Pastourelle

une parole parmi tant d'autres, mais une parole quand même

 

Il est vraiment ressuscité… ce Lazare! 30 avril 2014

Classé dans : Prédications — pastourelle @ 11 h 20 min

Jean 11, 1-45

J’ai une grande nouvelle à vous annoncer : Marthe et Marie sont capables de se mettre d’accord !! Ca, c’est une bonne nouvelle. La moins bonne étant qu’il s’agit du décès de leur frère et la mauvaise nouvelle étant que c’est pour faire un reproche à Jésus : « si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. »… Etonnant que les disciples ne se soient pas mis au travers de la route de ces 2 femmes pour leur bloquer le passage et pour les empêcher de parler ainsi à leur maitre.

Mais au vue de la situation, ils n’ont pas osé. Peut-être étaient-ils eux-mêmes peinés par la mort de Lazare. Car même Jésus que l’on voit souvent distant, qui n’exprime pas ses sentiments est troublé jusqu’à en pleurer pourtant, il connait la suite, il sait ce qu’il va se passer, mais la tristesse de Marthe et Marie, celle des juifs qui les entourent le bouleverse. Toujours est-il que les disciples vont discrètement disparaitre de la scène : l’histoire, le miracle peuvent se dérouler sans eux.

 

Que nous dit ce texte, quelle est sa visée ? Tout d’abord, il entre en résonnance avec le texte proposé dimanche dernier, celui de l’aveugle de naissance. Rappelez-vous les paroles de Jésus : « s’il est aveugle, c’est pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui » et entendez cette phrase dans la péricope d’aujourd’hui : « cette maladie ne mène pas à la mort ; elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle, le Fils de Dieu soit glorifié ».

L’histoire se répète : le malheur, le handicap, la souffrance existent pour que la gloire de Dieu soit manifestée. Honnêtement, je ne me vois pas annoncer à une personne souffrant dans sa chair qu’elle devrait se réjouir au lieu de se plaindre car Dieu l’a choisie pour manifester ses œuvres, sa grandeur… D’un autre côté, je ne suis pas Jésus !

Lazare est malade, gravement malade et pourtant Jésus ne se met pas en route tout de suite. Il savait que la situation était dramatique, mais il a attendu encore 2 jours pour aller à la rencontre de Marthe et de Marie… comme si son souhait était que Lazare soit bel et bien mort à son arrivée, qu’il soit mort et enseveli pour que les œuvres du Seigneur se manifestent de façon extraordinaire.

 

Le handicap, la mort, la maladie comme source de gloire… vous savez comme Jésus sait avoir des mots provocateurs : ils sont provocateurs pour nous aujourd’hui mais ils l’étaient encore plus pour ses contemporains. Mais ses mots ont un sens, ils ne sont pas jetés en l’air pour faire impression. D’autant plus que cette fois-ci, il a un lien fort avec les protagonistes de l’histoire, il ne se permettrait pas de leur faire des effets d’annonce. Non, il provoque dans la parole, mais il agit. Il ne va pas laisser Lazare dans cette situation, ni ses sœurs dans la tristesse. D’ailleurs Marthe et Marie ont toute confiance en lui. Voici les mots de Marthe, des mots plein de confiance et d’espérance : « Je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te le donnera.» Jésus ne la démentira pas : « Ton frère se relèvera »

Mais c’est un discours de sourds puisque Marthe parle de la résurrection des morts au dernier jour et Jésus sait que cette résurrection sera toute autre. D’ailleurs, ce terme de résurrection est peut-être mal choisi car certes, c’est un passage par la mort suivi d’une sortie de cette condition, mais ce n’est pas la même portée que la résurrection du Christ, la résurrection des morts annoncée dans l’Evangile : Lazare va pouvoir revivre, continuer sa vie auprès de ses sœurs, de ses amis… comme si de rien n’était, même si j’imagine, une telle expérience change la vie.

 

Vous avez déjà du sourire en entendant des enfants parler de résurrection. Bien souvent ce n’est pas ce mot qui leur vient à la bouche : car si Jésus est ressuscité, il s’agit alors de ressuscitation… Logique, non ?

Et bien, c’est ce mot que certains théologiens utilisent pour parler du retour à la vie de Lazare afin de le distinguer de la résurrection du Christ.

Mais finalement, qu’importe le terme employé. On comprend que ce texte, ce miracle, préfigure la mort et la résurrection de Jésus lui-même. D’autant plus que c’est ce miracle qui va mettre le feu aux poudres. Car si la péricope proposée à notre lecture aujourd’hui se termine sur une note positive : « Beaucoup de Juifs qui étaient venus chez Marie, ayant vu ce qu’il avait fait, mirent leur foi en lui. » ; la suite est moins joyeuse : « Mais quelques-uns d’entre eux s’en allèrent trouver les pharisiens pour leur dire ce que Jésus avait fait.

47Alors les grands prêtres et les pharisiens rassemblèrent le sanhédrin et dirent : Qu’allons-nous faire ? Car cet homme produit beaucoup de signes. 48Si nous le laissons faire, tous mettront leur foi en lui, et les Romains viendront détruire et notre lieu et notre nation. 49Mais l’un d’eux, Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là, leur dit : Vous, vous ne savez rien ; 50vous ne vous rendez pas compte qu’il est avantageux pour vous qu’un seul homme meure pour le peuple et que la nation ne soit pas perdue tout entière. 51Or il ne dit pas cela de lui-même ; mais, comme il était grand prêtre cette année-là, il annonça, en prophète, que Jésus allait mourir pour la nation52— et non pas seulement pour la nation, mais aussi pour rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés. 53Dès ce jour-là, ils décidèrent de le tuer. »

Oui, c’est en redonnant la vie à son ami Lazare que Jésus signe son arrêt de mort… mais nous pourrions à notre tour dire à Jésus : « ce qui va se passer, cette mort qui va arriver sera pour la gloire de Dieu » !

 

Cet épisode ouvre de grands possibles pour les contemporains de Jésus : un espoir, une espérance par laquelle nous vivons aujourd’hui encore : la mort n’est pas la fin, la mort peut être dépassée ; elle peut être dépassée aujourd’hui comme avec Lazare et elle peut être dépassée demain avec la résurrection des morts au dernier jour. La mort ne doit plus faire peur. Et pourtant, 2000 ans après cette expérience, la résurrection du Christ, la mort nous fait toujours peur. Certainement parce que le passage par la mort amène un inconnu et l’inconnu fait toujours peur. Et comme tout ce qui fait peur, on a tendance à le repousser. Donc on repousse la mort, comme on dit : on ne veut pas la regarder en face.

Et puis la mort, on préfère ne pas en parler, on ne sait jamais, ça pourrait porter malheur. D’ailleurs, on ne parle pas de sa propre mort, je ne veux pas ici vous demander d’imaginer votre mort… Mais d’en discuter pour préparer, pour apaiser.

Si vous saviez comme les gens sont anéantis lorsque nous les recevons pour préparer un enterrement… Vous me direz que c’est bien normal d’être anéanti lorsqu’on perd un être cher, mais je pense et je sais par expérience en discutant avec ces personnes que la tristesse est moindre lorsqu’elles savent que la personne n’avait pas peur de la mort, lorsqu’elles savent qu’elle ne voyait pas la mort comme une fin mais comme un passage car cela leur donne une espérance, lorsqu’elles connaissent les cantiques, les textes bibliques appréciés.

 

Non, parler de la mort n’est pas morbide ! Avoir conscience que la mort est inéluctable et l’accepter comme partie intégrante de la vie, c’est au contraire tendre à une vie plus sereine, tranquillisée. Je comprends que pour une personne totalement athée pour qui la mort est la fin absolue la vie puisse parfois être angoissante, mais pour nous, chrétiens, qui avons le témoignage de la résurrection de Jésus, l’espérance de notre résurrection, nous chrétiens à qui Jésus a dit : « Que votre cœur ne se trouble pas. Mettez votre foi en Dieu, mettez aussi votre foi en moi. 2Il y a beaucoup de demeures dans la maison de mon Père. Sinon, vous aurais-je dit que je vais vous préparer une place ? 3Si donc je m’en vais vous préparer une place, je reviens vous prendre auprès de moi, pour que là où, moi, je suis, vous soyez, vous aussi. 4Et là où, moi, je vais, vous en savez le chemin. » … pourquoi avons-nous peur de la mort ?

 

Peut-être parce que nous ne la maitrisons pas et c’est bien une des seules choses sur lesquelles nous n’avons aucun pouvoir. Nous n’avons pas cette maitrise, mais nous avons la confiance, non pas une confiance bête et aveugle, mais une confiance chevillée au corps, au cœur de cet amour de Dieu pour ses enfants, un amour qui fait exploser les barrières que la mort avait dressées. Un amour qui nous veut du bien. Nous parlons beaucoup de bénédiction en ce moment, bénir, c’est dire du bien et bien Dieu nous béni, il est source de bénédiction, source de tout bien, source d’amour et il ne veut pas que nous nous angoissions pour cette question qu’est la mort. Alors, laissons de côté nos peurs et vivons de cet amour ! Amen

 

 

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