Pastourelle

une parole parmi tant d'autres, mais une parole quand même

 

Dans la même famille, mais tellement différents – 5 mai 2013 29 juin 2013

Classé dans : Prédications — pastourelle @ 21 h 55 min

Actes 15, 1-29; Jean 14, 23-29

Vous connaissez les fameux mots de Paul dans sa lettre aux Galates : « Il n’y a plus ni Juif ni Grec, ni esclave ni homme libre, ni homme ni femme ». L’égalité la plus totale : c’est vrai que c’est un principe que nous choyons : une égalité de traitement entre tous, quelques soient les origines, le rang social ou encore la couleur de peau. Car comme le dit Paul, nous sommes tous également descendants d’Abraham, héritiers de la promesse. Pourtant, nous ne sommes pas les mêmes ! Paul, dans sa déclaration « ni juif, ni grec, ni… ni » nie en quelque sorte nos particularités. Car si nous sommes d’accord sur ce principe d’égalité, il y a cependant notre héritage culturel, familial qui nous caractérise et que nous ne pouvons mettre de côté.

 

Et c’est à cette complexité que doivent faire face les apôtres dans le livre des Actes… Ah, si Jésus avait pu donner des consignes pratiques claires durant son ministère terrestre, les choses auraient été plus simples !!

Voilà donc quelle est la problématique : Paul et Barnabé sont envoyés en mission par la toute jeune communauté chrétienne et bien évidemment, lorsqu’ils arrivent dans une ville, ils se dirigent vers les synagogues pour proclamer la bonne nouvelle. Mais voilà, certains juifs, jaloux du succès populaire de Paul et Barnabé, décident de les calomnier et de les contredire publiquement. Paul et Barnabé prennent acte du rejet et se tournent vers ceux qui sont prêts à les écouter : les non-juifs. Et forcément, ça ne plait pas à tout le monde. Les juifs qui composent la majorité de cette nouvelle communauté ; ces juifs qu’on appelle depuis peu de temps (seulement 4 chapitres auparavant) chrétiens sont divisés sur le sujet.

Déjà certains n’étaient pas convaincus que le message ait pu être destiné aux non-juifs, à ces gentils. Tout comme certains critiquaient Jésus lorsqu’il s’approchait des pécheurs, des lépreux, lorsqu’il parlait à des femmes ou à des païens. Pourtant il l’a fait et les gens l’ont suivi.

 

Alors Paul et Barnabé ont parlé aux non-juifs et ces derniers ont suivi… Mais alors que faire de ces pagano-chrétiens qui sortent tout droit du culte des idoles, des sacrifices et du polythéisme. Oui, la question se pose : comment intégrer ces personnes au sein d’un groupe qui a déjà une base commune culturelle et religieuse : le judaïsme. Faut-il que ces pagano-chrétiens passent par une sorte d’initiation en adoptant dans un premier temps les traditions juives ? C’est ce que certains proposent : nous ne savons pas qui ils sont, nous savons juste qu’ils viennent de Judée, ce qui signifierait finalement qu’ils étaient pharisiens… mais ils sèment le trouble au sein de la communauté : il faut que ces gentils soient circoncis ! Ce n’est qu’en passant par l’alliance d’Abraham que ces hommes pourront pleinement vivre l’alliance de Dieu en Jésus. Ou pour faire plus simple : la circoncision est nécessaire pour entrer dans Lee peuple de Dieu.

 

Mais ce n’est a priori pas l’avis de Paul et Barnabé : ils entament alors une discussion qui semble avoir été  animée… mais apparemment n’arrivent pas à trancher et décident de consulter les apôtres et les anciens réunis à Jérusalem.

 

Cette rencontre à Jérusalem est une assemblée inédite, c’est en fait le premier synode de l’Eglise. Vous savez comme nos synodes régionaux et nationaux qui ont lieu chaque année et durant lesquels on discute de sujets théologiques, mais aussi tout à fait administratifs. Et bien là, le synode de Jérusalem va devoir trancher sur la question des non-circoncis.

C’est Pierre qui prend la parole pour s’opposer à la circoncision : l’Esprit a été donné à ces personnes alors qu’elles n’étaient pas circoncises, il n’est donc pas nécessaire de leur imposer cette pratique.

S’ensuivent les témoignages de Paul et de Barnabé. On ne connait pas le contenu de leur intervention, mais on imagine bien qu’ils doivent expliquer que ces non-circoncis sont tout autant enclin à recevoir et suivre la parole de Dieu que des circoncis de pères en fils.

Alors, Jacques prend la parole. Et vous vous êtes peut-être étonnés qu’il parle d’un certain Syméon. Alors non, il ne s’agit pas du Siméon qui a accueilli Marie, Joseph et Jésus quand ce dernier était bébé et qui les a bénis. En fait, il s’agit tout simplement de la version hébraïque du prénom Simon… c’est donc de Pierre dont il est question.

On peut imaginer que Jacques a souhaité insisté sur les racines juives de Pierre : une certaine façon de légitimer ses propos face aux autres judéo-chrétiens. Si lui, issu du judaïsme et de ses traditions ne s’offusquent pas du fait que des non-circoncis rejoignent la jeune communauté chrétienne, c’est que la situation est acceptable.

 

C’est donc cette solution qui est adoptée avec cependant quelques contre parties : 4 exigences : «  qu’ils s’abstiennent des souillures des idoles, de l’inconduite sexuelle, des animaux étouffés et du sang. »

En fait, il s’agit de ce que le Lévitique demandait aux étrangers pour vivre au milieu des juifs. C’est donc un consensus qui est trouvé : pas de circoncision, mais ces 4 exigences.

 

Comme nous pouvons le voir avec ce texte des Actes, l’Eglise des premiers temps était déjà particulièrement diversifiée et cela n’allait pas sans poser problème. Et oui, on ne peut pas chasser notre héritage culturel !

 

Mais voyez donc : nous ici rassemblés, sur nos bancs, nous semblons tous sur la même longueur d’onde. Mais si nous nous mettons à discuter autour d’un texte biblique, d’une question éthique ou sociale (et là, il n’y a pas à aller loin pour trouver un bon thème de débat : le mariage pour tous), nos divergences apparaissent.

 

Et puis, il y a les purs parpaillots, descendants des camisards qui ont un gros héritage cultuel et confessionnel ; il y a les nouveaux convertis qui ne sont pas encore au clair sur la théologie et pour qui le patois de Canaan est imbuvable : vous savez, tous ces gros mots théologiques que nous employons en étant persuadés que bien évidemment tout le monde en comprend le sens.

Et enfin, il y a les non baptisés ! Ce sont un peu non non –circoncis. Certes le baptême a été institué par Jésus : baptême d’eau et d’esprit. Mais aujourd’hui peut-on encore dire que le baptême fait le chrétien ?

Nous pouvons être comme les Eglises que l’on appelle confessantes : on est considéré comme chrétien que lorsque l’on confesse personnellement sa foi et donc que l’on demande le baptême. Ces Eglises refusent le baptême des enfants et ne considèrent que membres de l’Eglise que des baptisés.

 

L’EPUF a choisi un autre chemin. Certains nous diront que c’est un chemin dangereux qui pourrait nous mener à nier ce qui fait notre essence… c’est pourquoi il faut être clair.

Nous ne demandons pas le certificat de baptême au début du culte, ni pour participer à la cène, ni encore lorsqu’on nous demande une bénédiction nuptiale. Nous respectons le chemin parcouru par chacun. Nous accueillons chacun avec son parcours de vie et nous lui faisons confiance.

Car nous-mêmes nous avons confiance en la grâce de Dieu pour nous et nous n’imposons rien, nous proposons. Aux uns et aux autres de saisir l’opportunité.

Nous ne renions en rien le baptême qui est tout de même le signe de l’amour de Dieu posé sur ses enfants mais nous croyons en un Dieu universel et non pas particulariste.

Tout comme ces premiers chrétiens légiférant lors de ce synode sur la circoncision, nous sommes convaincus que l’amour de Dieu dépasse l’étroitesse de nos religions.

Alors, quelques soient nos origines, nous sommes sauvés par la grâce du Seigneur. Voilà un message qui ne peut que nous réjouir et nous encourager.

Amen.

 

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