Pastourelle

une parole parmi tant d'autres, mais une parole quand même

 

Mon vieux Joseph – 22 décembre 2014 11 mars 2014

Classé dans : Prédications — pastourelle @ 16 h 53 min

Esaie 7, 10-17 ; Matthieu 1, 18-25

Ça y est, Noel approche à grands pas, nous avons allumé la 4ème bougie de la couronne ! Oui, la fête est pour dans 3 jours. Un autre indice nous met la puce à l’oreille : le monde qui s’agglutine dans les magasins pour faire les dernières emplettes, trouver le cadeau idéal. Encore un indice : les cases du calendrier de l’Avent sont presque toutes ouvertes. A la maison, le calendrier contenait les personnages de la crèche, il ne nous reste plus que Marie et bien évidemment le petit Jésus à découvrir !

 

Marie, c’est bien elle qui est traditionnellement mise à l’honneur le 4ème dimanche de l’Avent. Marie, qui a fait couler beaucoup d’encre… enfin, surtout sa grossesse mystérieuse ! Cette Marie, le protestantisme l’a un peu trop mise à l’écart, peut-être par peur de tomber dans de la mariolatrie. Pourtant, Marie joue un rôle important dans les Evangiles et il est dommage que par simple esprit de contradiction, nous l’ayons quelque peu évacuée de nos réflexions. Mais cette Marie, nous souhaitons la représenter simple, sans artifice, ancrée dans sa vie de jeune femme de son époque, se préparant à épouser Joseph, ne s’attendant pas à ce que sa vie soit bouleversée à ce point.

Je vous propose un texte, non pas une prière à Marie, je n’oserai pas ! Mais un texte qui interpelle Marie : qui était-elle, que faisait-elle ?

Que faisais-tu Marie lorsque Dieu entra chez toi ?

Quelle heure était-il et comment était le ciel ce jour-là ?

Etais-tu là, les mains jointes et le cœur en attente ?

Ou bien tout près de l’âtre où cuit la nourriture ?

Avais-tu mis le grand tablier de toile grise ?

Ou cet habit de fête tout chamarré de joie ?

Quelque chose au fond de toi t’avait-il avertie

que des pas de lumière marchaient vers ta maison ?

Ou bien ce grand printemps qui disait Dieu,

Cette annonce de vie sont-ils venus chez toi en un jour ordinaire ?

J’ose espérer, Marie,

Que c’est en un jour comme les autres que tu fus visitée.

J’ose espérer que tu faisais des choses simples en cet instant.

J’aimerais penser que tes mains pétrissaient la pâte

et que tu avais un peu de froment répandu sur ta robe.

J’aime à penser que l’ange, en arrivant, interrompit ta besogne

et que, bien vite, tu essuyas tes doigts

au coin du tablier et te remis en ordre pour l’écouter.

Je te voudrais, certes, toute remplie du grand Dieu d’Israël

mais touchée aussi de l’amour de Joseph

et volant vers lui dans tes pensées.

J’aimerais que l’ange soit entré là où la vie se déroule

et que ce soit cela ton émerveillement

et le trouble aussi d’être celle que Dieu a choisie.

J’aimerai cela, Marie

Car alors je saurais, comme on sait dans la foi,

que la terre entière

peut toujours s’éveiller au bruit

que ferait l’ange entrant dans la maison.

Sœur Myriam ;    Communauté des Diaconesses de Reuilly

 

Comme sœur Myriam, j’aime à penser que Marie était une jeune femme comme les autres et qu’elle ne s’attendait nullement à cette aventure.

 

Mais si nous revenons au texte d’Evangile proposé pour ce jour, on peut se rendre compte que finalement, ce n’est pas Marie qui est au centre de l’intrigue, mais Joseph !

Dans l’Evangile de Matthieu, il n’y a pas d’annonce faite à Marie, mais il y a celle faite à Joseph. Ah, elle n’est pas aussi belle, aussi poétique que l’annonciation à Marie, d’ailleurs, seules quelques œuvres d’art la représentent, mais elle prend toute sa signification à quelques jours de Noel.

 

Joseph est au cœur de ce récit car il est le lien indispensable dans la généalogie de Jésus. Vous le savez certainement, l’Evangile de Matthieu débute par cette généalogie qui enchaine les « untel engendra untel » : « Abraham engendra Isaac, Isaac engendra Jacob, Jacob engendra Juda et ses frères… ».

Mais lorsqu’on arrive à Joseph, le rythme se perd : « Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle est né Jésus que l’on appelle Christ ».

Pourquoi est-il si important que Joseph accepte cet enfant ? Et bien tout simplement pour inscrire Jésus dans la lignée de David car Joseph est un de ses descendants et vous vous souvenez sans doute de cette prophétie d’Esaie : « Alors, un rameau sortira du tronc de Jessé, un rejeton de ses racines sera fécond. Le souffle du Seigneur reposera sur lui : souffle de sagesse et d’intelligence, souffle de conseil et de vaillance, souffle de connaissance et de crainte du Seigneur » (Es 11, 1-2).

 

Mais l’enfant qui serait né tout naturellement de l’union de Joseph et de Marie aurait été assurément le descendant de David… pourquoi une intervention de l’Esprit a-t-elle été nécessaire ? Tout simplement parce que cet enfant n’est pas comme les autres, et sa conception ne peut donc pas être comme les autres !

Donc pour Marie et Joseph, les choses ne vont pas se passer comme dans leur projet : Marie est enceinte et Joseph sait pertinemment qu’il ne peut être le père. Alors, en homme juste, c’est-à-dire respectant la loi, il souhaite répudier Marie, mais comme il est aussi un homme bon, il ne veut pas que cela s’ébruite et que Marie soit alors jetée en pâture aux habitants de Bethléem. Ses intentions sont légitimes et humaines.

 

Pourtant, il faut que Joseph reconnaisse cet enfant pour que la prophétie s’accomplisse. Alors, le Seigneur va dépêcher un ange pour calmer Joseph. Il est nécessaire que Joseph donne un nom à cet enfant car pour le judaïsme, c’est le seul moyen de faire filiation : en effet, si il est facile de dire qui est la mère d’un enfant, il est plus difficile de dire qui est le père et on ne peut se fier à la parole de la femme qui pourrait mentir pour ne pas être accusée d’adultère. C’est donc le Père qui a le dernier mot : « si un homme dit : c’est mon fils, il faut le croire ! ». C’est ainsi que Joseph est devenu le père de Jésus devant la loi et les institutions religieuses.

 

Quelle histoire !! Oui, Noël, c’est une histoire de famille, ah, c’est sûr, une famille pas comme les autres… Car le tableau initial n’est pas des plus réjouissants : une jeune femme qui, bien que promise, se retrouve enceinte sans être mariée… aujourd’hui, on l’appellerait fille-mère, avec tout le mépris qui peut aller avec cette appellation ; un homme, a priori pas si jeune que cela, qui a la désagréable impression d’avoir été trompé par sa promise… Oui, on peut dire que ça partait assez mal !

Mais le dénouement divin a lieu et la fille-mère devient mère du Seigneur et le mari soi-disant trompé devient tuteur et éducateur du Fils de Dieu. Belle histoire !

Malheureusement, nombreux sont ceux qui salissent cette histoire : impossible que Marie ait été vierge… opération du saint esprit : mon œil ! Alors pas étonnant que de nombreux romans soient édités, racontant soit l’histoire d’amour entre Marie et un centurion romain, ou alors spéculant sur le fait que Marie et Joseph aient fauté avant le mariage, sans vouloir l’avouer.

 

Mais pourquoi vouloir absolument mettre à mal cette histoire ? D’autant plus que ceux qui crachent leur venin sur la naissance du Christ sont souvent les 1ers à jeter leurs enfants aux mains du Père Noël, personnage d’ailleurs plébiscité par une grande marque de soda : dites-moi où est la magie ?

Alors, il faudra vraiment qu’on m’explique car il y a quelque chose que je ne comprends pas : pourquoi refuser et nier à tout prix que Jésus soit né de façon peu commune, qu’il soit le Fils de Dieu et d’un autre côté faire des courbettes au Père Noël, symbole d’un capitalisme outrancier et qui, pour le coup, est un personnage fabriqué de toute pièce !

 

Donc, les parents préfèrent raconter de gros mensonges à leurs enfants plutôt que de leur raconter l’histoire d’une naissance, l’histoire d’un présent divin.

Mais certainement font-ils ce choix car le fait que Dieu ait pu se manifester aux hommes à travers un enfant, que Dieu ait donné son fils unique par amour, les dépasse. Et puis il y a un autre souci : avec le Père Noël, pas besoin d’entretenir le mystère trop longtemps, vers 6-7 ans, on est tranquille, les enfants n’y croient plus ! Mais Dieu, on ne s’en débarrasse pas comme ça ! Une fois qu’on lui a ouvert notre cœur, on en prend pour perpète et on sait qu’il est de plus en plus difficile pour des parents de répondre aux questions de leurs enfants à ce sujet. Donc, autant évacué ce souci dès le 1er âge et se focaliser sur le gros bonhomme !

 

Mais pourquoi être gêné par cette divine naissance, pourquoi vouloir absolument la dénigrer, la nier, la salir ? Je pense que c’est une peur viscérale de l’inconnu, de ce qu’on ne peut maitriser, de ce qu’on ne peut dominer. Car la foi c’est avant tout un lâcher prise : remettre toute sa vie entre les mains de Dieu c’est laisser une part de nous ne plus avoir la maitrise, la main-mise sur nos vies. C’est audacieux, ça peut paraitre risqué, mais d’aucun accuseront notre manque de courage, notre naïveté, notre folie, notre puérilité… Et nous ne pouvons que regretter le fait qu’ils n’aient pas fait l’expérience de Dieu dans leur vie.

 

Alors oui, Noël est une période un peu étrange pour nous chrétiens : nous sommes dans la joie de cette bonne nouvelle : il nous est né un sauveur, le Christ, le Seigneur ! Et pourtant, nous sommes comme assis entre 2 chaises, entre ce que notre foi, notre tradition chrétienne nous incitent à croire, à vivre, à partager, et ce que notre société nous impose et pour lequel, il faut l’avouer, nous prenons également plaisir ! Mais nous avons parfois l’impression de devoir nous excuser de parler de la naissance du Christ… c’est un comble. Car sans cette naissance, pas de fête de Noel.

 

Mais il faut croire que dans ce monde déchristianisé, nous avons tous besoin de nous raccrocher à une tradition quelle qu’elle soit. Comment entrer dans la joie de Noel en tant que naissance de Jésus si personne ne nous éclaire que elle… à nous de faire l’effort de partager nos convictions à l’approche de Noel… Mais ce n’est pas toujours facile de parler religion, croyance avec sa propre famille, ses amis proches…

Il y a quelques semaines, je vous donnais une mission : faire découvrir à vos proches, amis, voisins, famille ce que Noel est pour vous… Je ne sais pas si vous avez essayé de remplir cette mission… Mais aujourd’hui je vais vous donner un conseil pour vous faciliter la tâche. Comme disait l’autre : la vie, c’est plus marrant, c’est moins désespérant en chantant… Et oui, au lieu de longs discours, d’interminables disputes, pourquoi ne pas chanter avec ses enfants, ses petits-enfants. Et comme l’ont dit chacun à leur époque Saint Augustin et Luther : « Chanter, c’est prier 2 fois », alors, n’hésitons plus !

Amen.

 

 

Commenter

 
 

Youssef ALLOUCHA |
Hassan al Banna |
école islamique |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Procuresdbate
| Greencoffee
| sac lancel