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Abraham & Sarah: l’amour à l’épreuve de la stérilité (Genèse 15, 1-5; 18, 1-5) 17 septembre 2012

Classé dans : Etudes bibliques — pastourelle @ 11 h 11 min

Introduction

Après Adam et Eve, voici l’histoire d’Abraham et Sarah, ou, si on commence par le début de cette histoire, d’Abram et Saraï.

Tout d’abord, une petite introduction sur les protagonistes.

Abram est fils de Terah, venant d’Ur en Chaldée et installé à Haran, sur la route du pays de Canaan. Terah fabriquait des idoles (Josué 24, 2), des dieux de bois.

Les commentateurs juifs aimant donné du sens aux mots et aux lettres font remarquer que Terah commence par un tav, la dernière lettre l’alphabet, et symbolise donc la fin d’un cycle qui a commencé avec Noé. Quant à Abram, son nom commence par un aleth, la première lettre de l’alphabet et ouvre donc un nouveau cycle qui devra s’achever avec l’arrivée du Messie.

Dieu aurait choisi Abram un peu à la manière de Noé. En effet, le livre des Antiquités juives (1er siècle de notre ère, Flavius Josèphe) introduit l’histoire ainsi : « Les habitants de la terre s’égaraient chacun derrière ses propres pensées, Abraham crut en moi et ne s’égara pas avec eux ». Il faut dire que juste avant l’histoire d’Abraham se situe l’épisode de la tour de Babel et de ses hommes qui veulent s’approcher du ciel.

 

En Genèse 14, on trouve une référence à Abram, l’hébreu. Il ne s’agit pas là de la langue parlée, mais il faut revenir à la racine du mot « hébreu » : « ivri » qui vient de « avar » et qui signifie « passer de l’autre côté, traverser ». Abram serait donc celui que Dieu a pris de l’autre côté du fleuve (Josué 24, 3). Les traducteurs de la septante avaient tellement bien compris cette signification qu’ils avaient traduits « ivri » par « émigrant » au lieu d’hébreu. Abram est donc passé d’une rive àl’autre, d’un monde à l’autre, d’une civilisation à l’autre. C’est par lui que l’humanité est passée du paganisme au monothéisme.

Ressemblance dans les racines des mots Abram et Hébreu en hébreu.

Saraï est elle aussi enfant de Terah, elle se trouve donc être la ½ sœur d’Abram.

Tout deux sont les descendants de Sem, le fils béni de Noé.

 

Abram et Saraï ont une place à part dans la Bible. Dans le Talmud de Babylone compilé vers le 6ème s. ap. JC, il est écrit : « Nos maitres ont enseigné que le terme  « pères » ne doit être donné qu’aux 3 (Abram, Isaac et Jacob) et le terme « mères » seulement aux 4 (Saraï, Rebecca, Rachel et Léa).

Enfin, Abraham est un personnage important dans les 3 monothéismes :

pour les juifs, il est le père d’un grand peuple, du peuple hébreu. Il représente le juste face aux ordres de Dieu et face à la justice humaine.

pour les musulmans, il est l’ami de Dieu, le premier des musulmans

pour les chrétiens, il est le père dans la foi, celui qui croit aux promesses divines.

 

J’ai mis en exergue 3 interrogations que l’histoire d’Abram et Saraï peut nous suggérer :

- question de la stérilité

- question de l’infidélité

- question de la filiation

Et, au cœur de ces 3 points, la relation particulière d’Abram avec Dieu, de sa fidélité malgré et contre tout qui conduira au sacrifice d’Isaac.

distribution des feuilles : histoire d’Abram et Saraï chapitre après chapitre ; textes bibliques

 

La question de la stérilité

è Lecture Genèse 15

La pauvre Saraï, c’est dès sa présentation que nous apprenons qu’elle est stérile (Gen 11, 29). Elle est présentée ainsi alors que de la femme de Nahor, un autre fils de Terah, nous ne savons rien, si ce n’est son nom : Milka. Le rédacteur plante donc rapidement le décor : Saraï est stérile et ne peut donc pas avoir d’enfant… et par conséquent, Abram est condamné lui aussi a resté sans héritier. La stérilité était considérée comme une véritable malédiction… pesant sur toute la famille.

Abram aurait très bien pu répudier sa femme à cause de ce problème, mais il ne le fait pas. Peut-être que le lien du sang y est pour quelque chose ? D’ailleurs, Abram ne blâme pas Saraï lorsqu’il s’adresse à Dieu. C’est bien Dieu lui-même qui est tenu pour responsable de cela. (Gen 15, 3)

 

Abram et Saraï croient, ils ont confiance en Dieu et obéissent à ses commandements. Ainsi, guidés par la foi, ils quittent leur pays, fondant leur vie sur la promesse invraisemblable d’un enfant à venir. Car c’est bien à partir de cette « anormalité » de la stérilité que le Seigneur va appuyer sa promesse. D’un « mal », Dieu va tirer un grand « bien ».

Dieu a annoncé que l’héritier serait un fils né d’Abram, mais il n’a pas précisé né de Saraï. Alors, elle échafaude un plan pour que la promesse se réalise.

Car à l’époque, il n’était pas interdit de faire appel à une mère porteuse en cas de stérilité. D’ailleurs, on retrouve cette possibilité dans le code d’Hammourabi (roi babylonien), cette stèle qui daterait du 18ème siècle av JC et qui édicte 282 articles régulant la vie quotidienne.

C’est ainsi que Saraï fera appel à Hagar sa servante pour donner un fils à Abram. D’ailleurs, en Gen 16, Saraï elle aussi accuse Dieu de ne pas lui avoir donné d’enfant : « le Seigneur m’a empêchée d’avoir des enfants » (gen 16, 2)

 

La question de l’infidélité

Il ne s’agit pas là d’infidélité par rapport à Dieu, mais bien dans les relations homme-femme.

Tout d’abord, il y a ce mensonge d’Abram au chap 12, au tout début de cette histoire : A cause de la beauté de Saraï, Abram a peur de se faire tuer, il la fait donc passer pour sa sœur, ce qui n’est qu’un demi-mensonge. Ainsi le pharaon l’a prise pour femme. Certains commentateurs verraient même là une union consommée !

 

Il y a par la suite l’épisode avec Hagar, une servante donnée à Saraï par le pharaon. Saraï échafaude donc son plan, mais Dieu n’avait rien demandé à Saraï : serait-ce un signe de doute par rapport aux promesses de Dieu ? Saraï pousse Hagar dans les bras d’Abram, ou l’inverse… afin que cette servante lui donne un fils à elle, Saraï… Et naît Ismaël (Dieu écoute). Mais Saraï certainement écoeurée par le bonheur resplendissant d’Hagar et de ce fils à venir, le fils d’Abram et par le mépris d’Hagar envers elle, se met à maltraiter sa servante enceinte.

Hagar s’enfuit dans le désert, mais Dieu la rattrape et lui promet une grande descendance, tout comme à Abram. Cette descendance donnera naissance à l’Islam puisque les musulmans considèrent qu’étant l’aîné des enfants d’Abraham, c’est lui qui est héritier de cette grande descendance. D’ailleurs, pour les musulmans c’est Ismaël et non Isaac qui est emmené par son père pour être sacrifié.

Pour revenir à notre histoire, Dieu s’adresse à Hagar alors qu’il n’a pas encore parlé à Saraï. Hagar dit même qu’elle a vu Dieu et pourtant, elle n’est pas morte ! Dieu remet les choses à leur place : Ismael est le fils d’Hagar et le restera

Le sentiment de trahison, d’infidélité, de jalousie même ressenti par Sarah se perpétuera même après la naissance d’Isaac, alors qu’elle aurait pu au contraire simplement se réjouir de cette naissance. Elle demande donc à Abraham de chasser la mère et l’enfant. Abraham ne veut pas, dans un premier temps, fléchir devant les critiques de sa femme, mais le Seigneur le rassure : il va faire d’Hagar et d’Ismaël une grande nation. Rassuré, Abraham chasse son fils et Hagar.

Le duo complice va se transformer en duel de rivalité : l’une a l’enfant mais pas l’amour, l’autre l’amour, mais pas l’enfant ; l’une est la maîtresse, l’autre est la servante étrangère.

 

On voit là une Sarah aigrie et méchante… mais comment réagir lorsqu’on est frappé de stérilité et qu’on ne devient mère que sur le « très tard », alors que d’autres ont tant de facilité à donner la vie ?

 

Il y a encore un épisode épique : Abraham fait de nouveau passer Sarah pour sa sœur en s’installant dans le Néguev. Le roi Abimeleck fait enlever Sarah pour la faire entrer dans son harem, mais, nous précise le texte, il ne s’en approche pas.

Les tentatives de mensonge d’Abraham ne sont-elles pas elles aussi des instants de doute par rapport aux promesses faites par le Seigneur ?

Peut-être ces histoires extra conjugales ont-elles permis au couple de se retrouver, de se renforcer après tant d’années de vie commune avec pesante, la douleur de la stérilité ?

 

La question de la filiation

Ismaël n’est donc pas le fils promis par Dieu. Mais l’enfant se fait toujours attendre. Mais après tellement de rebondissements, il semble que Dieu doive mettre de l’ordre et reprendre Abram et Saraï en main.  Il le fait par un geste tout particulier, en changeant le nom des 2 protagonistes. (chap 17)

Abram devient Abraham et Saraï devient Sarah.

Abram signifiait Père haut, Abraham signifie Père d’une multitude

Saraï signifiait ma princesse, Sarah signifie princesse

Comme vous le savez, le nom joue un rôle important dans la vie d’une personne. Être nommé par Dieu qui est la source de la vie, de la libération, peut ouvrir à l’autonomie, à la liberté responsable. Il s’agit d’une nouvelle étape dans la vie d’Abraham. Quant à Sarah, elle naît à elle-même. Auparavant, elle appartenait à quelqu’un : ‘ma princesse’ : son père, sa mère, ou encore Abraham. Dorénavant, elle s’autonomise en n’appartenant plus à personne.

Abraham et Sarah sont devenus eux-mêmes, libérés de certaines chaînes du passé, ils peuvent maintenant donner la vie. Ils sont de nouveau prêts à accueillir la promesse de Dieu.

 

Et c’est par l’intermédiaire de 3 personnages que Dieu interviendra une nouvelle fois pour réaffirmer sa promesse.

 

è Lecture chênes de Mamré

Le décor est planté : Abraham s’est installé sous les chênes de Mamré, qui devait déjà, à l’époque, est un sanctuaire. Le chêne étant un arbre cultuel, il pouvait signifier la présence d’un lieu important (c’est avec le bois des chênes qu’on fabriquait les idoles). A l’heure la plus chaude de la journée, celle à laquelle, tout homme sensé se repose au frais, 3 hommes arrivent.

3 hommes, le Seigneur, des anges… le texte n’est pas très clair sur l’identité de ces visiteurs, d’ailleurs Abraham est lui aussi décontenancé, passant du singulier au pluriel.

Mais cette fois-ci, le personnage central sera Sarah, elle à laquelle le Seigneur ne s’est jamais adressée, la voilà protagoniste bien malgré elle de ce passage. Le texte hébreu cite 10 fois son nom en 10 versets. Et enfin, il est question du fils de Sarah et non plus seulement du fils d’Abraham (référence déjà faite en Gen 17 au moment du changement de nom).

 

Les déplacements d’Abraham et Sarah sont aussi parlants dans ce passage. Abraham était à l’entrée de la tente lorsqu’il a aperçu les 3 hommes, puis, lorsqu’il leur tient compagnie, c’est Sarah qui prend sa place : sur le seuil de la tente, le seuil comme symbole de passage, la promesse va passer de la parole aux actes.

 

Nous connaissons tous le rire de Sarah qui entend la promesse renouvelée : elle, enceinte à son âge : pure folie ! Mais nous nous rappelons moins du rire d’Abraham au chapitre précédent (17, 17). C’est d’ailleurs au moment du rire d’Abraham que Dieu donne un nom à ce fils qui va naître : Isaac, qui signifie « il rira » en hébreu.

Rire nerveux, rire moqueur, rire joyeux… Peut-être tout cela à la fois.

Alors que le Seigneur ne tient pas compte du rire d’Abraham, il interpelle Sarah et pour la première fois lui adresse la parole : « Si, tu as ri ! »

Dorénavant, dans l’histoire d’Abraham et Sarah il y aura un avant le passage des visiteurs et un après.

Isaac va naître, mais l’histoire ne s’arrête pas là.

 

Le sacrifice impossible

L’enfant est né ! Quelle joie pour ses parents. Et voilà que Dieu veut déjà leur retirer !

Bien évidemment ce texte soulève de nombreuses interrogations : comment Dieu peut-il demander ce sacrifice ? Et comment Abraham accepte-t-il de sacrifier son fils ?

D’ailleurs, Abraham n’a-t-il pas quitter son pays, sa famille, dans lesquels on priait des dieux étrangers, des dieux qui demandaient des sacrifices humains, des sacrifices d’enfants pour exaucer les prières (2 Rois 3, 26-27). Abraham a quitté ces dieux pour suivre un Dieu qui demande la même chose : pourquoi avoir fait tout ce chemin alors ?

 

Mais était-ce vraiment Dieu qui s’adressait à Abraham.

Kant s’interrogeait : « comment l’homme peut-il être certain que c’est Dieu qui lui parle à travers les textes bibliques ? » La réponse étant : une seule chose est certaine : sous certaines conditions, l’homme peut savoir quand ce n’est pas Dieu qui lui parle, en particulier quand un commandement prétendument divin s’oppose à la loi morale universelle. Abraham aurait donc du répondre par la négative.

Certaines interprétations rabbiniques estiment que ce n’est pas Dieu mais Satan qui a poussé Abraham au sacrifice. Pourtant la Bible est claire, il s’agit bien de Dieu, même si, exceptionnellement elle fait référence à « le » dieu et non à Dieu tout court.

 

D’ailleurs Abraham doit reconnaître la façon de parler de Dieu car cet ordre ressemble étrangement à l’ordre qu’il a reçu en gen 12 de quitter son pays. L’expression utilisée, « pars, toi » (lek leka – ) n’apparaît que dans ces 2 passages.

Et comme dans Genèse 12, Abraham ne cherche pas à comprendre pourquoi, il ne cherche pas d’explication, il prend ses affaires et part. On peut s’étonner qu’à ce moment précis il n’ait pas cherché à négocier comme il l’a fait auparavant pour sauver son neveu Loth de la destruction de Sodome.

Mais Abraham qui a déjà perdu un de ses fils, Ismaël, chassé au désert avec sa mère, et s’apprête à perdre le second : son fils unique, celui qu’il aime tant. Et à cela, il ne trouve rien à redire. Il laisse même Sarah dans l’ignorance : elle qui a attendu si longtemps cet enfant va s’en trouver séparer pour toujours et elle n’en sait rien !

Dans ce passage les relations père-fils sont inégales : c’est Abraham qui décide, c’est lui l’acteur. Quant à Isaac, il subit : il est emmené, chargé, attaché… il apparaît presque comme une non personne, il prend la place de cet animal qui n’a pas été emmené pour le sacrifice. Et pourtant, il est l’unique et l’aimé d’Abraham !

Abraham ira jusqu’à lever le couteau pour tuer Isaac : quel Dieu cruel peut accepter cela. Abraham devait être dans un drôle d’état, mais imaginez la détresse de son fils, ficelé sur un autel, voyant cette lame qui lui est destinée s’élever au-dessus de lui !

C’est un récit insupportable !

Certains affirment qu’Abraham savait que Dieu l’empêcherait de sacrifier son fils et c’est pour cela qu’il a répondu favorablement à l’appel : mais si tel était le cas, a-t-il une seconde pensé à la souffrance d’Isaac ? D’ailleurs, quel âge peut bien avoir Isaac à ce moment ? Selon Flavius Josèphe il aurait 25 ans, selon le Talmud, 30 ans. Toujours est-il qu’il s’agit d’un adulte, mais qu’il se laisse faire comme un petit enfant. A-t-il lui aussi cette confiance en Dieu ?

D’autres pensent que ce texte vise à faire comprendre à Israël que Dieu ne veut pas de sacrifices humains, il est un paradigme du bouc émissaire : l’animal remplacera l’humain. Dans le Deutéronome, les sacrifices d’enfant seront tout simplement interdits (Deut 18, 10-12)

 

Tout comme Abraham pensait disposer de Sarah en la faisant passer pour sa sœur à 2 reprises et en la jetant en quelque sorte dans des bras inconnus et étrangers, Abraham pensait pourvoir disposer de la vie de son fils en le sacrifiant.

Pourtant dans un cas comme dans l’autre, l’autonomie est retrouvée. D’ailleurs, On ne parlera plus d’Isaac jusqu’à sa rencontre avec Rebecca, moment où il commencera réellement sa vie d’homme détaché d’Abraham.

 

Abraham est devenu le père d’une multitude… mais comment accepter qu’un tel personnage, prêt à tuer son fils, soit devenu ce patriarche admiré et vénéré ?

Il est reconnu comme juste face aux commandements de Dieu, mais comment accepter qu’il accepte justement d’obéir à un commandement si terrible ?

Nous ne sommes pas prêts de répondre à toutes ces interrogations !

Nicole Roulland-Rupp

Bibliographie

Thomas Römer, Dieu obscur, le sexe, la cruauté et la violence dans l’Ancien Testament, Labor et Fides, Genève, 1996.

Thomas Römer ed., Abraham, nouvelle jeunesse d’un ancêtre, Labor et Fides, Genève, 1997.

Jean-Louis Ska, Abraham et ses hôtes, le patriarche et les croyants au Dieu unique, ed Lessius, Bruxelles, 2001.

Robert Martin-Achard, Abraham sacrifiant, de l’épreuve du Moriya à la nuit d’Auschwitz, ed du Moulin, Aubonne, 1988.

Jacqueline Dauxois, Les plus belles histoires d’amour de la Bible, Tome 1, Presses de la renaissance, 2006.

 

Prière : Dieu des choses impossibles

O notre Dieu, tu es le Dieu des choses impossibles, c’est pourquoi nous venons vers toi.

Dieu de Moïse, on nous a dit et nous avons cru que, dans les temps anciens, tu avais su ouvrir la mer infranchissable pour ton peuple en marche.

C’est impossible, Seigneur. Mais puisqu’il en a été ainsi viens, aujourd’hui encore, rendre possible l’impossible.

Devant nous aussi, il y a la mer infranchissable, celle des peurs, des mauvaises volontés, des ignorances de toutes sortes.

Nous t’en prions, Dieu des choses impossibles, viens ouvrir la lassitude où nous nous épuisons. Et conduis-nous enfin vers une terre où coulent le lait et le miel pour tous et pour chacun. C’est impossible, Seigneur, c’est pourquoi nous venons vers toi.

O toi, le Dieu de la vie, on nous a dit et nous avons cru que, dans les temps anciens, tu savais faire tomber le pain du ciel pour les affamés et jaillir l’eau du rocher pour les assoiffés. C’est impossible, Seigneur.

Ecoute-nous. Aujourd’hui, nous aussi, nous foulons un désert sans issue ; nous avons faim d’un pain qui rassasie vraiment; nous avons soif d’une eau qui rafraîchisse nos lèvres des paroles que nous n’aurions pas dû dire.

Nous t’en prions, Dieu des choses impossibles, donne-nous la paix du cœur. Donne-nous la réconciliation avec nous-mêmes. C’est impossible, c’est pourquoi nous venons vers toi.

O toi, le Dieu de jouvence, on nous a dit, et nous avons cru que, dans les anciens temps, tu savais rendre fécondes les entrailles des femmes stériles et redonner aux vieillards la vie d’un sang rénové. C’est impossible, Seigneur.

Ecoute-nous. Aujourd’hui, l’indifférence nous guette, nos cœurs deviennent de pierre et nous en venons à prendre plaisir à notre solitude.

Nous t’en prions, Dieu des choses impossibles, rends-nous de nouveau vulnérables et fragiles, pour que nous sachions compatir et pardonner. C’est impossible, Seigneur, c’est pourquoi nous venons vers toi.

O toi, le Dieu de résurrection, on nous a dit, et nous avons cru que, dans les anciens temps, tu avais su, en Jésus-Christ, faire de la mort une porte ouverte sur la vie.

C’est impossible, Seigneur. Mais puisque Jésus-Christ nous a appris à te dire que c’est à toi qu’appartiennent le règne et la puissance, nous venons encore vers toi.

Nous t’en prions, que ton règne vienne enfin et que ta volonté se fasse sur cette terre. Et garde dans ton éternité un peu de notre vie.

Que ta bénédiction vienne vers nous, comme notre espérance monte vers toi.

Je te parle, Seigneur, M’entends-tu ?                    Pasteur Alain Houziaux

 

1 Commentaire

  1.  
    SENN
    SENN écrit:

    Merci d’avoir publié ce commentaire !!!
    Je n’avais pas pu assiter à la rencontre et cela me fait vraiment plaisir d’y avoir accès.

    Bonne continuation

    Gilles

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