Pastourelle

une parole parmi tant d'autres, mais une parole quand même

 

La promesse avant la loi – 23 juin 2013 29 juin 2013

Classé dans : Prédications — pastourelle @ 22 h 05 min

Galates 3, 26-29; Luc 9, 18-24

La semaine dernière nous célébrions l’union de l’EELF et de l’ERF. L’EPUF est née et avec elle un élan d’enthousiasme pour nous, membres de cette Eglise, mais également dans la société civile et auprès des autres confessions chrétiennes. Car enfin, il n’était pas question de division, mais d’union et, figurez-vous que c’est rare !! L’union a été faite entre nos 2 Eglises alors que tous les ans de nouvelles ecclésioles naissent malheureusement parfois suite à des divisions, des scissions, des incompatibilités d’humeur. Vous voyez un peu comme dans les couples, certains préfèrent divorcer plutôt que de faire des efforts !

 

Et bien Paul écrit justement aux galates à cause de divisions au sein de la jeune communauté. Il s’agit comme d’habitude d’un conflit entre juifs et non juifs : les uns souhaitant imposer des lois aux autres. Paul est d’autant plus dépité que cette communauté de Galatie, il l’a connait, il y a passé quelques temps, bloqué par une maladie. Et à cette période la communauté vivait en harmonie, dans le bonheur. Voila ce que relate Paul : « Et, si éprouvante qu’ait pu être pour vous ma chair, vous ne m’avez témoigné ni mépris ni dégoût ; vous m’avez, au contraire, accueilli comme un ange de Dieu, comme Jésus-Christ. » Alors Paul s’interroge : « Où est donc votre bonheur ? »

J’expliciterai cette interrogation de Paul ainsi : où est passée votre simplicité de cœur ? comment avez-vous pu être entrainé sur la pente de la Loi prise comme la loi avant tout et la foi après la loi ? Oui, Paul est déçu et ce n’est pas pour rien qu’au début de ce chapitre 3 il va interpeller les galates ainsi : « stupides galates ! ». Et oui, quand Paul est heureux il le dit et qu’and il est déçu il l’exprime : il ne fait pas dans le demie mesure. Et je n’ose imaginer la réaction des galates recevant la lettre de Paul : certainement heureux d’avoir des nouvelles de leur ami, mais rapidement refroidis par la teneur des propos.

 

Alors, quelles sont ces critiques ? Dans le passage qui nous est proposé, on ne fait que deviner les problèmes : apparemment les galates, bien qu’ayant revêtu la foi en Christ se sont enfermés dans des conceptions anciennes, des clivages mortifères : il y a les juifs et les non juifs : certains seraient plus légitimes pour vivre dans la communauté chrétienne ; il ly a les esclaves et les hommes libres, c’est-à-dire les maitres : certains au service et d’autres à la direction, certains déconsidérés, d’autres dignes d’être considérés ; il y a les hommes et les femmes : ceux qui s’expriment et celles qui écoutent, ceux qui édictent et celles qui obéissent.

Et chacun doit rester à sa place, sans faire de vague, sans chercher la moindre émancipation, la moindre équité. Voila ce que Paul critique dans le comportement des galates… et je crois qu’à bien y réfléchir, il pourrait également nous envoyer cette lettre car nous aimons ranger, classer les uns et les autres, leur mettre des étiquettes. Peut-être connaissez-vous cette chanson de Noel Colombier qui s’intitule justement les Etiquettes : « Chacun, c’est pas bête, fait des étiquettes qu’il colle à la tête de ses voisins. Ainsi, c’est pratique, on sait, tout de suite, qui est sympathique ou qui ne l’est point. Puis après, on classe, chacun à sa place, lui, c’est un gars bien ; elle, une fille de rien. »

Et oui, soyons honnêtes, nous en collons des étiquettes ! Et même au sein du christianisme : il y a les bons, les moins bons chrétiens et nous avons nos critères que nous trouvons extrêmement légitimes.

 

Mais Paul nous invite à changer de regard, à ranger au placard nos catégories, nos classements, nos hiérarchies car pour lui, une seule chose compte : la promesse. Cette promesse faite à Abraham, c’est la promesse de l’alliance, d’une descendance.

Bien évidemment, pour nous aujourd’hui, les promesses ne sont pas toujours tenues. Il y a les promesses des époux… mais il y a des divorces : les promesses des 1ers temps ne supportant pas toujours le temps qui passe. Il y a les promesses électorales… elles sont belles mais elles ont du mal à se concrétiser ou parfois elles sont abandonnées. Alors, les promesses, on sait ce que c’est !

Mais cette fois-ci la promesse en question est une place réservée dans la famille de ceux qui partent sans savoir où ils vont, mais avec confiance et détermination.

C’est une promesse qui refuse la logique de culpabilité et de rétribution, qui refuse de trouver des responsables à tous les échecs et à tous les soucis de la vie.

Cette promesse insiste sur la dignité, pas celle qui est acquise par le mérite, mais celle qui est offerte à tous, qui est entreposée entre les mains d’un autre. Cette dignité, chacun peut s’y draper, la revêtir, elle rend inutile les tentatives de se mesurer les uns aux autres, de se toiser. Et cette dignité, elle a un nom : Christ ! C’est lui qui nous appelle à nous mettre en route non pas avec de l’argent dans les poches, des stratégies dans la tête ou un cœur de vainqueur, mais avec comme seul bagage la confiance !

 

Mais il faut également se rappeler que cette promesse a précédé la loi. Dieu a fait une promesse à Abraham puis il a institué la circoncision à la naissance d’Ismaël. Cette circoncision qui fait polémique au sein de la communauté de Galatie. Mais Paul rappelle que la promesse est première et que la loi n’est que pédagogie pour ne pas oublier. Par la foi en Christ nous sommes descendants d’Abraham, héritiers de la promesse. La loi est la pédagogie, la foi est l’avenir.

 

Donc, vous n’êtes plus ni juifs, ni grecs, ni esclaves, ni hommes libres, ni hommes, ni femmes, ni blanc, ni noir, ni hétéro, ni homo (c’est d’actualité !). Il n’y a que des héritiers de la promesse, ayant revêtu le Christ.

 

Alors, pour une fois, nous pouvons dire que l’habit fait le moine. Car cette affirmation de Paul nous dit : vous n’avez pas à être jugé pour votre sexe, votre origine, votre profession. Dorénavant vous n’avez qu’une seule appartenance ! Tout le reste n’est que détail, réalité mais pas priorité. Paul ne nous dit pas que nous sommes tous pareils, qu’il n’y a plus de différence. Vous le savez union n’est pas uniformité. Et nous en avons un exemple précis avec notre union protestante : nous nous unissons mais chacun garde ses spécificités : luthériens et réformés ne fusionnent pas, ils s’unissent dans le respect.

De même, Paul ne demande pas aux hommes et aux femmes de devenir asexués, neutres sexuellement. Ni aux juifs et aux grecs de renier leurs origines. Par contre, concernant les esclaves et les hommes libres, nous pourrions faire une exception et faire en sorte que les esclaves deviennent libres, mais bien évidemment, il faut replacer le texte dans son contexte.

 

En parlant de cette thématique avec un paroissien, il m’a fait penser à un slogan publicitaire que l’on voit un peu partout en ce moment… C’est une publicité pour une grande chaine de restauration rapide qui nous dit : Venez comme vous êtes ! Et bien dans l’Eglise, c’est exactement la même chose : venez comme vous êtes. Pas la peine de vous grimer pour changer de couleur de peau, pas besoin de se déguiser. Vous avez revêtu le Christ et c’est la seule chose qui compte.

 

Et je terminerai par la dernière strophe de cette chanson de Noel Colombier sur les étiquettes :

« Toutes ces étiquettes qu’on se f’lanque à la tête. Ca fait des grands murs, avec des barreaux. Mais quand on rejette ces idées toutes faites ; on est délivrés, on est libérés. »

Alors, libérons-nous !

Amen.

 

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