Pastourelle

une parole parmi tant d'autres, mais une parole quand même

 

En toute humilité – 1er septembre 2013 9 décembre 2013

Classé dans : Prédications — pastourelle @ 13 h 23 min

Proverbes 4, 1-9; Luc 14, 1-14

Et voila Jésus qui pour la 3ème fois dans cet Evangile, se permet de semer le trouble un jour de Shabbat. A priori, nous ne sommes pas un midi, mais le vendredi midi car Jésus est invité chez un pharisien et pas n’importe quel pharisien : leur chef !, et les pharisiens avaient l’habitude de se retrouver le soir, en début de shabbat, autour d’un repas. C’était une occasion pour eux de discuter, de débattre sur des sujets religieux. Et ce soir-là, ils vont avoir l’occasion de débattre !

C’est un hydropique qui va mettre le feu aux poudres… un hydropique… j’avoue, j’ai regardé dans le dictionnaire pour savoir ce que cela pouvait bien être : « personne malade d’hydropisie »… ça nous avance ! En fait, l’hydropisie est synonyme d’œdèmes (sans rentrer dans les détails techniques !)

Jésus va donc guérir l’homme et cette guérison va tout simplement couper le sifflet aux pharisiens : ils ne savent plus quoi dire ! Jésus les a pris à leur propre illogisme légaliste !

 

Mais laissons de côté cette histoire de shabbat, même si nous pourrions et certainement, nous devrions prendre le temps de réfléchir à ce jour mis à part dans la semaine : qu’est-il devenu ? qu’en avons-nous fait ?

Mais les pharisiens vont avoir un nouveau sujet de débat, s’ils décident de reprendre la parole !

 

Jésus est au service de ceux qui viennent quémander son aide, comme cet hydropique, mais il est également observateur et il va changer de sujet en observant le comportement des invités à ce repas.

On imagine qu’ils ont l’habitude de se retrouver toutes les semaines et chacun doit avoir sa place plus ou moins attitrée. Pourtant, Jésus va les mettre en garde : « Lorsque tu es invité par quelqu’un à des noces, ne va pas t’installer à la première place, de peur qu’une personne plus considérée que toi n’ait été invitée, 9et que celui qui vous a invités l’un et l’autre ne vienne te dire : « Cède-lui la place. » Tu aurais alors la honte d’aller t’installer à la dernière place. 10Mais, lorsque tu es invité, va te mettre à la dernière place, afin qu’au moment où viendra celui qui t’a invité, il te dise : « Mon ami, monte plus haut ! » Alors ce sera pour toi un honneur devant tous ceux qui seront à table avec toi. 11En effet, quiconque s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé. »

 

J’imagine que les pharisiens ont dû se dire : mais de quoi se mêle-t-il ? Nous avons nos habitudes : les riches et les gens de bonne renommée devant et les autres (pauvres, impotents, nécessiteux) derrière ! On pourrait dire cette phrase que l’on aime bien : « on a toujours fait comme ça ! ».

Mais Jésus n’aime pas les toujours, ni les jamais d’ailleurs. (1 x toujours ; 2 x jamais dans les Evangiles !). Il nous appelle à repenser notre relation au monde, aux autres. Il nous appelle à nous réformer sans cesse. Et ici, dans l’Evangile de Luc, il nous appelle à un peu d’humilité. Enfin, j’aurai tendance à décrire le comportement décrit par Jésus de « fausse humilité ». Car ce que dit Jésus dans cette parabole, c’est être humble pour être honoré, donc, en quelque sorte, feindre l’humilité ! Pire même : feindre l’humilité et attirer le déshonneur sur les autres. Et oui, car celui qui, peut-être par ignorance s’est installé aux premiers rangs, sera délogé et se retirera certainement honteux !

Alors, sachez que je ne suis pas du genre à vous honorer en vous faisant vous mettre devant, ni à vous couvrir de honte en vous faisant vous reculer… par contre, si vous pouviez éviter de me laisser trop souvent seule devant…

 

Etonnantes donc, ces paroles de Jésus : quand on est humble, on l’est, un point c’est tout. On ne cherche pas à être humble. D’ailleurs l’humilité, la vraie, empêche d’accepter les 1ères places, même si on nous y invite.

Mais rappelez-vous à qui s’adresse Jésus : à des pharisiens qui sont loin, très loin d’être l’humilité incarnée. Vous vous souvenez certainement de cette autre parabole de Jésus un peu plus loin dans l’Evangile de Luc, qui se conclut d’ailleurs de la même manière que notre parabole du jour : « Deux hommes montèrent au temple pour prier ; l’un était pharisien, et l’autre collecteur des taxes. 11Le pharisien, debout, priait ainsi en lui-même : « O Dieu, je te rends grâce de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont rapaces, injustes, adultères, ou encore comme ce collecteur des taxes : 12je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tous mes revenus. » 13Le collecteur des taxes, lui, se tenait à distance ; il n’osait même pas lever les yeux au ciel, mais il se frappait la poitrine et disait : « O Dieu, prends en pitié le pécheur que je suis ! » 14Eh bien, je vous le dis, c’est celui-ci qui redescendit chez lui justifié, plutôt que celui-là. Car quiconque s’élève sera abaissé, mais celui qui s’abaisse sera élevé. » (18, 10-14)

 

Les pharisiens étaient devenus le symbole même de l’hypocrisie, du formalisme excessif et de l’intransigeance. Jésus leur donne donc un exemple qu’ils peuvent comprendre, qu’ils peuvent intégrer à leur vécu : être invité et prendre les premières places à cause de leur supposée importance dans la société.

Jésus est très pédagogue avec eux. Il leur parle de choses connues avant de leur dire vraiment le fond de sa pensée : cette petite parabole était une entrée en matière. Les choses sérieuses viennent ensuite : « Il disait aussi à celui qui l’avait invité : Lorsque tu donnes un déjeuner ou un dîner, ne convie pas tes amis, ni tes frères, ni les gens de ta parenté, ni des voisins riches, de peur qu’ils ne te rendent ton invitation et qu’ainsi tu sois payé de retour. 13Mais lorsque tu donnes un banquet, invite des pauvres, des estropiés, des infirmes, des aveugles. 14Heureux seras-tu, parce qu’ils n’ont pas de quoi te payer de retour ! En effet, tu seras payé de retour à la résurrection des justes. »

En d’autre sorte, ne fais pas les choses dans l’espoir d’un retour sur investissement, mais fais les choses gratuitement, sans espérer une quelconque rétribution. Et pour être sûr de ne pas être rétribué, dirige-toi vers ceux qui n’ont rien à t’offrir.

 

Vous me direz, matériellement, il n’y a aucune rétribution, cependant, l’acte n’est pas complètement gratuit car en retour se trouve la résurrection.

Encore une fois, en bonne protestante, cette conception me dérange car elle pose les actions, les bonnes œuvres, les BA comme on dit aux scouts, avant toute autre chose. Et vous le savez, dans le protestantisme, nous concevons un sens inverse : pas besoin des œuvres pour être sauvé !

Le salut est là, promis à tous, les œuvres ne nous servent alors qu’à rendre grâce à Dieu, mais également à rendre service, à aider ceux qui en ont besoin.

Je suis toujours gênée à l’idée d’imaginer que les déshérités, les nécessiteux soient utiles aux plus riches pour gagner leur salut ! Comme si la personne aidée ne comptait pas pour elle-même, mais était juste un moyen d’arriver à ses fins.

 

Mais encore une fois, il faut se rappeler que Jésus s’adresse à des pharisiens, des hommes tellement importants qu’ils n’avaient pas le temps, pas le besoin de s’intéresser à ceux qui les entouraient (je dirais bien que, dans cet esprit, il existe encore beaucoup de pharisiens !). Jésus tente de leur ouvrir les yeux et comme une chose compte pour eux : plaire à Dieu par l’observance stricte des lois, Jésus leur fait comprendre que ce qui plait également à Dieu, c’est se soucier des autres, des plus petits, des plus faibles.

 

Les pharisiens ont-ils reçu le message ? Ont-ils compris l’importance de sortir de leur tour d’ivoire ? Nous ne le savons pas… Toujours est-il que Jésus est par la suite tenté de leur dire une autre parabole, celle du grand repas. Vous savez, cet homme qui sonne un repas, mais les invités se désistent au fur et à mesure. L’homme invite alors tous ceux qui trainent dans les rues : les pauvres, les estropiés, les aveugles, les boiteux, on les force même à venir. Aucun de ceux-ci ne fait partie de son cercle d’amis, de ses connaissances… pourtant ce sont eux qui vont profiter du repas.

 

Alors, que nous dit Jésus : de nous occuper des plus faibles, de ne pas nous prendre pour supérieurs, d’être humbles.

Je crois surtout que Jésus nous dit de nous méfier de ne pas tomber dans le jeu des pharisiens. Il avait eu cette phrase auparavant dans l’Evangile de Luc : « Avant tout, gardez-vous du levain des pharisiens, de l’hypocrisie ». Oui, Jésus nous met en garde. Il sait comme nous sommes, il sait que nous aimons nous mettre en avant, recevoir es honneurs, connaitre des personnalités importantes. Bien sûr, nous ne sommes pas Jésus, nous sommes tentés !

Notre maitre mot doit être « humilité ». Pas facile. Mais vous savez que nous pouvons compter sur quelqu’un pour tenir notre cap, pour éviter que le levain des pharisiens ne nous rattrape ! Mais gardons-nous de toute fausse humilité… Amen.

 

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