Pastourelle

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Adam & Eve: la 1ère histoire d’amour de l’humanité (Genèse 2-3) 17 septembre 2012

Classé dans : Etudes bibliques — pastourelle @ 11 h 03 min

Introduction

C’est donc par le commencement que nous allons commencer, par le livre de la Genèse. En hébreu, ce livre s’appelle « l’origine », ou plus exactement, « au commencement ». Car dans la Bible hébraïque, les livres portent comme nom leur premier mot. Pour la genèse : Bereschit, au commencement.

Dans la Genèse, on trouve 2 récits de la création de l’humain. Dans Gen 1, la création de l’homme et de la femme est inscrite dans la litanie des jours et des créations. C’est le 6ème jour que Dieu crée l’humain. J’ai choisi pour ma part de m’appuyer sur le récit de Gen 2 qui est beaucoup plus explicite sur cette création.

 

Que certains le considèrent comme une histoire vraie, ou que d’autres le prennent pour un mythe, il nous donne des bases et des repères pour l’histoire de l’humanité et des relations entre hommes et femmes. Ce texte a été écrit pour répondre aux questions que les hommes et les femmes se posaient sur l’origine du monde et l’origine du mal.

 

L’homme et la terre ; l’homme et la femme : question de vocabulaire

è distribution des textes bibliques

L’hébreu joue beaucoup avec les mots, les compositions des mots.

Ainsi Adam est tiré de la terre qui en hébreu se dit Adama. Adam, à l’origine, est un terme générique que l’on pourrait traduire par l’humain, ou plus symboliquement par le « terrien » puisqu’il est issu de la terre.

L’homme est créé en dehors de l’Eden. Ce n’est que par la suite que Dieu va créer ce « paradis » et y déposer l’homme.

On peut alors imaginer que Dieu va créer la femme, l’aide d’Adam, à partir de la terre de ce jardin si parfait… mais il a une tout autre idée : c’est à partir de la côté (ou du côté) d’Adam que la femme sera tirée.

L’homme qui auparavant a nommé tous les animaux, va également désigner cette nouvelle créature. En fait, il ne va pas la nommer, il va lui donner un genre et ainsi, lui-même se différencier sexuellement de celle-ci. Cette créature sera donc appelée ischa, femme en hébreu, car elle est sortie de isch, l’homme.

Ainsi, Adam s’appelle ainsi car il a été tiré de la terre, Adama et la femme, ischa s’appelle ainsi car elle a été tirée de isch, l’homme. L’homme et la femme ont donc quelque chose de similaire et pourtant se différencie. Pour marquer cette proximité, Martin Luther traduira en allemand par Mann, homme, et Männin, hommesse.

Ce ne sera que par la suite, après avoir été chassé du jardin d’Eden, que Adam nommera réellement sa femme : Eve, qui signifie la vivante. (Raouah)

En hébreu, les noms sont très importants et peuvent même changer la destinée d’une personne (cf. Abraham et Sarah)

 

Le statut de la femme

Dans le 1er récit de la création, il n’est pas question d’Adam, ni d’Eve tiré de son côté. C’est un tout autre vocabulaire, plus biologique qui est utilisé. Ici le terme Adam est utilisé comme terme générique pour parler de l’humain. La différenciation se fait par la suite : mâle et femelle et les créa. Il ne s’agit pas là du isch et ischa, mais bien d’autres termes posant la différenciation sexuée des 2 êtres créés.

Dans ce premier récit, il y a donc une égalité de condition entre l’homme et la femme : ils sont créés en même temps par Dieu.

 

Dans Gen 2, la femme est créée pour venir en aide à l’homme. Dieu ne crée par la femme pour servir l’homme, ou juste pour faire potiche à côté de lui comme parfois des traductions laissent à le penser. Le terme hébreu d’aide est assorti de celui signifiant « vis-à-vis ». On trouve là une mise à égalité des 2 êtres. D’ailleurs souvent dans l’Ancien Testament Dieu se présente comme cette aide.

 

L’homme et la femme ne sont donc pas semblables, même si leur nom évoque une similitude, ils sont différents pour entretenir une relation de dialogue, une relation faite de confrontations entre 2 libertés.

 

 

Le fruit défendu

Voilà donc l’histoire qui nous intéresse tout particulièrement car il va mettre à l’épreuve ce premier couple formé par Dieu.

On parlera donc ici du fruit et non de la pomme car la Bible ne donne aucune précision sur ce fruit. En fait, c’est à la renaissance que la pomme est apparue, lorsque les peintres ont voulu figurer l’histoire d’Adam et Eve. Il fallait bien représenter un fruit et ce fut la pomme. D’autant plus que le fruit, celui avec pépins ou noyaux, se dit en latin « pomum »… à savoir que la pomme, elle se dit « malum » : on y retrouve le mal et ce n’est peut être pas qu’un hasard !

Anecdote : la pomme d’Adam : le fruit, croqué par Adam, lui serait resté en travers de la gorge… et depuis, il est visible sur tous les hommes adultes : peut-être une façon de porter sur soi l’origine du péché !

Dieu a donc placé au centre de son jardin 2 arbres : l’arbre de la connaissance du bien et du mal et l’arbre de la vie. Et il a bien précisé à Adam qu’il ne devait pas y toucher, pas en manger. La sentence serait immédiate s’il désobéissait : la mort !

C’est Dieu qui tient donc entre ces mains toutes les bases de l’éthique, de la différenciation entre le bon et le mauvais.

Mais en plaçant à proximité de l’homme ces 2 arbres, Dieu ne l’a-t-il pas tenté ? Et d’ailleurs, Dieu n’a-t-il pas menti à l’homme en lui disant qu’en mangeant de ce fruit il mourrait (Gen 2, 17).

 

La chute

C’est donc l’entrée en scène du serpent. Cet animal rusé serait selon certaines traditions, un ange jaloux des humains, ne comprenant pas pourquoi Dieu les a faits à son image et s’occupe autant d’eux, les installant même au sein d’un jardin idyllique. Ce serait donc par pure jalousie que le serpent (satan) se serait approché d’Eve et lui aurait tenu un discours très tentant.

D’ailleurs, pourquoi le serpent s’est-il adressé à la femme et non à l’homme. La réponse « cliché » : la femme étant la plus faible, il savait qu’il pourrait arriver à ses fins avec elle ! Voici d’autres réponses : Il faut se rappeler que c’est Adam qui a nommé tous les animaux. En nommant il a une sorte d’autorité sur eux, c’est Dieu lui-même lui donne cette autorité. Le serpent, créature de Dieu, nommé par l’homme ne pouvait pas trompé Adam.

Ensuite, c’est bien à l’homme que Dieu a donné l’ordre de ne pas manger du fruit de l’arbre, en aucun cas à la femme. Elle est pourtant au courant, mais n’a pas reçu cet ordre directement de la bouche de Dieu. D’ailleurs, jusqu’à présent, personne n’a adressé la parole à la nouvelle créature : Dieu amène la femme à Adam, et celui-ci parle d’elle ainsi : « celle-ci on l’appellera femme » (Gen 2, 23).

Le serpent est donc la première « personne » à lui adresser la parole.

Et la femme se laisse effectivement tenter et elle croque le fruit, puis elle le tend à Adam qui aurait pu refuser, s’horrifier de l’acte de sa femme. Mais non, lui aussi croque. Eve ne force pas Adam, elle ne le trompe pas, elle lui tend simplement le fruit et lui croque. Mais surprise, ils ne meurent pas ! Dieu aurait-il menti ? Le serpent aurait-il donc raison ?

En fait, la conséquence est autre : ils se rendent compte qu’ils sont nus. Ils viennent de perdre leur pureté : leur nudité auparavant naturelle devient immorale, anormale. Ils se cachent donc avec des feuilles de figuier, et non de vigne. Ce figuier que plus tard le Christ rendra stérile, peut-être parce qu’il est le signe de la chute (Mat 21, 18-22).

L’humain est-il seulement responsable de ce « péché originel ». Lui qui ne connaissait que le bien, qui ne pouvait imaginer le mauvais a été abusé par une bête rusée et jalouse. Mais l’humain a cependant manqué confiance en Dieu, en son créateur.

C’est donc le serpent qui a introduit la notion de mal dans le monde, ce n’est pas l’humain, il en a juste été le réceptacle.

 

La honte

L’acte est irréversible. L’homme et la femme ont trahi la confiance de Dieu. D’ailleurs, il les cherche. Et eux se cachent, pensant peut-être que, ne les trouvant pas, Dieu continuerait sa route. Ont-ils seulement oublié qu’ils n’étaient que 2 dans ce jardin ?

Mais Dieu sait déjà. Il sait qu’Adam et Eve se cachent, il sait que le mal a été commis. Il appelle et Adam répond.

Ce Dieu créateur n’est pas cruel, depuis le début de sa création, il n’a fait que le bien, il a été à l’écoute de cet homme qu’il a créé à son image. Il ouvre à Adam la porte du repentir et du pardon : il suffirait à Adam de prononcer un mot : pardon.

Mais Adam, qui vient de croquer dans ce fruit, trouve en lui toute la réserve nécessaire pour répondre avec aplomb à Dieu : c’est la faute de la femme ! Pire, c’est la faute de la femme que TU m’as donnée ! En une seule phrase, Adam accuse Dieu et la femme. Mais il n’avoue pas sa faute.

On peut se dire qu’elles sont bien loin les belles paroles d’Adam sur cette femme comme os de ses os, chair de sa chair ! Dorénavant, c’est chacun pour soi.

En une seule phrase, Adam se défait de Dieu et d’Eve.

 

Et Eve, que répondra-t-elle ? Elle n’accusera ni Dieu, ni Adam, mais le serpent. Elle n’avouera donc qu’à moitié !

Ni l’un ni l’autre n’ont trouvé la force, le courage de tout simplement demander pardon à Dieu. Peut-être étaient-ils encore bercés par les belles promesses du serpent et sont persuadés d’être devenus comme des dieux. Mais leur réalité va les rattraper : ils ne sont bien que des humains, créés par Dieu, qui s’apprêtent dorénavant à être chassés de l’Eden.

 

Quel avenir ?

Dieu leur promet alors une vie dure. Mais que peuvent-ils comprendre de cela, ils ne connaissent que le bien et la douceur de la vie : comment peuvent-ils concevoir ce qui les attend ?

Dieu les chasse pour ne pas qu’ils s’attaquent à l’autre arbre : celui de la vie.

Adam et Eve ne peuvent plus compter que l’un sur l’autre. Ils vont donc s’aimer et mettre au monde Caïn pour lequel Eve dira : j’ai produit un homme avec le Seigneur. D’Abel, il ne sera rien dit lors de sa naissance. Mais dorénavant le mal germe tout seul !

Nicole Roulland-Rupp

Prière : Dieu de l’univers

Ils louent le Seigneur ceux qui le cherchent. (Psaume 22)

O Dieu, notre Père du ciel,

nous te remercions pour ce privilège merveilleux

de pouvoir t’adorer, toi, le seul vrai Dieu de l’univers.

 

Nous venons à toi aujourd’hui,

pleins de reconnaissance que tu nous aies gardés

à travers la longue nuit du passé

et nous aies fait entrer dans le défi du présent

et la brillante espérance du futur.

Nous savons, ô Dieu,

que l’homme ne peut se sauver de lui-même,

car l’homme n’est pas la mesure des choses

et l’humanité n’est pas Dieu.

Ligotés par les chaînes du péché et de la finitude,

nous savons que nous avons besoin d’un Sauveur.

 

Aide-nous à ne jamais laisser quelqu’un ou une situation

nous pousser si bas que nous en venions à haïr.

Donne-nous la force d’aimer nos ennemis

et de faire le bien à ceux qui, méchamment,

nous utilisent et nous persécutent.

Nous te remercions pour ton Eglise

fondée sur ta Parole :

elle nous provoque à faire plus que chanter et prier,

c’est-à-dire à aller dans le monde et à travailler

comme si la vraie réponse à nos prières

dépendait de nous et non de toi.

Aussi, finalement, aide-nous à réaliser

que l’homme a été créé pour briller comme les étoiles

et vivre pour l’éternité.

 

Garde-nous, nous t’en prions, en parfaite paix,

aide-nous à marcher ensemble, à prier ensemble,

à chanter ensemble et à vivre ensemble

jusqu’au jour où tous les enfants de Dieu,

Noirs, Blancs, Rouges et Jaunes,

se réjouiront en une seule humanité commune

dans le Royaume de notre Seigneur et notre Dieu.

Martin Luther King

 

 

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