Pastourelle

une parole parmi tant d'autres, mais une parole quand même

 

Les sacrements catholiques de guérison – pour mieux se comprendre 2 avril 2013

Classé dans : Etudes bibliques — pastourelle @ 11 h 38 min

Introduction

Le dialogue pour l’unité ne peut avancer que si nous nous connaissons et que nous faisons l’effort de se comprendre. Il en est de même pour les sacrements. Nous ne sommes pas d’accord sur leur nombre, ni forcement sur leur signification… alors, essayons de nous découvrir.

Pour comprendre pourquoi catholiques et protestants n’ont pas le même nombre de sacrements, il faut savoir ce que chaque confession met derrière ce mot, ce concept.

Il faut tout d’abord savoir que l’Eglise chrétienne du 1er millénaire ne s’était pas mis d’accord sur ce nombre. On parlait de 4, de 5, de 10 ou encore de 12 selon les théologiens. Les divergences ne datent donc pas de la Réforme. Au Concile de Lyon en 1274, on fixe leur nombre à 7. Enfin, c’est au Concile de Trente qui débuta en 1545 et s’étala sur 18 ans, que ce nombre est confirmé. Il faut dire que ce Concile est réuni pour tenter de restaurer l’unité de l’Eglise et pour répondre aux demandes de Luther. L’Eglise en profite pour réaffirmer ses dogmes, réviser sa discipline et confirmer la liste des 7 sacrements.

 

Conception du sacrement

  • Protestantisme : Baptême – Sainte-Cène

Le sacrement est le signe visible de la grâce invisible.

Selon les Réformateurs, pour qu’il y ait sacrement, il faut réunir 2 conditions :

- que Jésus ait explicitement demandé de les accomplir : « Puis il prit du pain et, après avoir remercié Dieu, il le rompit et le leur donna en disant : « Ceci est mon corps qui est donné pour vous. Faites ceci en mémoire de moi. » (Luc 22, 19) ; « Allez donc auprès des gens de toutes les nations et faites d’eux mes disciples ; baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » (Mat 28, 19)

- que ces actes comprennent un élément matériel (eau / pain et vin) afin que l’invisible soit visible.

Les sacrements sont en quelque sorte une parole visible à côté d’une parole audible.

Enfin, les sacrements sont performatifs, en quelque sorte, cela signifie qu’ils parlent en nous. Finalement, peu importe la compréhension du sacrement, de la présence de l’Esprit dans l’eau ou du Christ dans le pain et le vin, l’important est la façon dont ils sont reçus, accueillis et vécus.

 

  • Catholicisme : baptême – confirmation – eucharistie – pénitence et réconciliation – onction des malades – ordre – mariage

Le sacrement est le signe visible de la grâce invisible.

« Les sacrements sont des actoins du Christ et de l’Eglise » : des actes du Christ accomplis dans l’Eglise et par son ministère. Ce sont tous des actes d’alliance qui unissent au Christ par l’action du Saint Esprit, relient les hommes à Dieu et à leurs frères par le plus intime d’eux-mêmes et incorporent à l’Eglise. Par eux, les hommes sont introduits et progressent dans le monde nouveau pour connaitre la liberté, la gloire des enfants de Dieu » (Catéchisme pour adultes, Les évéques de France, 1991)

Il faut noter l’importance de la notion de rite : « les sacrements sont des actions rituelles confiées par le Christ à l’Eglise ». Ces rites qui sont indispensables à la cohésion du groupe, ces groupes qui marquent la vie des croyants. C’est ce qui fait l’identité et l’unité du groupe, ils manifestent aux croyants qu’ils ne sont pas rassemblés en leur nom mais au nom d’un Autre.

Enfin, les sacrements représentent la fidélité de l’Eglise aux actes de Jésus durant son ministère : guérison, pardon, eucharistie…

Les sacrements suscitent et stimulent la foi. Ils sont appel à la foi.

 

Remarques :

Dans le catholicisme, il n’y a pas un même niveau de sacrement. L’eucharistie est considérée comme le sacrement des sacrements. Tous les autres sacrements lui sont ordonnés, ce qui signifie que sans baptême, il y a impossibilité d’atteindre les autres sacrements.

Importance des sacrements : sans sacrements, pas d’Eglise.

Dans le protestantisme, les 2 sacrements sont au même niveau. Pour les protestants, l’Eglise est présente là où l’Evangile est annoncé et les sacrements célébrés en conformité avec l’Evangile. Pour nous, Parole et sacrements ont le même niveau d’importance. Et finalement, au cœur de nos cultes, se trouve principalement l’Evangile, la liturgie de la Parole.

 

Quelques points de désaccords

Là où les protestants ne parlent que d’actions du Christ, le catholicisme parle des actions du Christ et de l’Eglise. Les protestants se bornent aux paroles du Christ dans l’Evangile, les catholiques élargissent aux Actes des Apôtres et aux Epitres, donc à tout le nouveau Testament.

 

Rapports entre Christ et Eglise / Christ et Sacrements : on retrouve à de nombres reprises dans le catéchisme catholique le fait que Christ a fondé l’Eglise, qu’il l’a institué ou encore qu’il lui a confié les sacrements.

Peut-on dire que Christ a fondé l’Eglise ? C’est un Royaume que Christ a proclamé, pas l’Eglise. One ne trouve le mot Eglise que 2 fois dans l’Evangile de Matthieu. Christ n’a pas fondé l’Eglise, il a juste voulu rassembler le peuple.

On peut reprendre cette célèbre phrase de Alfred Loisy : « Jésus annonçait le Royaume et c’est l’Eglise qui est venue ».

Le terme grec ekklesia, signifie « appelé hors de ». Effectivement, les premiers disciples ont été appelés hors de chez eux, hors de leurs habitudes. On peut alors parler d’Eglise. Mais il faut faire attention à ce que l’on met derrière le mot Eglise : le Christ n’a en rien fondé une Eglise institutionnalisée, avec une hierarchie. Il a été le moteur d’une communauté, le rassembleur, mais certainement pas le créateur d’une nouvelle religion. D’ailleurs, il faut bien se rappeler que Jésus est né juif et qu’il est mort juif !

Quant aux sacrements, nous pouvons lire dans le catéchisme catholique : « Le Christ laisse à l’Eglise la latitude pour modeler et adapter les formes de la célébration des sacrements, sans modifier ce qui les constitue essentiellement ». Jamais, le Christ n’a dit quoique ce soit à ce sujet, c’est une extrapolation de ses actes. D’ailleurs, pensait-il en partageant la Pâque avec ses disciples que nous nous écharperions ainsi au sujet de ce pain sans levain et de ce vin, produits communs de la vie juive.

 

Quelques dissensions au sein du protestantisme

Tous les protestants n’ont pas forcément les mêmes sacrements, même si la très grande majorité s’accorde sur le baptême et la sainte cène.

Ainsi, certains luthériens ajoutent le sacrement de pénitence.

Les quakers (issus d’une scission d’avec l’Eglise anglicane au 17ème siècle – société religieuse des amis – s’oppose à un clergé confessionnel) estiment que la relation à Dieu n’a besoin d’aucun médiateur et chacun peut en faire l’expérience personnellement. Lorsqu’ils parlent de médiateurs, il s’agit : du clergé, mais également des sacrements.

L’Armée du Salut reconnait les sacrements mais n’en administre aucun. Ils sont cependant considérés comme Eglise au sein de la FPF, allant pourtant à l’encontre de la notion d’Eglise dans le protestantisme.

 

Avant de nous lancer dans l’étude des sacrements qui posent souci puisqu’ils sont sacrements dans les 2 confessions, nous commencerons par les sacrements de guérison, à savoir : la réconciliation et l’onction des malades.

 

 

Sacrements de guérison

Il s’agit bien là de sacrements catholiques. Nous trouvons des paroles et des actes similaires dans le protestantisme, mais ils ne sont pas considérés comme sacrements.

 

Sacrement de réconciliation.

« Prends courage mon enfant, tes péchés te sont pardonnés » (Mat 9, 2)

« Va et désormais ne pèche plus » (Jean 8, 11)

Pourquoi en avoir fait un sacrement : parce que durant son ministère terrestre, Jésus a accueilli des pécheurs (ce qui lui a valu la critique de nombre de ses contemporains) et leur a pardonné leurs péchés. S’il a versé son sang, c’est bien pour la rémission des péchés (Mat 26, 28). Jésus a également donné cette mission aux disciples, il leur donne le pouvoir de remettre les péchés : « Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis » (Jean 20, 23). Et Paul confirme cette mission : « Tout cela vient de Dieu qui nous a réconciliés avec lui par jésus Christ et qui nous a donné le ministère de la réconciliation » (2 Co 5, 18).

Tout au long de l’histoire Dieu est demeuré fidèle à son peuple, malgré ses errements, et lui a toujours pardonné. Dans le Nouveau Testament, il confie à de simples hommes, les apôtres (puis aux évêques et aux prêtres), le pouvoir de remettre les péchés en son nom.

 

On trouve dans l’Evangile de Matthieu tout un itinéraire de réconciliation : « « Si ton frère se rend coupable à ton égard, va le trouver seul à seul et montre-lui sa faute. S’il t’écoute, tu auras gagné ton frère. 16Mais s’il refuse de t’écouter, prends une ou deux autres personnes avec toi, afin que, comme le dit l’Écriture, “toute affaire soit réglée sur le témoignage de deux ou trois personnes.” 17Mais s’il refuse de les écouter, dis-le à l’Église ; et s’il refuse d’écouter l’Église, considère-le comme un incroyant ou un collecteur d’impôts.

18« Je vous le déclare, c’est la vérité : tout ce que vous exclurez sur terre sera exclu dans le ciel ; tout ce que vous accueillerez sur terre sera accueilli dans le ciel. »

C’est l’Eglise toute entière qui s’engage dans cette aide au retour vers Dieu, car c’est bien cela la réconciliation, le pardon, c’est le rétablissement de l’amitié, de la relation avec Dieu.

 

L’Eglise catholique a donc mis en place toute une liturgie, ainsi que l’exigence d’une certaine disposition du pénitent : regrets et contrition (reconnaissance des torts) ; satisfaction et pénitence (réparation des torts causés) ; aveu au prêtre durant la confession. Durant cette confession, la Parole de Dieu doit être lue et entendue car c’est elle qui va illuminer la rencontre.

Parole de pardon : « et moi, au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, je vous pardonne tous vos péchés ».

 

Conception protestante

Il n’y a aucunement de confession auriculaire (à l’oreille du prêtre).

Concernant la confession des péchés, comme nous estimons que nul médiateur n’est utile, il n’est pas nécessaire de passer par quelqu’un : la confession se fait dans le secret, avec Dieu : Mais toi, lorsque tu veux prier, entre dans ta chambre, ferme la porte et prie ton Père qui est là, dans cet endroit secret ; et ton Père, qui voit ce que tu fais en secret, te récompensera. (Mat 6, 6)

Cependant, il n’est pas impossible qu’une confession se fasse lors d’une rencontre pastorale, une façon aussi de se libérer et de commencer un cheminement de rapprochement d’avec Dieu et d’avec les hommes. Dans ce cas, le pasteur ne peut que répéter les paroles de pardon.

La confession des péchés est prononcée durant tous les cultes. Le célébrant lit une confession qui nous met face à Dieu, mais surtout face à nos faiblesses, nos manques, nos impossibilités, nos erreurs. Puis la parole de pardon est prononcée tirée de la Bible ou inspirée. C’est Dieu qui pardonne, pas le pasteur, ni l’officiant du jour. Nous annonçons le pardon accordé par Dieu. Nous sommes en capacité de pardonner de la façon dont le Notre Père nous y invite : « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ».

 

Sacrement d’onction des malades

« Jésus parcourait villes et villages ; il enseignait dans leurs synagogues, prêchait la Bonne Nouvelle du Royaume et guérissait toutes les maladies et toutes les infirmités. » (Mat 9, 35)

« L’un de vous est-il malade ? Qu’il appelle les anciens de l’Église ; ceux-ci prieront pour lui et verseront quelques gouttes d’huile sur sa tête au nom du Seigneur. 15Une telle prière, faite avec foi, sauvera le malade : le Seigneur le remettra debout, et les péchés qu’il a commis lui seront pardonnés. 16Confessez donc vos péchés les uns aux autres, et priez les uns pour les autres, afin d’être guéris. La prière fervente d’une personne juste a une grande efficacité. » (Jacq 5, 14-16)

C’est un sacrement de compassion, la compassion dont a témoigné Jésus pour les malades qui lui étaient présentés et qui étaient atteints par la souffrance.

Dans la maladie, l’approche de la mort, on peut en venir à douter et à ne plus être sûrs de la miséricorde de Dieu. Ce sacrement est donc le signe de la présence de Dieu pour le malade.

C’est un signe de la participation à la puissance du Christ victorieux. Les biens spirituels et les biens du corps sont liés et le Christ en avait souci, l’Eglise doit aujourd’hui en avoir le souci. La guérison peut prendre 2 aspects :

- la guérison intérieure (soulagement, arrêt des angoisses, des doutes et du déchirement, sérénité)

- la guérison physique qui advient parfois

La liturgie est assez simple : prière – imposition des mains – onction d’huile – (eucharistie qui lie la souffrance du malade à celle du Christ sur la croix)

Geste particulier sur les mourants : le viatique : il s’agit de la dernière eucharistie du croyant, elle devient nourriture pour la dernière étape, le passage vers le Père et l’entrée dans le Royaume. Elle est symbole de semence de la vie éternelle.

 

Conception protestante

Le protestantisme ne rejette pas l’idée de guérison, même si sa tranche traditionnelle (différent d’évangélique ou pentecôtiste) est assez frileuse à ce sujet. Nous n’avons pas vraiment de liturgie concernant la demande d’onction ou de prière pour un malade. C’est un peu au cas par cas. Souvent le pasteur peut être présent mais entouré de membres de la communauté, sans lesquels l’acte n’aurait presque aucun sens. Il peut y avoir onction d’huile, ou tout simplement prière autour de la personne.

Du côté plus évangélique, les guérisons ne sont pas du tout tabou. Cela passe parfois par une sorte d’exorcisme : faire sortir le démon de l’homme ou la femme qui est malade. Effectivement c’est aussi biblique, mais cela peut être spectaculaire.

Nous voulons surtout faire attention au fait que ce n’est pas le pasteur, l’ancien qui guérit, mais que c’est bien Dieu. Et parfois lorsque la prière n’est pas suivie d’effet, la personne peut se sentir rejetée par Dieu. C’est donc un acte particulier que nous réfléchissons murement avec la personne avant de nous réunir auprès d’elle.

 

Prière

Seigneur Jésus,
qui à la veille de mourir pour nous,
as prié pour que tous tes disciples
soient parfaitement un,
comme toi en ton Père,
et ton Père en toi,
Fais-nous ressentir douloureusement
l’infidélité de notre désunion.

Donne-nous la loyauté de reconnaître
et le courage de rejeter
ce qui se cache en nous
d’indifférence, de méfiance,
et même d’hostilité mutuelle.

Accorde-nous de nous rencontrer tous en toi,
afin que, de nos âmes et de nos lèvres,
monte incessamment ta prière
pour l’unité des chrétiens,
telle que tu la veux,
par les moyens que tu veux.

En toi, qui es la charité parfaite,
fais-nous trouver la voie
qui conduit à l’unité,
dans l’obéissance à ton amour
et à ta vérité.

Amen.
D’après l’abbé Couturier

 

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