Pastourelle

une parole parmi tant d'autres, mais une parole quand même

 

Fête EPUF – A visage découvert – 16 juin 2013 29 juin 2013

Classé dans : Prédications — pastourelle @ 22 h 03 min

Jean 4, 1-30

Nous y sommes, c’est la fin de l’année. Déjà une année passée auprès de vous dans cette paroisse de Savoie… Je ne sais pas vous, mais moi je n’ai pas vu le temps passer. Il faut dire que nous avons eu à faire ! Entre notre vie paroissiale (et pour ma part, la découverte des us et coutumes de cette grande paroisse de Savoie) et tous les évènements et dossiers administratifs liés à la création de notre nouvelle Eglise Protestante Unie de France, l’année a été bien remplie. Et nous terminons ce marathon par cette fête, la 1ère de l’Eglise Protestante Unie de Savoie.

A cette occasion nous avons habillé le temple. Certains préfèrent peut-être le temple nu, avec juste la croix. Rassurez-vous, les expositions ont vocation à être temporaires ! Voici donc 8 des 12 panneaux qui composent l’exposition « A visage découvert » proposé par notre Eglise.

Comme vous pouvez le voir, ce sont des photographies en noir et blanc, des portraits.

 

Ces photographies ne sont pas seulement des œuvres de photographe, elles sont aussi des actes et des expressions de foi. Car ces personnes ne sont pas de simples modèles, ce sont des membres de paroisse, des chrétiens d’aujourd’hui, des témoins modernes de l’Evangile.

Ces hommes, femmes et enfants sont entrés en dialogue avec des versets de l’Evangile. Pour nous, ils ont osé exposer leur foi, leurs interrogations, leur espérance.

 

Il y ces mots de l’Evangile, ces dialogues et ce qui marque, ce sont ces regards, des regards vrais et profonds. Des regards qui donnent corps et vie à Celui qui est regardé. Celui qui est regardé ou peut-être, plus exactement, Celui qui les regarde. Car le message de l’Evangile est bien là, central : dans le regard de Jésus, c’est Dieu qui pose sur chacun d’entre nous son regard bienveillant. Car avant même que nous nous tournions vers Lui, il tourne vers nous son regard. Et c’est ce regard qui nous transforme. Qui transforme notre façon de penser, notre façon de voir et qui transforme surtout le regard que nous portons sur ceux qui nous entourent.

 

Je ne sais pas si vous avez eu le temps de lire les textes qui accompagnent ces photos, mais ils témoignent tous de transformation, de changement de regard sur les événements, sur les personnes.

 

La 1ère de ces transformations concerne le Christ lui-même, l’image du Messie : on l’attendait guerrier et victorieux, on le trouve humble et crucifié. Je ne sais pas si vous imaginez le renoncement dont les disciples ont du faire preuve pour suivre cet homme qui ressemblait à tout sauf à un puissant guerrier qui allait délivrer Israel de la domination romaine. Oui, il a fallu mettre de côté beaucoup d’idées préconçues ! Ils ont du changer de regard sur l’espérance et les promesses qui s’offraient à eux, faire le deuil d’une victoire imminente et glorieuse.

 

Le Christ transforme les regards, il transforme également les vies. Voyez avec cette femme samaritaine. « Seigneur, donne-moi de cette eau, je n’aurai plus soif ». Il n’avait aucun raison d’aller vers elle, c’était une incroyante, une samaritaine. Les juifs ne pouvaient s’approcher de ce genre de personnes considérées comme impures. Dans cette histoire, jésus change le regard de notre société sur les personnes en marge. Car cette femme cumulait les handicaps : samaritaine et de plus femme aux mœurs plutôt légères : elle a eu 5 maris et avec le dernier, ils vivent en concubinage ! Elle est rejetée par les juifs et par son clan-même.

Oui, ce n’est pas pour rien qu’elle vient puiser son eau à l’heure la plus chaude de la journée. C’est l’heure à laquelle elle est sûre de ne rencontrer personne, de ne subir aucun jugement, de ne sentir peser sur ses épaules aucun regard réprobateur. Mais elle sait que derrière les portes des maisons, les langues sifflent !

Ce jour-là, elle pensait être tranquille, comme tous les autres jours et voila qu’un homme est déjà là, assis à la source. Elle ne peut l’éviter, ne peut faire demi tour : elle a besoin de cette eau ! Elle s’approche et se rend compte que cet homme est juif ! Dans sa tête elle doit penser : encore des ennuis en perspective !

 

Cet homme est certes juif, mais il lui parle, il lui demande même de l’eau. La conversation s’engage, sans jugement, sans critique, sans invective. Le regard de cet homme sur cette femme est bienveillant : depuis combien de temps cette femme n’avait-elle pas senti la force de cet amour ? Cet homme, ce juif, avec ses simples paroles va changer sa vie. La preuve la plus flagrante : elle quitte Jésus et court annoncer aux habitants, à ceux qu’elle fuyait, qu’elle a rencontré un homme qui pourrait bien être le Christ. Elle n’a plus peur, elle n’a plus honte. Sa vie a été transformée par des paroles et un regard bienveillant posé sur elle.

 

Voyez encore avec cette photographie (petit garçon) et ce verset : « Il a mis de la boue sur mes yeux. Je me suis lavé et je vois ». Encore une fois, Jésus transforme une vie, celle de cet aveugle de naissance. Il a tourné son regard vers cet homme privé de regard justement. Cet homme que d’ailleurs on ne devait même plus regarder. Et oui, quoi de plus insignifiant qu’un aveugle de naissance qui porte sur lui la marque du péché : celui de ses parents ou le sien ? Mais Jésus rend la vue et change nos regards : il n’y a pas de péché qui tienne, il n’y a que la grandeur de Dieu qui lui permet de retrouver la vue. Christ nous offre en quelque sorte les bonnes lunettes pour voir la vie, pour la découvrir autrement, pour la changer.

 

Christ a changé la vie de la samaritaine, celle de l’aveugle. Autour de nous, nous avons peut-être des personnes qui ont eu la vie transformée par des paroles d’Evangile. Quels échos ont pour nous ces paroles ? Et en les entendant résonner en nous, nous sommes tentés de dire à Dieu les mêmes paroles que celles prononcées par Nathanaël à destination de Jésus (affiche jeune homme) : « D’où me connais-tu ? » et oui, comment es-tu capable de me percer à jour ?! Et lui de nous répondre : oui, je te connais, je te connais même très bien car tu es mon enfant !

 

Cette exposition que nous vous proposons avec ces textes qui invitent à la réflexion font partie d’un projet plus vaste mis en place par les Eglises réformée et luthérienne de France avant qu’elles ne deviennent une seule Eglise Protestante Unie de France, un projet qui s’intitule « Ecoute, Dieu nous parle ».

Ce titre fait référence à des passages bibliques fondamentaux. Vous connaissez le « Ecoute Israël, le Seigneur notre Dieu, le Seigneur est un » : cet appel qui mobilise et constitue le peuple de l’alliance. Ce « Ecoute, Dieu nous parle » est à son tour un appel mobilisateur, pour nous, peuple chrétien d’un pays sécularisé, de plus en plus déchristianisé, un appel à nous remettre à l’écoute à nous remettre à l’ouvrage.

 

Dieu nous parle, certes, mais comment ? De façon souvent détournée, pas directement audible. Oui, Dieu utilise des détours. Ces détours, ce sont les autres. La parole de Dieu emprunte les paroles, les langues, les langages des humains et aujourd’hui, Dieu NOUS parle et non pas Dieu ME parle, car dans l’Eglise, c’est l’écoute partagée, l’écoute en communauté, avec le plus grand nombre qui vivifie. Avec les uns et les autres, nous vivons et partageons cet Evangile.

 

Un titre donc : « Ecoute, Dieu nous parle », et il existe un sous-titre : « Elan 3013 pour une Eglise de témoins ». Car ces paroles ne peuvent pas rester sans effet. Oui, en écoutant avec les autres nous devenons témoins de ce que nous croyons. Dieu nous parle et ce n’est pas pour que nous restions muets.

 

Le regard, la parole, nos sens sont en éveil ! Pour terminer, je voudrais vous laisser non pas avec des réponses, mais avec des questions. C’est un texte qui accompagne une photographie qui n’est pas affichée aujourd’hui, mais qui nous permettra de la découvrir, de la redécouvrir lorsque nous changerons les photographies… Cette photo fait échos au texte biblique de Marc : « Il a fait tout à merveille ! Il fait même entendre les sourds et parler les muets » (Marc 7, 37)

« Il ne suffit pas d’avoir des oreilles pour entendre. Il ne suffit pas d’avoir une bouche pour parler. De nombreux récits des Evangiles nous racontent que Jésus redonnait la vue aux aveugles, et la mobilité aux boiteux. Comment entendons-nous ces récits ? Avec nos oreilles ou avec nos cœurs ? Sommes-nous prêts à nous émerveiller avec la foule, pour ces miracles étonnants, qui nous rendent la vue, nous ouvrent à l’écoute, libèrent notre parole ?

Qu’avez-vous vu ?

Qu’avez-vous entendu ?

Que direz-vous ?

Etes-vous mis en marche ? »

Je vous laisse le soin de répondre à ces questions. Et que souffle l’Esprit !

Amen !

 

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