Pastourelle

une parole parmi tant d'autres, mais une parole quand même

 

Les temps qui viennent – 2 décembre 2012 11 janvier 2013

Classé dans : Prédications — pastourelle @ 10 h 34 min

Jer 33, 14-16 ; 1 The 3,12 – 4,2 ; Luc 21, 25-36

Traditionnellement, le 1er dimanche de l’Avent met à l’honneur les prophètes : Esaie ou ici Jérémie. Ces hommes qui, en leur temps, ont annoncé la venue du Messie. Les propos de Jérémie sont rassurants, encourageants, des temps meilleurs sont annoncés, attendus. Le Seigneur va réaliser sa parole de bonheur : Juda sera sauvée et Jérusalem pourra vivre en sécurité. Et pourtant, la situation n’était pas des plus favorables à l’époque, ni pour Jérusalem, ni pour Juda, ni pour Jérémie. Jérusalem et Juda se rebellent, ne tiennent pas compte des recommandations du prophète ni donc des paroles de Dieu. Quant à Jérémie, il est détenu par la garde royale.

Et bien, malgré cette situation, il y a cette parole du Seigneur, cet oracle de Dieu qui promet le bonheur. Mais c’est bien quand on est au plus mal, au plus bas que l’on a besoin d’une parole de réconfort, d’espoir.

Mais que ça doit faire mal à Jérémie de devoir donner cette parole de joie et de bonheur à ce peuple au combien irrespectueux et immoral, qui le persécute lui, le prophète de Dieu : comment Dieu peut-il encore une fois sauver son peuple, lui pardonner son infidélité ?

 

Apparemment, c’est bien la volonté de Dieu : pardonner, donner encore une chance à ce peuple. C’est le mystère de la rédemption accordée par Dieu : dans l’Ancien Testament, Dieu a, à de nombreuses reprises, racheté son peuple pour à chaque fois lui offrir la liberté.

Encore une fois, Dieu, par la bouche du prophète annonce la liberté, le bonheur et la paix.

 

Et tout cela arrivera par l’entremise d’un descendant du roi David : « je ferai germer pour David un germe de justice ».

Pour les juifs, si le Messie doit venir de la lignée de David, il ne peut s’agir que d’un roi qui par la puissance et le pouvoir, par la guerre et la conquête pourra rendre la liberté au peuple. Pas étonnant qu’un grand nombre d’entre eux n’aient pas reconnu en Jésus ce Messie annoncé : certes, par Joseph, il est descendant de David, mais il n’est pas ce vaillant guerrier attendu. Pour eux donc, ce Messie n’a pas encore fait son apparition, il est toujours attendu.

Certains autres ont accueilli Jésus comme le Messie, malgré sa faiblesse, son manque de pouvoir. Oui, il est le Messie. Celui que nous attendons durant ce temps de l’Avent. Alors, nous nous rappelons l’attente du peuple d’Israel : durant des siècles, il a été annoncé et enfin, il est arrivé.

 

Mais durant ce temps de l’Avent, nous sommes également invités à réfléchir au retour du Christ, à son avènement. C’est le passage de l’Evangile de Luc qui nous y invite. Et nous pouvons nous rendre compte de la différence de ton entre la prophétie de Jérémie et l’annonce du Christ dans l’Evangile de Luc.

La prophétie de Jérémie est pleine d’espérance, mais les paroles du Christ sont tout à fait apocalyptiques, faisant état de l’angoisse des nations, de la terreur des humains qui pourront mourir de peur.

Ce retour du Christ, les premiers disciples étaient persuadés de le vivre. Pourtant, ils ont dû se rendre à l’évidence : l’avènement du Christ n’était pas pour tout de suite. Mais ne sachant ni l’heure, ni le jour, les recommandations du Christ restent pour nous d’actualité : « Prenez garde ! Ne laissez pas votre esprit s’alourdir dans les fêtes et l’ivrognerie, ainsi que dans les soucis de cette vie, sinon le jour du Jugement vous surprendra tout à coup, comme un piège ; car il s’abattra sur tous les habitants de la terre entière. Ne vous endormez pas, priez en tout temps ; ainsi vous aurez la force de surmonter tout ce qui doit arriver et vous pourrez vous présenter debout devant le Fils de l’homme. ».

 

Paul lui-même ne niait pas ce retour, mais ne sachant le moment, il incitait les uns et les autres à reprendre leurs activités dans ce monde, sans pour autant laisser de côté la vie spirituelle, mais surtout en mettant en pratique le commandement d’amour.

 

Aujourd’hui, il faut l’avouer, le message apocalyptique n’est plus au cœur de nos prédications, mis à part dans quelques sectes ou ecclésioles apocalyptiques qui mettent au cœur de leur théologie la fin des temps, la fin du monde en faisant surtout peur à leurs adeptes dès qu’un tremblement de terre survient ou qu’une tempête dévaste une ville. Nous, nous nous focalisons sur la veille et la prière.

 

Il y a donc eu un 1er avènement, il y a 2000 ans avec la naissance de Jésus, cet enfant que nous reconnaissons comme le Messie. Tous les ans, nous fêtons ce 1er avènement, nous relisons les textes bibliques, nous rejouons la scène de la nativité lors des fêtes de noel. Mais nous ne revivons pas l’événement, nous savons qu’il appartient au passé.

Il y aura l’avènement définitif à la fin des temps, le retour glorieux du Christ Roi. Un avènement qui, selon les écrits, surviendra après de grandes catastrophes sur terre.

Mais il y a un autre avènement qui doit nous permettre de raviver notre espérance. C’est un avènement au quotidien, une espérance pour aujourd’hui car ce n’est pas demain que Christ va venir transformer nos vies : c’est aujourd’hui qu’il nous transforme, qu’il change nos regards. Il est l’Emmanuel annoncé : Dieu avec nous : hier, aujourd’hui, demain, éternellement. Nous cheminons avec lui vers Dieu. Mais nous-mêmes nous sommes les instruments de Dieu pour que soient vainqueurs le bonheur, la justice, la paix et la sécurité.

 

Il faut l’avouer, malgré la morosité ambiante et un peu de fatalisme, nous sommes dans l’espérance d’un monde meilleur pour nous, pour nos enfants. Un monde sans haine, sans injustice, sans guerre. Mais vu les montagnes qu’il faudrait déplacer pour que ce monde existe, nous baissons les bras en nous disant que la petite goutte que nous sommes ne pourra pas faire déborder l’océan. Pourtant nous sommes appelés à ces avènements du quotidien, à vivre dans l’espérance et dans la foi, tous les jours et pas seulement au temps de l’Avent. Nous sommes les instruments de Dieu, ce n’est que par nous que le monde peut changer.

 

Vivre dans la foi, c’est aimer et agir de façon responsable. Espérer, c’est croire que l’on peut changer les choses.

Le Christ nous demande de veiller et de prier dans l’attente de son retour, mais nous vivons dans ce monde et il nous faut vivre avec nos frères et sœurs, travailler avec et pour nos frères et sœurs. Il nous faut donc apprendre à prendre jour après jour les bonnes décisions, celles nécessaires pour vivre la promesse de Dieu : agir pour le mieux, le mieux vivre de l’être humain, non pas le confort ou la richesse, mais l’urgence face à la famine, à la pauvreté, au chômage.

 

Le noel que nous allons vivre, durant lequel nous allons prendre soin de nos proches, nous allons nous souhaiter la joie, la paix et le bonheur et bien ce noel-là, nous devrions le vivre tous les jours et l’ouvrir aux personnes extérieures à nos familles.

 

Tentons de construire un monde où Dieu pourrait retrouver sa place, car le souci de l’homme et le souci de Dieu vont de pair : si tu n’aimes pas tes frères et sœurs, tu ne peux pas aimer Dieu !

Alors vivons nos noels du quotidien comme témoignage de notre espérance. Des noels tous les jours : quels merveilleux cadeaux ! Amen

 

Commenter

 
 

Youssef ALLOUCHA |
Hassan al Banna |
école islamique |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Procuresdbate
| Greencoffee
| sac lancel