Pastourelle

une parole parmi tant d'autres, mais une parole quand même

 

Une vérité, tellement de réalités – baptême – 3 novembre 2013 9 décembre 2013

Classé dans : Prédications — pastourelle @ 17 h 31 min

Marc 10, 13-16; 1 Corinthiens 12, 12-13

L’Evangile du jour que nous n’avons pas lu relate l’histoire de Jésus qui s’invite chez le collecteur de taxes Zachée, ce petit homme très peu apprécié par ses contemporains. Mais Jésus n’en a que faire des remarques et des critiques. Les autres traitent Zachée de pécheur et alors, ce n’est que leur avis ! Et il prouve la capacité que nous avons à enfermer les gens dans des catégories et surtout à juger.

Et c’est sur cela qu’il faut insister aujourd’hui : qui sommes-nous pour juger ? Qui sommes-nous pour asséner notre vérité, qui n’est autre que notre propre vérité que nous voulons ériger en loi indéboulonnable.

Pourtant, la vérité, il n’y en a qu’une, elle ne dépend pas de nous et elle s’appelle Jésus.

Rappelez-vous, il est la vérité, le chemin et la vie. Cette vérité, ou plutôt LA vérité, je la déclinerai en un triptyque : pardon, grâce et amour. Ou plus exactement dans un sens plus correct : la grâce, celle qui vient de Dieu, l’amour que nous pouvons vivre et partager parce que nous avons reçu cette grâce première et le pardon que nous ne pouvons vivre que parce que l’amour nous habite.

Il y a dons la Vérité et il y a nos réalités, nos avis, qui ne sont que subjectifs et tant que nous ne faisons pas une mise en résonnance avec le triptyque grâce, amour et pardon, nos réactions ne pourront être qu’émotionnelles, tellement personnelles et instinctives.

 

Jésus est allé manger chez Zachée pour tordre le coup aux idées reçues et Paul dans sa lettre aux Corinthiens lutte pour qu’il n’y ait pas de « sous chrétiens », pour que tous soient considérés à la même valeur : les juifs, les grecs, les hommes libres et les esclaves. Tous, en reconnaissant Jésus comme sauveur et seigneur font partie de l’Eglise. Tous font partie du corps du Christ. Certes, les charismes seront différents, mais serviront à l’annonce de la bonne nouvelle.

Et aujourd’hui encore, cela est vrai. Certes, il y a les catholiques, les orthodoxes, les protestants et tellement d’autres, mais il ne s’agit là que de conceptions humaines, nos Eglises ne sont que des institutions humaines et partant de ce constat, nos jugements, nos critiques ne sont qu’humains également et il est inconcevable de mêler Dieu à nos querelles, ou encore de le prendre à témoin dans nos prises de position.

 

Paul interpellait les corinthiens afin qu’il n’y ait pas de distinction entre eux, malheureusement aujourd’hui, ces distinctions persistent et trop souvent, les protestants sont considérés comme des sous chrétiens, des chrétiens de seconde zone dont le baptême est douteux, voire illégitime et empêche parfois des protestants d’être parrains ou marraines ou encore témoins de mariage. On nous dit que l’œcuménisme a fait des pas en avant, je dirais : pas partout et pas pour tous.

Et avouons-le, nous regardons parfois avec supériorité voire avec mépris certaines communautés évangéliques (au sens générique), ne nous lassant pas d’un petit commentaire désobligeant.

Tout cela peut faire mal, être blessant, causer des conflits dans les familles, mais en y regardant de plus près, ce ne sont que des hommes et des femmes avec un léger complexe de supériorité qui émettent des jugements, édictent des lois frisant parfois le ridicule, par peur de qui ou de quoi, je n’en sais rien.

 

Ce ne sont que des humains qui décident où se situent les limites de l’Eglise du Christ, quitte à rendre claudiquant ce corps car rappelons-nous les propos de Paul sur le corps du Christ : « Ainsi le corps n’est pas une seule partie, mais une multitude. 15Si le pied disait : « Parce que je ne suis pas une main, je ne fais pas partie du corps », il n’en ferait pas moins partie du corps. 16Et si l’oreille disait : « Parce que je ne suis pas un œil, je ne fais pas partie du corps », elle n’en ferait pas moins partie du corps. 17Si tout le corps était œil, où serait l’ouïe ? S’il était tout ouïe, où serait l’odorat ? 18En fait, Dieu a placé chacune des parties dans le corps comme il l’a voulu. 19Si tous étaient une seule partie, où serait le corps ? 20Maintenant donc il y a une multitude de parties et un seul corps. 21L’œil ne peut pas dire à la main : « Je n’ai pas besoin de toi », ni la tête dire aux pieds : « Je n’ai pas besoin de vous. » 22Bien au contraire, les parties du corps qui paraissent les plus faibles sont nécessaires ; 23et celles que nous estimons être les moins honorables du corps, nous les entourons d’un plus grand honneur. Ainsi ce sont nos parties les moins décentes qui sont traitées avec le plus de décence, 24tandis que celles qui sont décentes n’en ont pas besoin. En fait, Dieu a disposé le corps de manière à donner plus d’honneur à ce qui en manquait, 25pour qu’il n’y ait pas de division dans le corps, mais que toutes les parties du corps s’inquiètent de la même façon les unes des autres. 26Et si une partie du corps souffre, toutes les autres souffrent avec elle ; si une partie du corps est glorifiée, toutes les autres se réjouissent avec elle. »   (1 Co 12, 14-26). C’est la diversité du corps qui fait sa richesse et non son uniformité.

Nous ne pouvons en rien délimiter les contours de l’Eglise du Christ et celui qui vous dira où elle s’arrête, qui s’y trouve et qui n’en fait pas partie : fuyez-le ! Pour ma part, cette Eglise, je la souhaite large, la plus large possible afin que se vivent partout la grâce, l’amour et le pardon.

 

Aujourd’hui, nous nous réjouissons d’avoir célébré ce baptême. Un baptême protestant ? Non ! Un baptême chrétien qui symbolise l’entrée de Mila dans la communauté chrétienne comme membre à part entière de l’Eglise, comme partie intégrante du corps du Christ.

Oui, c’est une joie pour nous que soit à nouveau posé sur un enfant de Dieu le signe de son amour : un amour qui libère et non pas qui enferme, un amour patient, un amour qui pardonne, un amour qui ne se vexe pas : l’amour de Dieu pour ses enfants, mais que Paul a mis à l’honneur dans les relations humaines, toujours dans sa 1ère Epitre aux Corinthiens : « L’amour est patient, l’amour est bon, il n’a pas de passion jalouse ; l’amour ne se vante pas, il ne se gonfle pas d’orgueil, 5il ne fait rien d’inconvenant, il ne cherche pas son propre intérêt, il ne s’irrite pas, il ne tient pas compte du mal ; 6il ne se réjouit pas de l’injustice, mais il se réjouit avec la vérité ; 7il pardonne tout, il croit tout, il espère tout, il endure tout. »   (1 Co 13, 4-7).

 

L’amour plutôt que le jugement, l’amour plutôt que la condamnation, je trouve que c’est un beau programme pour une vie toute entière. Après tout, vivre de et par l’amour, c’est ce que l’Evangile nous invite à faire.

Un amour simple, duquel vivent les enfants, sans se poser de question. C’est ce que Jésus insinue lorsqu’il accueille les petits enfants dans l’Evangile de Marc que nous avons lu : «  Laissez les enfants venir à moi ; ne les en empêchez pas, car le royaume de Dieu est pour ceux qui sont comme eux. 15Amen, je vous le dis, quiconque n’accueillera pas le royaume de Dieu comme un enfant n’y entrera jamais. » (Luc 10, 14-15) C’est bien l’amour, la confiance qui permettent aux enfants de se laisser aller dans les bras de Jésus car ils n’ont pas d’arrière-pensée, ils ne jugent pas encore. On peut dire qu’ils sont encore purs d’idées négatives.

 

Alors, redevenons comme eux, confiants et que l’amour et tout ce qu’il implique soit au cœur de notre vie.  Amen.

 

Commenter

 
 

Youssef ALLOUCHA |
Hassan al Banna |
école islamique |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Procuresdbate
| Greencoffee
| sac lancel