Pastourelle

une parole parmi tant d'autres, mais une parole quand même

 

Avent – récits d’annonciation (Mat 1, 18-25) 11 janvier 2013

Classé dans : Etudes bibliques — pastourelle @ 10 h 40 min

Introduction

 

On trouve 4 récits importants d’annonciation dans la Bible, même si le terme d’annonciation fait référence explicitement à l’annonce faite à Marie :

Abraham-Sarah

Zacharie-Elisabeth

Joseph

Marie

 

Des ressemblances, des différences, des objectifs divins pour chacun de ces enfants à naitre… bien sûr, il ne s’agit que de garçons ! Deux d’entre eux étaient attendus depuis bien longtemps, quant au 3ème, il n’est pas vraiment arrivé au bon moment pour ses parents !

 

Joseph et l’ange

Pour continuer sur notre lancée, après la généalogie de Jésus dans Matthieu, prenons l’annonce faite dans cet Evangile : annonce faite à Joseph.

Rappelez-vous la généalogie se terminait par une référence faite à Joseph en tant qu’ « époux de Marie, de laquelle est né Jésus » alors que tous les autres hommes étaient présentés comme des pères engendrant des enfants. Joseph n’est donc que l’époux et non le père.

Alors, comme pour réparer une certaine injustice, Matthieu redonne de l’importance à Joseph, car après tout, c’est par lui que Jésus est descendant de David.

 

Joseph, un homme juste

Alors, c’est à Joseph que l’ange (qui n’est pas nommé) apparait en songe : « Joseph, descendant de David, ne crains pas d’épouser Marie, car c’est par l’action du Saint-Esprit qu’elle attend un enfant. » L’esprit, le souffle de Dieu qui a mis Marie enceinte !?!? Prenez n’importe quel homme et dites-lui : ne t’inquiète pas, c’est l’esprit saint qui est à l’origine de la grossesse de cette que tu devais épouser : à tous les coups, il vous rit au nez ou vous flanque un coup de poing. Mais Joseph n’est pas tous les hommes. L’Evangile nous dit qu’il était juste, ce qui signifie qu’il était un juif pieux, respectueux des commandements : donc face à l’adultère certain de sa femme, il cherche à la répudier, mais ne veut pas le faire en public car cette femme, il l’aime tout de même. Joseph alterne entre l’amour et la loi.

Donc Joseph va accepter l’impensable : l’enfant a été engendré par le Saint Esprit, le souffle de Dieu. Mais après tout, ce souffle a été à l’origine de la création, si il a pu créer le monde en 6 jours, pourquoi ne pourrait-il pas donner la vie encore une fois ?

 

Concernant cette conception, Matthieu ne donne aucun détail, à la différence de Luc « Le Saint-Esprit viendra sur toi et la puissance du Dieu très-haut te couvrira comme d’une ombre. C’est pourquoi on appellera saint et Fils de Dieu l’enfant qui doit naître. » Même si cela ne nous aide pas mieux à comprendre… mais est-ce nécessaire de comprendre ?

On se rend compte que l’Esprit de Dieu est présent avec Jésus dès sa conception, et non pas seulement à partir du baptême dans le Jourdain.

 

Quels sont les autres personnages qui ne sont pas issus d’une union entre un homme et une femme ?

Adam et Eve. Ce n’est pas pour rien que Jésus est considéré comme le dernier/nouvel Adam (1 Co 15, 45). Par l’un, le péché est entré dans le monde, par l’autre, la force de vie ôte le péché du monde !

 

Joseph, le père

Avec cette annonce faite par l’ange, Joseph est remis au centre de l’histoire, il fait partie intégrante du plan divin. Sa place est redéfinie et va lui permettre d’accepter cet enfant comme son fils.

D’ailleurs, pour savoir de qui est un enfant, le judaïsme estime qu’on ne peut pas faire confiance à la mère… et oui, elle dira ce qui l’arrange. Par contre, on peut faire confiance à l’homme qui accepte de prendre l’enfant comme le sien. C’est exactement ce que fait Joseph : il accepte cet enfant comme le sien et le fait de donner un nom, fait de lui le père légal (et pas seulement adoptif).

 

Heureusement que Joseph accepte ce rôle, car il fait partie du plan de Dieu, en effet, pour que Jésus soit issu de la lignée de David, il est nécessaire que Joseph fasse partie de l’histoire et prenne sa place de père.

Alors, Joseph, en homme juste, en juif pieux, obéit à l’ange du Seigneur, car la volonté du Seigneur est là.

 

Jésus, le sauveur

L’ange dit à Joseph que le nom de l’enfant sera Jésus car il sauvera son peuple de ses péchés : iesous en grec, ieshoua en hebreu, Dieu sauve.

On peut faire une parallèle avec Moise car selon Flavius Josèphe, dans ses antiquités juives, le père de Moise a eu une révélation divine qui lui disait que l’enfant à naitre « délivrerait le peuple hébreu de l’esclavage d’Egypte ». Moise et Jésus sont donc les sauveurs du peuple.

 

Jésus l’Emmanuel

Là, une grande question : pourquoi Matthieu a-t-il donné cette indication « on l’appellera du nom d’Emmanuel ». Certes pour rattacher l’Evangile aux paroles du prophète Esaie (7, 15). Mais ce nom ne sera jamais repris pour parler de Jésus.

Ou bien faut-il prendre la question dans l’autre sens : pourquoi donner un nouveau nom à celui attendu et annoncé, pourquoi ne pas être resté sur Emmanuel ?

 

Comparaisons

 

Elisabeth-Zacharie / Abraham-Sarah

Tous les 4 âgés, sans enfant, à cause de la stérilité. Abraham et Sarah étaient sous le coup d’une promesse de Dieu depuis longtemps ; Elisabeth et Zacharie, quant à eux ont beaucoup prié, eux aussi étaient « justes », assidus au Temple, d’autant plus que Zacharie était prêtre. L’ange ne s’est adressé à eux qu’une seule fois.

Dans les 2 situations, le nom est donné : Isaac (il rira) ; Jean (Dieu rend grâce).

 

Elisabeth-Zacharie / Marie

De la même famille, Jésus et Jean seront cousins. Les premiers sont âgés, la seconde est jeune, vierge et tout juste fiancée. Dans les 2 cas, ce n’était pas pensable qu’un enfant naisse et pourtant : de la femme âgée et stérile est née Jean et de la jeune vierge fiancée est née Jésus. Il y a de la joie annoncée dans ces 2 récits. L’enfant à naitre sera source d’allégresse.

 

Marie / Joseph

L’introduction de l’ange n’est pas la même, le ton est différent : Réjouis-toi / N’aie pas peur.

Il y a d’un côté la Loi avec Joseph : l’ange fait en sorte que face à Dieu, Joseph soit toujours considérée comme juste : il ne s’agit pas d’un adultère, mais d’un plan divin. Référence est donc faite aux écritures et aux prophètes pour ce juif pieux.

Pour Marie, le registre est déjà celui de la bonne nouvelle : « 32Il sera grand et on l’appellera le Fils du Dieu très-haut. Le Seigneur Dieu fera de lui un roi, comme le fut David son ancêtre,33et il régnera pour toujours sur le peuple d’Israël, son règne n’aura point de fin. »

Marie discute avec l’ange, cherche des explications et donne son accord : « Je suis la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi comme tu l’as dit. »

Joseph reçoit juste ces recommandations dans son sommeil et pourtant, il obéit, il sait que Dieu est imprévisible.

 

Conclusion

4 annonces pour préparer des hommes et des femmes à accueillir l’impensable, l’improbable. Des annonces pour de belles promesses : des enfants qui feront la joie de leurs familles, des enfants qui seront grands devant le Seigneur.

Des promesses qui se sont réalisées et dont nous sommes les heureux bénéficiaires.

 

 

Prière

Regards

Un regard en arrière, un regard en avant, et tenir l’espérance.

 

Joseph regarde en arrière.

 

En arrière : sa fiancée enceinte et le poids du soupçon, une naissance qui trouble le pouvoir et un massacre d’innocents, des crits et des lamentations.

 

Mais en arrière aussi l’aventure de la foi : un ange qui lui demande de prendre avec lui Maie et l’enfant qu’elle a conçu, une voix qui l’avertit du danger à éviter et lui indique la route à suivre.

 

Oubliant ce qui est en arrière et se tendant vers ce qui est en avant, Joseph prend le bâton d’Abraham et court vers le but.

 

Marie regarde en avant.

 

En avant, l’Egypte, l’exil, l’inconnu.

Elle ne comprend pas tout ce qui arrive, mais elle fait confiance :

« Rien n’est impossible à Dieu ».

Elle regarde en avant mais elle se souvient. Elle a gardé tant de choses dans son cœur.

 

Elle se souvient peut-être de cette parole de Siméon :

« Femme, la douleur te transpercera l’âme comme une épée. »

L’avenir est fait de souffrance et l’enfant qu’elle tient est déjà en croix.

 

L’espérance du monde n’est ni dans la puissance, ni fans la richesse, ni dans la science, mais dans la faiblesse, dans la pauvreté, dans l’innocence d’un enfant. Marie tient fermement cette espérance et court vers le but.

 

Quant à l’âne avec ses grandes oreilles, il a l’air d’écouter ce que dit Saint Paul :

« Ne perdons pas courage ».

 

Regards, Lindegaard, in La Bible des contrastes.

 

O Seigneur, cette histoire nous parait tellement folle quand nous y pensons : une femme enceinte, ce mari qui n’est pas le père de l’enfant, et cet âne qui accompagne cette famille… Seigneur, tu sais nous surprendre, c’est pourquoi parfois nous avons du mal à te reconnaitre, nous ne savons pas que c’est toi qui nous parle, tu n’es pas dans notre logique, tu fais des choses remplies de folie et nous sommes parfois les premiers à te montrer du doigt ou à ricaner. Pardonne-nous notre manque d’attention et d’écoute. Ah si nous avions la patience de cet âne pour te comprendre et ses oreilles pour pouvoir t’entendre !

Mais nous avons cette prière pour pouvoir te rejoindre : Notre Père…

 

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