Pastourelle

une parole parmi tant d'autres, mais une parole quand même

 

Rendre gloire – 13 octobre 2013 9 décembre 2013

Classé dans : Prédications — pastourelle @ 13 h 40 min

2 Rois 5, 14-17; Luc 17, 11-19

Nous voici ce matin en présence de deux textes fort similaires : l’un de l’Ancien Testament, l’autre du Nouveau Testament, deux personnages, deux malades, deux lépreux, deux exclus, deux miracles, deux guérisons et enfin deux étrangers qui se rendent compte de la grandeur du Seigneur : tout un programme.

Je vous invite à revenir au tout début, à l’origine de ces deux histoires : la lèpre. Sans cette maladie, pas de miracle, pas de conversion, pas de confession de foi.

La lèpre : tout le monde connaît cette maladie qui attaque la peau et donc l’aspect visible de la personne. Pour les juifs, la lèpre est assimilée au péché et les conséquences en sont catastrophiques, tant au point de vue physique que social. Cette maladie rend impur, le juif atteint de la lèpre est amené à couper tout lien avec le sanctuaire et avec le peuple de Dieu. Le lépreux est mis à part, il est exclu de la société. La lèpre entraîne la mort civile et sociale de la personne qu’elle atteint. Le lépreux atteint sans son corps, dans sa chaire doit en plus porter des habits déchirés, en signe de deuil et doit crier ‘impur, impur’ pour annoncer son arrivée et tenir les gens loin de lui, pour éviter la contagion.

La purification du lépreux dans l’Ancien Testament existe et se réalise lorsque la maladie semble reculer. Le lévitique nous dit que cette purification consiste à sacrifier des animaux et à réaliser 7 aspersions d’huile. Et le lépreux est déclaré pur.

 

Voila pour cette maladie, une maladie éradiquée pense-t-on et pourtant aujourd’hui dans le monde, près de 300000 hommes et femmes sont touchés par cette maladie. Bien évidemment la quasi-totalité de ces cas sont situés dans les pays du Tiers Monde, sous développé, aux conditions d’hygiène douteuses. Une maladie qui est toujours cause d’exclusion, de mépris. Alors ces 2 textes ne sont pas périmés, ils peuvent encore être entendus et compris aujourd’hui.

 

L’Evangile de Luc nous rapporte que 10 lépreux sont venus trouver Jésus. Il les a guéri tous les 10. Mais un seul est revenu pour le remercier : un samaritain. Pour les samaritains, qui respectaient le pentateuque, la lèpre était effectivement comparée au péché. Mais les samaritains, à l’époque étaient considérés comme une sous-race par les israéliens, des juifs au rabais.

Dans le Second livre des Rois, Naaman est araméen, syrien. Pour les syriens, la lèpre n’était pas un motif d’exclusion.

Syriens et samaritains, des peuples ennemis des israéliens et pourtant…

Et oui, pourtant, Naaman le syrien, bien que vexé dans un premier temps par le fait qu’Elisée ne prenne pas la peine de venir à sa rencontre, rend gloire au Seigneur, au Dieu d’Abraham, d’Isaac, de Jacob.

Et ce samaritain, déjà mal considéré par les vrais juifs et mis d’autant plus à l’écart de par sa maladie, qui fait le premier pas vers Jésus pour qu’il le guérisse et parce qu’il a confiance en lui. Et voila que le miracle arrive : il est guéri, tout comme les 9 autres lépreux qui étaient avec lui. Mais il est le seul à revenir sur ses pas, à remercier Jésus, à rendre grâces à Dieu. Et les autres ? Ils ne sont pas revenus vers Jésus, ils sont rentrés chez eux, peut-être sont-ils partis chercher le prêtre pour effectuer le rite de purification. Les commandements, les rites, les sacrifices leur sont parus plus importants que d’exprimer leur reconnaissance à Jésus pour ce miracle : la guérison physique, mais aussi leur résurrection civile et sociale, leur réintégration dans la société.

 

Oui, c’est bien là le thème de nos deux textes, de nos deux récits de miracle : la reconnaissance.

 

Pourtant, si vous vous rappelez bien du texte de la semaine dernière, sa teneur était toute autre. Rappelez-vous, c’est le passage qui précède notre péricope : « Nous sommes des esclaves inutiles, nous avons fait ce que nous devions faire »… et un esclave n’a pas de remerciement à recevoir, et aucune reconnaissance à attendre.

Et pourtant, dans cette histoire de lépreux, Jésus s’étonne qu’un seul soit venu le remercier. Mais regardons bien ce que le texte dit : « Ne s’est-il trouvé que cet étranger pour revenir donner gloire à Dieu ? »

Jésus n’attend nullement les honneurs : non, c’est à Dieu que doivent monter les louanges et à Dieu seul !

 

Vous avez certainement déjà entendu cette critique adressée à notre Dieu : il ne répond pas toujours à leurs prières… Et si il ne répond pas, pas besoin d’exprimer notre reconnaissance. Mais c’est parce que nous attendons une réponse particulière que nous avons l’impression qu’il ne nous répond pas : ce n’est pas un 20 sur 20 qu’il pourra donner pour un contrôle mal préparé, mais la conscience qu’il faut travailler et faire de son mieux. Ce n’est pas parce notre problème ne sera pas résolu à notre façon, qu’il ne sera pas résolu du tout… Mais qu’il y ait une réponse de Dieu à notre appel ou pas, nous devons lui proclamer notre reconnaissance. Notre reconnaissance pour être ici, en vie, entouré des nôtres. Notre reconnaissance pour ses bienfaits et sa bonté. L’expression de cette reconnaissance n’a pas besoin d’être spectaculaire. Nous nous rappelons de Naaman qui a voulu faire un cadeau à Elisée, mais ce dernier lui a refusé. Mais Naaman a tout de même fait un sacrifice à Dieu pour sa guérison. Dans le Nouveau Testament, Jésus inaugure et rend possible une nouvelle forme de reconnaissance : le samaritain rend grâce à Jésus, i n’y a pas de sacrifice, juste un changement radical de son cœur. Son corps a été purifié, son cœur aussi. Jésus ne l’appelle pas à sacrifier des moutons ou des oiseaux, mais à changer sa façon de vivre. Une transformation qu’il a déjà entamé puisqu’il est revenu vers Jésus et qu’il n’a pas couru vers les grand prêtre pour être purifié : sa foi en Jésus l’a purifié, ce qui n’est pas le cas des 9 autres lépreux qui ont continué à se perdre dans des rites, des sacrifices et encore bien d’autres célébrations.

 

En revenant sur ses pas, en glorifiant Dieu à haute voix, en se jetant aux pieds de Jésus et en lui rendant grâce, l’étranger a honoré Dieu et l’étranger est devenu un enfant de Dieu. Alors, à notre tour, rendons gloire à Dieu, même si, et peut-être surtout, nous n’avons jamais été malade, nous n’avons jamais eu de grosses difficultés…

 

Destinataires de nombreuses bénédictions et même enfants de Dieu si, par la foi, nous avons reçu le salut, serons-nous de ceux qui reviendront inlassablement à Jésus, de ceux à qui il sera ainsi donné de mieux le connaître et de repartir dans la vie forts de cette communion  ou, comme les neuf-dixièmes, nous laisserons-nous happer par le mouvement de la vie pour jouir sans reconnaissance des bienfaits de Dieu et, par une foi ponctuelle n’espérer qu’un don temporel, nous privant ainsi des effets de la grâce ?

 

Que nos pas nous poussent inlassablement à revenir vers Jésus et que nos mots n’aient de cesse de lui rendre grâce !

 

Avec Magali, nous souhaitions mettre cette année sous le signe du témoignage, de la mission en quelque sorte, en s’inspirant de cette phrase : « Frappez et l’on vous ouvrira » (Luc 11, 9).
En ne rendant pas gloire à Dieu pour toutes les petites choses de la vie, pas besoin d’attendre un gigantesque miracle pour cela, nous ne témoignons pas… et alors, les portes peuvent rester fermées ! Alors, il nous faut comme ce lépreux guéri rendre gloire, témoigner… car à côté de nous, il y a certainement des lépreux modernes, victimes de la société actuelle, qui ont besoin d’une parole de guérison… En nous taisant, nous les privons d’une bénédiction, d’une parole de réconfort…

Alors, frappons (aux portes) et laissons-nous accueillir !

Amen

 

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