Pastourelle

une parole parmi tant d'autres, mais une parole quand même

 

Aumonerie synodale – les 5 sens – le gout 9 décembre 2013

Classé dans : Prédications — pastourelle @ 18 h 29 min

Introduction

Nous avons touché, nous avons entendu, nous avons fait travailler notre nez. Ce soir, je vous invite à gouter, à vous délecter. Et comme vous savez qu’avant de nous mettre à table, nous rendons grâce à Dieu pour ses dons, alors, je vous invite à vous lever pour prendre le cantique

Chant : 51-06 – Dieu est bon

 

Jésus est finalement souvent à table dans les Evangiles, nous avions donc le choix, mais c’est sur le texte des noces de Cana que nous nous sommes arrêtés, un texte que nous connaissons bien.

 

Texte

Jean, au chapitre 2 (versets 1-11) :
1Le troisième jour, il y eut des noces à Cana de Galilée. La mère de Jésus était là. 2Jésus aussi fut invité aux noces, ainsi que ses disciples. 3Comme le vin venait à manquer, la mère de Jésus lui dit : Ils n’ont pas de vin. 4Jésus lui répond : Femme, qu’avons-nous de commun en cette affaire ? Mon heure n’est pas encore venue. 5Sa mère dit aux serviteurs : Faites tout ce qu’il vous dira. 6Il y avait là six jarres de pierre, destinées aux purifications des Juifs et contenant chacune deux ou trois mesures. 7Jésus leur dit : Remplissez d’eau ces jarres. Ils les remplirent à ras bord. 8— Puisez maintenant, leur dit-il, et portez-en à l’organisateur du repas. Ils lui en portèrent. 9Quand l’organisateur du repas eut goûté l’eau changée en vin — il ne savait pas d’où venait ce vin, tandis que les serviteurs qui avaient puisé l’eau le savaient — il appelle le marié 10et lui dit : Tout homme sert d’abord le bon vin, puis, quand les gens sont ivres, le moins bon ; toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à présent.

11Tel fut le commencement des signes de Jésus, ce qu’il fit à Cana de Galilée. Il manifesta sa gloire, et ses disciples mirent leur foi en lui.

 

Commentaire

Voici donc le 1er miracle de Jésus relaté par Jean… un miracle bien futile. Lorsque Jésus rend la vue à un aveugle ou qu’il guérit un lépreux, c’est utile, c’est même vital : c’est la vie d’un homme qui est changée, transformée. Mais là, durant ces noces, quel est l’intérêt de ce miracle ? J’ai envie de dire qu’il s’agit d’un miracle superficiel, on aurait pu s’en passer. Pourtant, c’est après celui-ci que, selon Jean, « ses disciples mirent leur foi en lui ». Ont-ils vu en lui le compagnon idéal, le bon pote qui s’occupe du ravitaillement en alcool… Jean ne nous le dit pas !

Mais revenons à cette parabole, et au texte : c’est un repas, un repas de fête, il y a les amis, la famille, il y a à boire et à manger. Jésus n’y est pas présent comme le nouveau prophète à la mode qu’il faut avoir à sa table. Il n’y a ce jour-là aucune polémique avec les pharisiens, aucune critique sur le shabbat. Non, ce jour-là, peut-être le dernier de sa vie, Jésus est un invité comme les autres. C’est Marie qui va le pousser dans le grand bain. Nous connaissons tous le dialogue qui se tient entre Jésus et Marie, le fameux : « Femme, qui a-t-il entre toi et moi ». Mais retenons aujourd’hui que Jésus va se mettre en mouvement, entrer de plein pied dans son ministère en changeant l’eau en vin.

Un miracle futile, disais-je : renouveler le stock de vin pour des invités déjà enivrés. ? Si Jésus n’avait rien fait, la fête se serait terminée plus vite. Rien de bien grave. Mais en commençant par ce miracle, Jean nous dit que Dieu est présent dans le quotidien de nos vies, dans ce qui n’a rien d’exceptionnel. Dieu est présent dans nos fêtes, dans notre quotidien, au cœur de nos repas partagés.

Les invités ont bu le vin et par la grâce de Dieu, ce vin était savoureux. Qui a constaté ce miracle ? Que peu de personnes finalement, pourtant, en partageant, en trinquant, tous ont été destinataires de la grâce de Dieu. Ce vin a réjoui les cœurs, a satisfait le palais et a lancé Jésus dans son ministère. Et réjouissons-nous également de ce que Dieu nous rejoint dans notre simple humanité et nos plaisirs simples !

 

Prière

Notre Dieu, c’est entendu, il ne faut pas confondre le vent de Pentecôte avec les effets du vin doux. C’est entendu, la sobriété vaut mieux que l’ivresse et tu n’as jamais souhaité que nous confondions la drogue avec la foi.

Mais il est pourtant bon de vivre parfois en légère ivresse, de perdre son quant à soi et sa timidité, d’oublier sa trop rigide identité, de voguer de tendresse en allégresse. Il est bon de confondre le jour avec la nuit, de recevoir un coup de lune en plein soleil, de se baigner à minuit comme à midi. Il est bon de dire des bêtises sensées et d’inventer des étourderies. Il est bon de danser au rythme du corps et du cœur. Oui, il est bon d’être un peu ivre, comme ton apôtre Paul l’était aux yeux sourcilleux des paroissiens de Corinthe : « Ah, si vous pouviez supporter de moi un peu de folie, eh bien oui ! supportez-moi ! »

Car, notre Dieu, tout est bon dont nous pouvons nous réjouir en remerciant. Tout est bon qui fait briller les yeux, plisser les joues, agiter les mèches. Tout est bon qui donne à ta création son allure de fête et qui de ta création nous institue convives. Tout est bon, quand je perds la tête car j’ai trouvé ma joie.

Nous te demandons l’ivresse légère, qui nous transporte en ballon jusqu’au ciel de tes annonciations et de tes bénédictions. Nous te demandons de pouvoir en garder le délice du souvenir quand nous sommes revenus au réveil du petit matin dégrisés. Nous te demandons cette légère ivresse pour tous ceux qui nous entourent, dans notre famille et chez nos amis, dans notre travail et chez nos voisins, dans notre paroisses et dans ton Eglise, dans notre monde et parmi les nations, afin que l’on sente, quand même, que tu nous donnes le pain, mais aussi le vin, la tache, mais aussi la joie, la foi, mais aussi l’ivresse.

Car c’est par l’ivresse de ta folie que tu as créé, que tu as sauvé et que tu accompliras le monde. Amen.

 

Chant: 41-05 – Nos cœurs te chantent

 

Envoi

La journée n’est pas tout à fait fini. Après l’ivresse des chiffres, nous allons gouter l’ivresse légère du verre partagé… en vous conseillant tout de même la modération car demain, le synode continue.

 

Bénédiction

La sagesse de Dieu est folie aux yeux des hommes. Sachez faire preuve de folie dans votre vie. La folie de reconnaitre Dieu dans notre vie, dans nos rencontres, dans nos partages, la folie de le savoir à nos côtés jour après jour. Amen.

 

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