Pastourelle

une parole parmi tant d'autres, mais une parole quand même

 

Fraternité vivante – 23 février 2014 11 mars 2014

Classé dans : Prédications — pastourelle @ 17 h 08 min

Genèse 45, 1-7 + 14-15

Voici une histoire de famille comme on les aime car elle finit bien, même si cela frise parfois le mélodrame avec tous ces protagonistes qui pleurent en se tombant dans les bras les uns des autres.

Des histoires de fratrie, on en connait d’autres dans la Bible et certaines ne finissent pas aussi bien, à commencer par les deux premiers frères de l’humanité Cain et Abel.

 

L’histoire de Joseph et de ses frères aurait pu très mal finir, et surtout finir très tot : lorsque Joseph a été jeté dans le citerne, c’était pour qu’il y meure ! L’histoire en a décidé autrement et se termine par un happy end : Joseph retrouve ses frères, leur pardonne, il retrouve surtout Benjamin, ce petit frère aimé, fils de Rachel, tout comme lui, et son père, Jacob.

Cette histoire nous parle de famille, de fraternité, de la fragilité des liens du sang, de la fragilité des liens entre les humains. C’est un équilibre fragile à maintenir.

Vous savez, les notions liées à la famille peuvent prendre différents sens selon les cultures : dans notre culture, le lien filial est celui qui prédomine. On fait la distinction entre les frères de sang et les demi-frères. Voyez dans l’histoire de Joseph, tous ces hommes sont frères et non demi frères bien qu’ayant des mères différentes.

 

Vous vous souvenez certainement de l’affaire de l’arche de Zoé, le procès a eu lieu ces dernières semaines. A cette occasion, l’occident à découvert qu’en Afrique, au Tchad, en l’occurrence, un enfant peut ne plus avoir ni père, ni mère, il n’en est pas pour le moins orphelin : la famille ne se réduit pas au petit noyau de quelques personnes comme souvent c’est le cas dans notre société. La famille s’étend à la communauté qui a souci de ses enfants.

 

Dans l’Ancien Testament, les membres du peuple d’Israël sont également considérés comme des frères. C’est d’ailleurs ce qui est dit dans le chant que nous avons repris plusieurs fois au début de ce culte : Ah qu’il est doux pour des frères : le psaume 133. Le peuple d’Israël est comme une famille, d’ailleurs, on parle de maison d’Israël et dans une maison, c’est une seule et même famille qui habite, faisant des israélites des frères et des sœurs.

 

La fraternité de l’Ancien Testament ne se résume pas à un simple lien entre humains, elle est assortie d’une notion de solidarité et de responsabilité mutuelle. Impossible donc pour un israélite de reprendre les mots de Caïn : « Suis-je le gardien de mon frère ? ». Impossible pour un israélite, mais également impossible pour un chrétien de ne pas se soucier de son frère.

Rappelez-vous de la 1ère communauté chrétienne dans le livre des Actes : il s’y vivait une solidarité stricte et tout était mis en commun. Les chrétiens vivaient ensemble, mangeaient ensemble, priaient ensemble… même si, en pratique, nous savons qu’il y avait des conflits entre les chrétiens de différentes origines : ceux issus du judaïsme et les autres.

Dans la communauté chrétienne, tous sont appelés à être frères et sœurs, à vivre en tant que frères et sœurs et à s’aimer d’un amour fraternel comme rappelé dans la 1ère épitre de Jean : « Si quelqu’un dit : « J’aime Dieu », et qu’il déteste son frère, c’est un menteur, car celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, ne peut aimer Dieu, qu’il ne voit pas. 21Et nous avons de lui ce commandement : que celui qui aime Dieu aime aussi son frère. » (1 Jn 4, 20-21).

 

Il y avait la maison d’Israël, il y a dorénavant une nouvelle famille avec des frères et des sœurs en Christ. Nous sommes héritiers de ces 1ers chrétiens, mais quelle fraternité vivons-nous ?

Vous savez comme on nous rabâche les oreilles avec ce monde moderne individualiste comme si on ne pouvait pas en sortir, comme si beaucoup trouvaient un bénéfice à ce qu’on rester individualistes ou plus exactement à ce que l’on croit que ce monde est individualiste.  Car tout de même, il n’y a jamais eu autant d’associations d’aide, autant de bénévoles prêts à se mettre au service des autres ou encore de réseaux développant une solidarité non marchande. Et nous dans tout cela ? Nous et notre fraternité ? Et bien, cette fraternité, elle est vivante (j’en ai fait l’expérience durant ma période d’arrêt) et beaucoup d’autres en font l’expérience. Regardez également l’ampleur que prend notre entraide. Mais il faut garder en tête un point : la fraternité appelle la solidarité, pas la pitié ! Vivre en frères et sœurs, c’est vivre en relation d’égal à égal malgré les différences sociales, culturelles. D’ailleurs notre association ne s’appelle pas : « aide aux nécessiteux », mais « entraide » : même si selon les périodes nous sommes tantôt en état de recevoir, tantôt en position de donner…

 

Vous me direz : quel rapport avec ce que nous avons vécu ce matin ? Tout d’abord, vous dire que j’étais ravie de cette ouverture à l’universel. Vous avez vu comme la fraternité se met en place pour faire face à la fatalité. Samuel, Louise et tous les autres auraient pu baisser les bras et attendent que des « sauveurs blancs » viennent faire le travail… si, si c’est encore l’image que nous avons de la mission et de la relation avec l’Afrique ! Mais ils se sont relevés les manches pour agir, sortir de ce cercle infernal. Il nous faut changer notre regard d’occidentaux : les hommes, les femmes, les enfants dont nous avons entendu parler ce matin ne sont pas à considérer comme des pauvres petits africains qui ont besoin d’argent, mais ce sont des frères et des sœurs qui se sont levés pour rendre ce monde un peu meilleur.

Nous pouvons saluer l’initiative, nous pouvons prier pour eux, avec eux, nous pouvons aider matériellement et oui, tout a un prix… mais nous pouvons également remercier Dieu de nous faire vivre cette fraternité universelle, de nous faire vivre dans cette famille aux mille facettes, aux mille couleurs. Et nous pouvons vivre ce psaume : Qu’il est bon, qu’il est beau pour des frères d’habiter ensemble ! Amen

 

Commenter

 
 

Youssef ALLOUCHA |
Hassan al Banna |
école islamique |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Procuresdbate
| Greencoffee
| sac lancel