Pastourelle

une parole parmi tant d'autres, mais une parole quand même

 

Unité – petite méthodologie de l’unité (Romains 15, 5-7 + 13) 18 février 2013

Classé dans : Etudes bibliques — pastourelle @ 14 h 59 min

Introduction

Lorsque l’on parle d’œcuménisme, on précise régulièrement en introduction qu’unité ne veut pas dire uniformité. Il est nécessaire lorsqu’on aborde ce sujet de ne pas vouloir à tout prix se ressembler à tout point, car c’est alors nier nos singularités. Et lorsque les théologiens cherchent un consensus, ils n’ignorent pas les différences, au contraire. Souvent, les différences sont citées en premier, listées. Et ce n’est qu’en étant conscients de ses divergences que l’on peut travailler sur ce qui nous est semblable, sur ce qui nous rapproche.

Alors, que faire pour œuvrer pour l’unité ? Ce sont les propositions du professeur Marc Leenhard que je vais reprendre. Il s’appuie sur un petit passage de l’Epitre aux Romains pour établir une sorte de petite méthodologie de l’unité.

 

Lecture Romains 15

Ce texte pose des balises œcuméniques pour avancer ensemble.

 

Prière

v.6 : rendre gloire et louer Dieu : Tout commence et tout finit dans la prière.

Tout d’abord, si il y a un point qui fait consensus entre nous, c’est bien notre croyance en Dieu, notre foi ! Et il ne faut pas oublier que nous marche œcuménique se fait sous le regard bienveillant de Dieu. C’est un Dieu des petits pas, un Dieu de la patience, car il en faut pour supporter nos querelles humaines ; une patience quotidienne malgré les découragements humains, les déceptions, les marches arrières.

Pour que notre cheminement commun avance, il faut se poser sous le regard de Dieu. Car c’est par la prière, par l’écoute de la parole, que nous pouvons avancer.

Un professeur de l’IPT (Laurent Gagnebin) disait : « Joindre les mains, c’est rejoindre les autres ». Ce n’est qu’en étant en relation avec Dieu que l’on peut entrer en contact avec les autres. Ce n’est que par ce lien vertical que l’on peut entrer en discussion les uns avec les autres.

 

Réflexion

v. 5 : « être bien d’accord entre vous, comme le veut Jésus Christ » – Après la prière vient le temps de la réflexion…. Pour être d’accord ? Peut-être pas, mais en tout cas pour essayer de faire au mieux pour trouver un consensus !

Pour cette réflexion, il ne faut pas se laisser polluer par tout ce qui est accessoire. Il faut aller à l’essentiel, tout en prenant en compte la réalité de la situation et donc les impossibilités. Il y a dans ce domaine une exigence face à la vérité. Il ne faut pas balayer d’un seul geste les divergences car sinon, l’œcuménisme est faussé car ses bases de travail sont superficielles.

Il nous faut donc travailler, vivre en plein accord. Nous ne sommes pas forcés de tomber d’accord sur tout, mais l’essentiel est là (grâce de Dieu) et parfois, nous utilisons des termes différents pour parler des mêmes choses (parfois l’inverse : un même mot peut prendre des sens différents selon nos traditions).

Ne pas se mettre d’accord sur tout n’est pas un drame : même les premiers chrétiens avaient leurs 4 Evangiles, 4 visions, mais une visée commune.

 

C’est ici qu’il faut faire attention de ne pas tomber dans l’uniformité car ce n’est pas ce que nous demande le Seigneur.

 

Accueil

v. 7 : « Accueillez-vous donc les uns les autres ».

Bien évidemment, nous avons des réunions communes, dans certaines villes, les lieux de culte sont partagés, parfois les paroissiens vont indifféremment chez les uns ou chez les autres.

Mais dans cet accueil, il faut comprendre le respect car nous sommes avant tout frères et sœurs. Il est nécessaire d’être conscient que notre Eglise n’est qu’une expression de l’Eglise Universelle. Il y a des confessions de foi qui ne me conviennent pas, ce n’est pas ma tasse de thé, mais elles sont bénéfiques à d’autres : il me faut les respecter.

La communion que nous pouvons vivre dépasse nos communautés. Nous pouvons être en communion avec des frères et sœurs qui ne vivent pas au sein de notre communauté.

 

Nos différences peuvent également faire notre richesse.

 

Lecture 1 Corinthiens 12

Il est nécessaire de respecter chacun car chacun est au bénéfice de la grâce de Dieu dans l’expression de ses dons.

Il y a l’accueil, le respect mutuel, et, dans le respect, l’interpellation.

L’interpellation rejoint la réflexion : ce n’est qu’en se confrontant que l’on affermit sa foi. Nous avons certainement beaucoup de choses à nous dire : pas dans l’attaque frontale et souvent inutile, mais dans l’interrogation ou même dans l’expression d’une blessure vécue.

L’interpellation mutuelle peut nous laisser présager que nous sommes également interpellés par un autre, cet autre qui nous accueille mais qui nous envoie également. Et nous pourrons répondre à l’exhortation de Paul dans les Romains : « mais soyez transformés par le renouvellement de votre intelligence, pour discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bien, ce qui lui est agréable, ce qui est parfait ».

 

Conclusion

Enfin, il y a 2 objectifs dans ce texte de Romains :

Un premier vertical : nos actions ne sont dirigées que pour la louange et le service de notre Seigneur et cela il faut toujours le garder à l’esprit.

Un second horizontal : il nous faut devenir vecteur de joie, d’espérance et de paix. Cela en ne cachant pas ce qui nous divise, mais en affirmant ce qui nous unit et en restant digne dans la discussion et la réflexion.

 

 

Prière

Dieu tout puissant tu ne désires pas qu’on t’appelle Père, mais notre Père, afin que nous puissions, dans l’unité, te prier pour tous les hommes. Accorde-nous beaucoup d’affection fraternelle en sorte que, nous accueillant les uns les autres comme de vrais frères et sœurs, nous te présentions ensemble tous les hommes avec la simplicité de l’enfant qui plaide auprès de son père la cause de l’un de ses frères. Amen      [Martin Luther]

 

Oui Seigneur, comme les membres du corps, tu nous as assigné une place où nous pouvons servir nos frères et sœurs. Chacun de nous est unique et nécessaire, chacun de nous a ses particularités, ses singularités et nous ne pouvons être remplacés par l’un ou par l’autre. Nous devons porter au plus profond de nous-mêmes le souci de nos frères et de nos sœurs : les accompagner dans la peine et la tristesse, se réjouir avec eux dans les temps de joie.

Nous sommes tellement centrés sur ce qui nous oppose que nous avons du mal à voir que nous sommes si proche les uns des autres. Aide-nous à mettre le doigt sur ce qui nous rapproche et à discuter de nos différences dans le respect, la confiance et la bienveillance.

Oui Seigneur, nous voulons te prier pour l’Eglise, la grande, l’universelle, celle qui nous rassemble tous sous ta protection. Nous voulons te prier les uns pour les autres afin que nos actions en faveur de l’œcuménisme ne soient pas vaines.

Seigneur, maintenant, nous t’ouvrons notre cœur et notre pensée.

Notre Père

 

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