Pastourelle

une parole parmi tant d'autres, mais une parole quand même

 

Pâques – 20 avril 2014 – prédication bilingue 30 avril 2014

Classé dans : Prédications — pastourelle @ 11 h 24 min

Jean 20, 1-8

Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité. Cette acclamation que nous la proclamons tous les ans à Pâques est une affirmation, une confession de foi, mais elle exprime aussi un énorme étonnement : Christ est ressuscité – vous n’y croyez pas, moi non plus et pourtant… c’est vrai : il est ressuscité. Le fait de se le répéter les uns aux autres tend à nous convaincre de la réalité de cet événement totalement improbable, complètement fou même !

Je pense que depuis 2000 ans, les chrétiens se répètent ces quelques mots avec le même étonnement et bien évidemment avec la même joie. Nous pourrions être blasés au bout de toutes ces années, mais non, cette fête de Pâques est toujours porteuse de joie et d’espérance.

Mais imaginez la surprise, la réaction des 1ers disciples pour qui cette résurrection était certainement inenvisageable, même si Jésus les avait prévenu… mais vous savez comme les disciples étaient lents à comprendre et devant la croix, comment croire, comment espérer ??!

Les disciples ont vu leur maitre arrêté, puis ils ont suivi l’histoire de loin car, mis à part le disciple bien aimé, au pied de la croix, il n’y a plus personne ! Sauf les femmes. C’est d’ailleurs l’une d’elles, Marie-Madeleine qui est à l’action au matin de Pâques. Et pour elle, c’est la stupeur, car en plus de la douleur du deuil elle se retrouve confronter à ce qui, à première vue, ressemble à de la profanation : la pierre est roulée, elle ne voit que cela, mais déjà extrapole : si la pierre est roulée, c’est qu’on a enlevé le corps de son maitre. Peut-être est-ce un coup des grands prêtres pour éviter que les disciples de Jésus aient un lieu pour se recueillir. Les juifs quant à eux seront persuadés que les disciples étaient les responsables de la disparition du corps de Jésus afin de crier au miracle, afin de crier à la résurrection… Crainte explicitement exprimée dans l’Evangile de Matthieu lorsque les pharisiens demandent à Pilate de placer des gardes devant le tombeau « afin que ses disciples ne viennent pas dérober le corps et dire au peuple : il s’est réveillé d’entre les morts ! »

 

Marie-Madeleine voit la pierre et prend peur. Elle préfère en rendre compte aux disciples, en l’occurrence à Simon Pierre et au disciple que Jésus aimait. Et ils la prennent au sérieux à la différence du comportement des disciples dans l’Evangile de Luc : lorsque les femmes racontent aux disciples leur rencontre avec Jésus, ces derniers prennent cela pour une niaiserie et ils ne les croient pas. Pierre et l’autre disciple se précipitent alors au tombeau.

C’est étonnant comme Jean nous relate cette course avec ces 2 hommes qui partent en même temps, mais l’un prend l’avantage dans cette course effrénée vers la vérité pour s’arrêter à l’entrée du tombeau, le second prenant le relais pour y entrer.

Tous deux se retrouvent dans un tombeau vide, à l’exception de bandelettes et d’un linge : les seuls signes de la présence récente d’un mort dans ce tombeau.

Et pourtant, c’est ce vide, ce rien flagrant qui va amener le disciple bien aimé à croire : il voit et il croit. Pour lui, il ne s’agit pas d’un enlèvement, mais bien d’un miracle. En fait, le tombeau n’est pas vide : il y a ces bandelettes et ce linge roulé qui deviennent comme des mots pour les disciples, comme un témoignage qui annonce la résurrection.

 

Un tombeau vide, des bandelettes, un linge… Dieu aurait pu annoncer la résurrection à grand renfort de feu d’artifices et autres annonces scandées par des myriades d’anges… mais non, il le fait dans la discrétion d’un tombeau vide rempli de silence. Mais nous ne devrions pas être étonné de cette simplicité : Dieu est dans ce qu’il y a de plus petit, dans la brise légère qui effleure Elie, il est auprès des plus faibles. Il n’a pas besoin d’artifices, d’accessoires ou de grands cris. Il veut simplement que nous lui fassions confiance et que nous placions notre espérance en lui. Et aujourd’hui, nous pouvons encore nous réjouir et proclamer avec les premiers chrétiens, avec les chrétiens de tous les temps : Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité ! Amen.

John 20, 1-8

Christ is risen, he is risen indeed.  This acclamation, now a well-established tradition on Easter Sundays, does sound like a statement, a confession of faith, but it also expresses our bewilderment: Christ is risen – you just can’t believe it, neither can I – and yet …it is true: he is risen from the dead. This telling and answering process somehow helps us persuade ourselves that this most unlikely fact – call it sheer madness if you like – actually happened. I believe that, over the last 2000 years, Christians have repeated these very words in both amazement and joy. Of course, one may well expect them to be rather blasé on the subject. But, incredibly, Easter keeps providing us all with plenty of joy and hope.

Can you imagine the surprise, the reaction of the disciples for whom such a resurrection was at first sheer fiction, although Jesus himself had actually forewarned them about it? But of course we all know how slow the disciples were at understanding things. No wonder that faced with the cross, they were at complete loss as to what believing and hoping now meant. The disciples had seen their Master arrested, so all they could do was follow the story from a distance. Except for the beloved disciple who stood at the foot of the cross, no one else was to be seen from that stage.

Women were there however, and one of them, Mary of Magdala, took an active part in what happened on Easter Sunday. On top of the sorrow and painful mourning, she happens to be confronted with what appears to be profanation: what she finds is that the stone that used to close the tomb has been rolled aside, the implication being that her Master’s body must have been removed. What if the high priests had staged the whole thing in order to prevent the disciples from meeting to pray at the tomb? As far as the Jews were concerned, they were obviously convinced that the disciples themselves were responsible for the disappearance of the body – so that they may claim everywhere that there had been a miracle, a resurrection…A fear which is clearly expressed in the Gospel according to Matthew, when the Pharisees ask Pilate to set a watch near the tomb “so that the disciples will not be able to remove the body and tell people that he is risen from the dead”!

Mary of Magdala is scared stiff when she realizes the stone has been moved back. She chooses to report to the disciples, more precisely to Simon Peter and to the disciple whom Jesus loved. And they take her seriously, unlike the disciples according to Luke who, when the women tell them what they have seen, listen to them in total disbelief, and regard the whole thing as nonsense.

Peter and the other disciple then rush to the tomb. The way John tells us about this race to the tomb is rather strange: two men starting together on a desperate search for the truth,  one of them taking the lead and the other one outrunning him and reaching the tomb before him, only to let his friend walk in first.

The two men eventually find themselves standing in a tomb that is empty, except for some linen clothes: the only signs that a dead man has just been there. Strangely enough, this very vacuum, this blatant nothing, will allow the beloved disciple to believe: he sees, and he believes. For him this is no kidnapping: just a miracle. In fact, the rolled up linen clothes have come to sound like words to the two disciples, a testimony announcing the Resurrection.

 

An empty grave, a few linen clothes… The Lord might well have used fireworks and myriads of angels singing away… but he didn’t. He chooses the privacy of an empty tomb filled with silence. But such simplicity was to be expected: God is to be found in the smallest of things, in the light breeze fluttering around Elijah. God stands by the weakest. He doesn’t care for subtlety, for superfluity, for ranting. He simply wants us to trust him and put our hope in him.

Today, we can once again rejoice and proclaim with the first Christians as well as the Christians of all times: Christ is risen, he is risen indeed! Amen.

 

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