Pastourelle

une parole parmi tant d'autres, mais une parole quand même

 

Passer le témoin – Pâques / baptême – 31 mars 2013 2 avril 2013

Classé dans : Prédications — pastourelle @ 11 h 42 min

Marc 10, 13-16 ; 1 Co 12, 12-13 ; Jean 20, 1-9

Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité !

Des témoins nous l’ont annoncé et ils sont dignes de confiance. Parmi eux, Pierre, celui sur lequel Christ a souhaité bâtir son Eglise : «  tu es Pierre, et sur cette pierre je construirai mon Eglise, et les portes du séjour des morts ne prévaudront pas contre elle. 19Je te donnerai les clefs du royaume des cieux : ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux. » ; il y a également le disciple bien aimé et enfin Marie-Madeleine, certes, c’est une femme et en général, on n’attribue que peu de crédits aux paroles d’une femme comme elle, mais elle est tout de même une proche de Jésus et elle était présente à la croix puis à la mise au tombeau. Tous ont donc été témoins de la résurrection. Ah, vraiment ? Témoins de la résurrection ? Si nous reprenons le passage de Jean qui nous est proposé à la lecture pour ce dimanche de Pâques, nous nous rendons compte que ces 3 disciples ne sont témoins que d’une seule chose : d’un tombeau vide ! Marie Madeleine constate que la pierre est roulée, Pierre et l’autre disciple découvrent les bandelettes et le linge gisant sans corps.

 

Alors, à ce stade, qui peut parler de résurrection ? Il peut s’agir de malveillance, d’une mauvaise farce. Mais nous le savons très bien, il y a une suite : Marie Madeleine va apercevoir 2 anges dans le tombeau puis le Maitre Jésus va se montrer à elle. Il apparaitra également aux disciples, en particulier à Thomas, celui qui devait voir pour croire.

 

Mais concentrons-nous sur le passage du tombeau vide. Les disciples ne sont témoins que du vide, de l’absence et chacun va réagir de manière différente. Marie-Madeleine va être très concrète : «  On a enlevé le Seigneur du tombeau, et nous ne savons pas où on l’a mis ! ». Pour elle, c’est une affaire humaine : quelqu’un a volé le corps du Christ, pour on ne sait quelle raison, et c’est un drame !

De la réaction de Pierre, nous ne savons pas grand-chose : il court, d’ailleurs, on nous précise qu’il court moins vite que l’autre disciple, il entre dans le tombeau, il voit et il repart chez lui : dans quel état d’esprit est-il ?, nous n’en savons rien. Mais j’imagine que tout doit tourner très vite dans sa tête, aussi vite que l’enchainement des évènements ces derniers jours : entre le moment où il a sorti son épée pour défendre Jésus alors qu’on venait l’arrêter et la découverte du tombeau vide en passant par son reniement et la mort de Jésus, il ne s’est passé que quelques jours, mais c’est comme un abime qui s’est creusé sous ses pieds, un néant dans lequel il semblait s’enfoncer ! Il doit lui falloir du temps pour tout ordonner dans son esprit.

Et puis il y a ce disciple, celui que Jésus aimait, ce mystérieux disciple qui apparait plusieurs fois dans l’Evangile de Jean et dans lequel certains ont vu les traits de Jean le disciple ou parfois de Jean l’auteur même de l’Evangile. Toujours est-il qu’il n’est pas nommé ce qui peut nous permettre de nous identifier à lui, la place est disponible pour nous ! Ce disciple court donc au tombeau… il court plus vite que Pierre, mais n’entre pas, comme si il savait que quelque chose de fondamental se jouait à l’intérieur, quelque chose qui pourrait changer sa vie. Il fait une pause : pour reprendre ses esprits, reprendre son souffle, pour se préparer à entrer, pour prier, nous n’en savons rien mais il fait cette pause. Mais à la différence de Pierre, lorsqu’il pénètre dans le tombeau, il comprend : il voit et il croit.

 

3 disciples, 1 tombeau, 3 réactions : un seul croit tout de suite, mais les autres n’en perdent pas pour autant leur statut de disciple : ils vont chacun à leur rythme. Chacun a besoin de quelque chose de particulier pour croire, il n’y a pas un seul modèle de fidèle, ni encore des meilleurs ou des moins bons. Thomas mettra même un ultimatum à Jésus : tant qu’il ne verra pas les mains trouées du Christ, il ne croira pas. Mais Jésus ne le rejette pas pour autant.

 

Alors, à qui ressemblons-nous ? A Marie-Madeleine, à Pierre, au disciple bien aimé ou encore à Thomas, peut-être à l’un ou l’autre, certainement même à plusieurs au cours de notre vie. Peut-être même parfois prenons-nous la place des grands prêtres, de Pilate ou encore de Judas.

Il n’y a pas un chemin de foi, nous avons tous le nôtre avec ses hauts et ses bas, mais ce qui est sûr, c’est que nous sommes tous au bénéfice de la résurrection.

 

Lorsque nous relisons le texte de la 1ère Epitre aux Corinthiens choisi par la famille à l’occasion du baptême d’Alicia, nous nous rendons compte que Paul ne dit pas autre chose : il y a une source, un seul Esprit, ils sont les mêmes pour tous et peu importe qui nous sommes : soit juifs, soit grecs, soit esclaves, soit hommes libres et nous pouvons chacun continuer la liste : soit fidèle de tous les dimanches, soit lointain baptisé, soit responsable d’Eglise, soit convaincu, soit hésitant.

 

Célébrer un baptême le jour de Pâques, c’est une façon de continuer à passer le relais, à être des témoins pour d’autres, pour Alicia sur laquelle le signe du baptême a été posé ce matin et pour tous ceux qui nous entourent. D’ailleurs, la formule adéquate sur les pistes d’athlétisme est « passer le témoin »…. Il est là le témoignage.

 

Lorsque nous sommes croyants et que nous avons des enfants, nous souhaiterions pouvoir leur transmettre la foi. Malheureusement pour nous, la foi ne se transmet pas, la foi ne se décide pas. Elle est un don de Dieu sur lequel nous n’avons aucune prise pour les autres. Pour nos enfants, nous ne pouvons qu’être des témoins, témoins de l’Evangile, témoins de la résurrection, témoins vivants et vivifiants. Comme Marie-Madeleine a été témoin en allant annoncer le tombeau vide aux disciples et plus tard en leur annonçant le Christ ressuscité. En annonçant, elle a pu susciter l’espérance, mais n’a pas transmis sa foi.

 

Si nous sommes réunis ce matin, c’est aussi parce que sur notre route ont été placés des témoins, souvent lumineux qui ont éclairé notre espérance ou qui ont été lumière dans nos ténèbres, qui nous ont permis de vivre pleinement notre foi : des pasteurs (pour ma part, c’est le cas), des parents, des amis, une grand-mère qui ont su maintenir allumée la petite flamme qui brillait en nous.

Parfois ils ne sont pas même conscients du rôle qu’ils ont pu jouer dans nos vies, ni même qu’ils ont une place à part dans nos cœurs. Parfois nous ne savons pas le rôle que nous avons pu jouer dans la vie d’un autre. Nous ne savons pas si nos mots sont entendus, si nos témoignages sont utiles, mais une chose est sûre, c’est que nous ne pouvons pas nous taire : la nouvelle est inouïe, elle dépasse tout entendement, elle nous fait vivre et peut alors en faire vivre d’autres. Alors, ne nous taisons pas et proclamons sans fin Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité ! Amen.

 

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