre enfin dans son pays. Mais Josué ne dit pas aux israélites : « choisissez Dieu et vous serez toujours vainqueurs » ou encore « choisissez Dieu sinon vous serez foudroyés sur le champ ! ». Non, il leur dit juste : « regardez ce que Dieu a fait pour vos pères, pour vous, comprenez sa parole, la puissance de sa parole et vous vivrez ».

Mais il n’y a pas d’ordre, pas d’injonction : « Mais s’il ne vous plaît pas de servir le SEIGNEUR (YHWH), choisissez aujourd’hui qui vous voulez servir : ou les dieux que vos pères servaient de l’autre côté du Fleuve, ou les dieux des Amorites dont vous habitez le pays. » Pour ma part, j’ai choisi de suivre le Seigneur, maintenant, vous, faites comme bon vous semble. Et pourtant, malgré cette liberté mise devant eux, les israélites d’une seule voix voudront suivre le Seigneur : « Nous aussi, nous servirons le SEIGNEUR (YHWH), car c’est lui qui est notre Dieu. »

 

Dieu laisse le choix, il nous laisse libres de choisir, alors, à ceux qui nous disent que le christianisme est une secte, que les gens sont conditionnés, enfermés dans des croyances, qu’ils n’ont plus d’esprit critique pour exprimer leur avis, j’ai envie de dire : connaissez-vous une seule religion, mis à part le judaïsme bien évidemment, qui donne autant de liberté à l’humain. Même Dieu nous laisse cette liberté de le suivre ou pas. Chacun ici a fait ce choix, d’autres aujourd’hui ne sont pas présents parce que ce choix est difficile pour eux, parce qu’ils ne savent pas trop où ils en sont…, c’est peut-être à nous de leur redire cette liberté, de ne pas les culpabiliser, mais de les accompagner. Par contre, une fois que l’on a fait le choix de suivre le Seigneur, il faut l’assumer et le vivre pleinement, car il faut assumer des paroles difficiles !

 

C’est effectivement dans cette difficulté que l’on trouve la différence entre ces 2 textes : si le peuple d’Israël choisit unanimement de suivre sa route auprès du Seigneur, il n’en est pas de même dans l’Evangile puisque Jean nous dit que beaucoup de disciples s’en retournait, ils ne marchaient plus avec Jésus. Car il faut l’admettre, le choix est plus radical. Jésus l’admet et comprend l’incompréhension de certains. Jésus sait que certains ne croient pas, ou en tout cas, pas assez, il sait qu’il demande quelque chose de difficile, il sait même que l’un d’entre eux le trahira, mais il accepte cette réalité. Il connaît la nature humaine et il sait qu’être disciple n’est pas une sinécure. Oui, les paroles de Jésus bousculent, mais ce sont des paroles de vie. Pierre le sait lorsqu’il dit à Jésus : « tu as des paroles de vie éternelle ».

Il y a ces paroles de vie éternelle qui ouvrent un autre avenir, un avenir où la mort n’a pas le dernier mot et il y a la Parole de Vie pour tous les jours de notre vie. On peut dire que la Parole de Dieu est à l’âme ce que la respiration est au corps : elle permet la vie ! Vivre de cette parole, même si elle s’ordonne par des commandements qui nous aident à vivre les uns avec les autres (tu aimeras ton prochain comme toi-même, tu ne tueras point, tu ne convoiteras point…) nous rend libres, elle nous insuffle la joie, la paix, la simplicité et la plénitude de la vie. Elle nous permet de vivre éclairés par la lumière du Christ, de sortir des ténèbres ou de la pénombre pour être éblouis par la beauté de la vie. Et il y a une Parole du Christ qui résume toutes les autres paroles, c’est celle de l’amour : à nous de vivre par cet amour !

 

Comme je vous le disais la semaine dernière, cette parole, il faut la mâcher, la croquer, l’intégrer pour qu’elle devienne nôtre, pour que nous vivions par elle, elle qui est parole de vie. C’est elle qui nous aidera à avancer, c’est surtout elle qui nous aidera à dire et à redire, perpétuellement, à la suite de Pierre : « Nous, nous sommes convaincus, nous savons que c’est toi qui es le Saint de Dieu ».

Parce que nous aussi nous sommes appelés à choisir la vie ! Amen

Nicole Roulland-Rupp

 

 

 

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