Pastourelle

une parole parmi tant d'autres, mais une parole quand même

 

Persévérez, ne baissez pas les bras – 20 octobre 2013 9 décembre 2013

Classé dans : Prédications — pastourelle @ 13 h 44 min

Exode 17, 8-13; 2 Timothée 3, 14 – 4, 2; Luc 18, 1-8 Vous savez, j’avais toujours pensé que les savants, les intellectuels, les exégètes et autres théologiens émérites qui établissaient les listes de lectures bibliques, le faisaient en tentant de faire correspondre les textes les uns avec les autres. Jusqu’au jour où un collègue m’a dit que pas du tout et que s’il y avait parfois des correspondances, des liens possibles entre les textes, cela relevait du hasard… Et bien aujourd’hui, le hasard n’a, a priori, pas bien fait les choses : quel rapport entre Moise qui lève son bâton, Timothée qui doit proclamer la parole et ce juge injuste ? A première vue, ou à première lecture plutôt, rien ne les relie. Pourtant ces 3 textes ont un point commun : la persévérance.   Voyez Moise soutenu par Aaron et Hour qui va permettre à Josué de sortir victorieux de la bataille contre les amalécites. Voyez Timothée à qui Paul préconise de proclamer la parole partout, tout le temps avec patience. Voyez cette veuve qui, on peut le dire, harcelait le juge de sa ville pour que justice lui soit rendue. Dans ces 3 textes, la persévérance l’a emporté : la victoire, la continuité de la proclamation de l’Evangile, la justice !   Si l’on reprend les 2 histoires qui nous sont racontées dans l’Exode et dans l’Evangile de Luc, on peut y déceler une pointe d’humour. Certes les situations ne sont pas risibles : une guerre et une injustice, mais le récit prête à sourire : Dieu a de l’humour et Jésus n’en manque pas.   Imaginez un peu ce pauvre Moise obligé de garder les bras en l’air pendant un temps indéfiniment long. Vous avez déjà essayé de tenir quelque chose en l’air avec vos 2 mains, et bien on ne peut pas rester longtemps dans cette position… heureusement Moise a à ses côtés 2 aides qui sont les bienvenues : Aaron, son frère et Hour, un compagnon fidèle. Vous vous imaginez la scène : Moise assis sur une pierre les bras en l’air, soutenu par 2 acolytes, oui, ça fait sourire, mais ça a fonctionné !   Et puis, il y a cette pauvre veuve qui harcèle le juge de sa ville. Elle sait que c’est un juge inique, mais elle insiste. Vous connaissez la caricature des mères juives avec leur fils, comme elles sont présentes, envahissantes, étouffantes. Alors, nous pouvons comprendre que ce juge, bien que se moquant éperdument des conditions de vie de ses contemporains, en ait eu marre ! Cette femme est capable de lui casser la tête si elle continue ! La parabole ne nous dit pas de quelle façon le juge a jugé… la parabole nous dit qu’il a cédé. Mais d’une manière ou d’une autre, la veuve a eu gain de cause, elle est allée au bout de sa démarche, elle a persévéré. Certaines pourraient dire qu’elle s’est entêtée parce qu’elle savait sa mission juste. Elle a eu confiance, non pas dans le comportement du juge, mais dans la légitimité de sa démarche, dans sa capacité à aller jusqu’au bout d’elle-même.   Moise aussi a eu cette capacité. Plusieurs fois, il aurait pu abandonner, par fatigue, par suffisance, par ras le bol et il en est de même pour Aaron et Hour qui, devant le grotesque de la situation auraient pu abandonner Moise pour renforcer les rangs du peuple dans la bataille : et oui, a priori, lors d’une bataille, on est plus utile dans le combat que dans le fait de tenir en l’air les bras d’un vieillard ! Mais tous les 3 ont persévéré, tous les 3 ont eu confiance en Dieu, cette fois-ci. Ils connaissaient la puissance, la force de Dieu, lui qui les avait fait sortir d’Egypte : seul lui pouvait les rendre vainqueurs. Alors, ils ont continué jusqu’au bout de leurs forces, ils n’ont pas baissé les bras.   Ne pas baisser les bras, c’est également ce que Paul préconise à Timothée : toujours persévérer dans l’enseignement, malgré les contraintes, les critiques, les attaques. Les exhortations de Paul à l’intention de Timothée sont aussi pour nous : dans notre vie de chrétiens, notre vie de foi, mais également dans notre vie de tous les jours devant les problèmes, les difficultés rencontrés, nous sommes invités à être persévérants. Aujourd’hui, dans notre société, si une difficulté surgit, nous avons tendance à ne pas vouloir nous battre. Comme un boxeur au combat qui n’en peut plus, il baisse les bras, baisse sa garde et s’expose aux coups avant de complètement jeter l’éponge. Pourtant, l’enseignement de la Bible nous dit de poursuivre le combat et d’avoir confiance : en Dieu et en notre propre capacité ; car dieu a confiance en nous : Moise, Aaron et Hour auraient pu se dire : si Dieu veut que son peuple soit vainqueur, qu’il s’en occupe seul, qu’il fasse mourir tous les amalécites, qu’il envoie une tempête, un tremblement de terre ou je ne sais quel prodige encore. Mais non, rien de tout cela car dans son plan d’accomplissement, Dieu voulait que Moise soit indispensable, que chacun ait une tâche à accomplir, un rôle à jouer : l’implication de chacun est nécessaire. A côté de la persévérance, nous trouvons la notion de responsabilité : si un seul baisse les bras, c’est l’accomplissement total de la mission qui est compromis.   Moise et ses compères auraient pu cesser d’y croire, cesser de prier et devenir fatalistes : après tout, Dieu fera ce qu’il veut, quand il voudra et surtout, se débrouillera très bien tout seul…ce n’est pas l’option qu’ils ont choisie.   Quand on voit nos Eglises se vidées petit à petit, alors que nous prions pour elles, nous sommes tentés de baisser les bras et de laisser Dieu se débrouiller seul : après tout, c’est son Eglise, si il veut qu’elle meure, c’est son problème. Mais les textes du jour nous disent qu’il en va également de notre responsabilité, de notre mission et qu’il faut persévérer, continuer encore et encore à prier, à intercéder.   Car je crois que Dieu préfère entendre des cris de révolte, de colère plutôt qu’un silence morbide, signe d’abandon, de fatalisme et de renoncement. Moise, Aaron et Hour ont persévéré, ils ont eu gain de cause. La veuve également, bien que Jésus ne nous donne pas la conclusion de cette parabole, mais après tout, cela nous renvoie à notre réalité de prière : nous demandons mais nous ne recevons pas toujours la réponse attendue. C’est donc à un peu d’humilité que nous sommes invités. Parfois/souvent, nous prions Dieu comme un enfant fait sa liste au père noël  et si nous ne sommes pas exaucer en temps voulu et dans la forme souhaitée, nous boudons, nous nous enfermons dans notre chambre et coupons le contact. La Bible nous dit d’être attentifs aux signes et de nous mettre dans la posture d’Elie qui a su reconnaitre la présence du Seigneur dans une brise légère. Alors, faisons silence dans nos cœurs, pour pouvoir accueillir avec bienveillance les signes de la grâce de Dieu. Amen.

 

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