Pastourelle

une parole parmi tant d'autres, mais une parole quand même

 

Filiation & transfiguration – 16 mars 2014 11 mars 2014

Classé dans : Prédications — pastourelle @ 17 h 11 min

Exode 34, 5-7 ; Matthieu 17, 1-9

Aujourd’hui, j’ai décidé de ne pas suivre nos listes de lecture habituelles qui nous invite en ce dimanche 16 mars à redécouvrir le récit de la transfiguration de Jésus dans l’Evangile de Matthieu.

J’ai choisi de m’intéresser au semainier de l’EPUF que vous avez reçu et en particulier sur cette semaine 11 qui se terminait hier mais que les uns et les autres ont peut-être médité durant la semaine et vous pourrez alors prendre la parole pour nous faire partager vos propres réflexions.

 

Cette semaine 11 reprend la célèbre chanson d’Yves Duteil en y ajoutant une interrogation lourde de sens : « Prendre un enfant par la main, pour l’emmener vers… » vers quoi ?

Voici un des textes proposés à notre réflexion. Dans le livre de l’Exode, 34, 5-7 :

5Le SEIGNEUR descendit dans la nuée, se tint là auprès de lui et proclama le nom du SEIGNEUR (YHWH) . 6Le SEIGNEUR passa devant lui en proclamant : Le SEIGNEUR, le SEIGNEUR (YHWH, YHWH), Dieu compatissant et clément, patient et grand par la fidélité et la loyauté, 7qui conserve sa fidélité jusqu’à la millième génération, qui pardonne la faute, la transgression et le péché, mais qui ne tient pas le coupable pour innocent, qui fait rendre des comptes aux fils et aux petits-fils pour la faute des pères, jusqu’à la troisième et la quatrième génération !

 

Pas très réjouissant cette faute reportée sur les générations futures. Pourtant ce texte nous parle tour à tour de la fidélité, de la constance de Dieu, de la transmission, de la filiation et de notre responsabilité par rapport aux générations futures.

 

La traduction réalisée par Chouraqui marque encore plus l’opposition entre le Dieu clément et le Dieu qui condamne le coupable :

El matriciel, graciant, abondant en chérissement et vérité, détenteur du chérissement pour des milliers… porteur du tort, de la carence, de la faute, il n’innocente pas, il n’innocente pas, mais sanctionne le tort des pères sur les fils et les fils des files, sur les 3èmes et sur les 4èmes.

 

Les fautes des pères retombent sur les enfants… Injuste, cruel, mais tellement vrai. Car même sans intervention  divine, les erreurs des pères ou des parents en général, leurs égarements ne sont pas sans conséquence pour les enfants. Bien évidemment, nous faisons de notre mieux pour que l’avenir de nos enfants soit des plus agréables et sereins.

Vouloir sciemment le pire pour ses enfants découle tout droit de la défaillance mentale, de la perversité. Donc, nous faisons au mieux, mais comme on le dit souvent, lorsqu’on devient parent, il n’y a pas de mode d’emploi : il faut expérimenter, tâter le terrain. Et oui, être parent est un éternel apprentissage.

 

Alors, pour reprendre les paroles de cette chanson : « prendre un enfant par la main, pour l’emmener vers demain »… Mais aujourd’hui, même pour les parents, le ‘demain’ n’est vraiment pas certain : de quoi sera-t-il fait ? Dans ce monde où tout va vite, où le virtuel et le réel se côtoient jusqu’à se confondre, de quelle façon donner des bases solides à nos enfants, petits enfants, quels repères pour eux qui ne soient ni fluctuants, ni provisoires. Sommes-nous plus à plaindre que les générations précédentes ? Je ne le crois pas : à chaque génération son lot de difficultés.

 

Un monde qui bouge, des repères instables et pourtant, toujours une promesse : celle de la fidélité de Dieu, la promesse d’être à nos côtés, la promesse d’une constance rassurante. Certes, notre compréhension de Dieu n’est pas celle de l’Ancien Testament, d’ailleurs, chacun d’entre nous aujourd’hui rassemblés a une conception particulière de Dieu : un Dieu aimant, un Dieu protecteur, surprotecteur, un Dieu distant pour nous laisser plus de liberté, un Dieu directif… Y-a-t-il une bonne réponse, je ne le pense pas. Il y a juste des façons de vivre une relation particulière, personnelle avec Dieu. Une relation qui s’est construite, façonnée avec les années, avec l’écoute plus ou moins attentive de la Parole, avec des rencontres, des discussions parfois animées… parfois aussi, et même souvent, une transmission. Non pas une transmission de la foi, mais une transmission de repères, de valeurs qui, malgré les évolutions du monde, de la société, sont restés porteurs de sens.

Hier, il y a longtemps ou moins longtemps, on nous a pris la main pour nous emmener vers Dieu ou tout du moins à la rencontre de Dieu, un Dieu que nous avons appris à connaitre, que nous avons peut-être rejeté avant de revenir vers lui… et constance éternelle oblige, il était toujours là à notre retour. Cela vous rappelle peut-être une autre histoire biblique, celle du fils prodigue parti loin des siens pour vivre sa vie et accueilli par son père à son retour comme le fils qu’il a toujours été.

 

La chanson dit : « prendre un enfant par la main pour l’emmener vers demain, pour lui donner la confiance en son pas »… Alors, même si nous ne savons pas de quoi demain sera fait, nous savons que Dieu sera toujours là demain et que nous pouvons lui faire confiance.

Vous savez, j’ai des amis qui se disent athées. Issus de milieux chrétiens mais qui ont tout rejeté. Et bien face à leurs enfants, ils remettent Dieu dans leur vie, ils lui laissent de nouveau une place. Par exemple, face à la mort, leur conception ultra rationnelle s’écroule : pour eux, la mort c’est la fin… mais quand il s’agit d’expliquer la mort à leurs enfants, ils se rendent compte que leur conception ne tient pas, que, finalement, elle n’a aucun sens et qu’en grattant la carapace qu’ils s’étaient forgées, ils retrouvent la résurrection comme fondement de leur foi.

 

C’est encore plus flagrant à Noel lorsqu’ils préparent soigneusement la crèche se gardant de placer tout de suite le petit Jésus et de le déposer religieusement le 25 décembre au matin dans la mangeoire. Mais, non, non, ils ne croient pas / plus en Dieu mais il est important que leurs enfants gardent cette tradition de la crèche. Etonnant, car il me semble que ce que nous transmettons à nos enfants (tentons de transmettre car après tout, ils en font ce qu’ils en veulent par la suite) est ce qui est le plus important pour nous, ce qui a du sens pour nous. Et puis, un jour, nous retrouvons ces parents sur les bancs du temple pendant que leurs enfants sont à l’école biblique… ils reviennent et Dieu est toujours là (heureusement, le temple aussi !)

 

Il y a toujours là une histoire de filiation, de transmission. Ce qui a été transmis avec amour (et non ce qui a été imposé) reste gravé dans le cœur.

 

En parlant de transmission, j’ai tout de même envie de vous parler de la transfiguration et je vais vous lire le texte de Matthieu 17, 1-9 :

1Six jours après, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, son frère, et il les conduit à l’écart sur une haute montagne. 2Il fut transfiguré devant eux : son visage se mit à briller comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière. 3Moïse et Elie leur apparurent, qui s’entretenaient avec lui.4Pierre dit à Jésus : Seigneur, il est bon que nous soyons ici ; si tu le veux, je dresserai ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Elie. 5Comme il parlait encore, une nuée lumineuse les couvrit de son ombre. Et une voix retentit de la nuée : Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; c’est en lui que j’ai pris plaisir. Ecoutez-le !

6Lorsqu’ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre, saisis d’une grande crainte. 7Mais Jésus s’approcha, les toucha de la main et dit : Levez-vous, n’ayez pas peur ! 8Ils levèrent les yeux et ne virent personne que Jésus, seul.

9Comme ils descendaient de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : Ne parlez à personne de cette vision jusqu’à ce que le Fils de l’homme se soit réveillé d’entre les morts.

 

Jésus affirme être le fils de Dieu, ce qui est confirmé une nouvelle fois (la première avait eu lieu lors du baptême) : « celui-ci est mon fils bien aimé ». La filiation est assurée, mais ce n’est pas tout car voici deux des principaux protagonistes de l’Ancien Testament qui font leur apparition : Moise et Elie, la loi et les prophètes. Et Jésus s’entretient avec eux comme pour montrer une certaine transmission : il n’y a pas rupture mais continuation. Il y a aussi d’une certaine façon, accréditation du ministère de Jésus. Dans cette scène, Jésus est à la fois ici et ailleurs ce qui préfigure Pâques et la résurrection.

Bien évidemment, les disciples vont s’interroger sur cette scène surréaliste et Jésus va les prendre par la main pour leur donner des clefs d’interprétation, pour leur donner la confiance en leurs pas… pas des 1ers disciples.

 

Alors, « prendre un enfant par la main pour l’emmener vers… », vers quoi ? Vers la confiance, vers l’espérance, vers l’amour, amour de Dieu, amour des autres… vers un avenir radieux car, pour rester dans le domaine musical, voici d’autres paroles : on leur souhaite tout le bonheur du monde.

 

 

 

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