Pastourelle

une parole parmi tant d'autres, mais une parole quand même

 

Un vrai miracle! – 30 mars 2014 30 avril 2014

Classé dans : Prédications — pastourelle @ 11 h 16 min

Jean 9, 1-12

Vous savez comme parfois nous sommes marqués par certains faits divers. Je me souviens, il y a quelques années d’un fait divers qui tournait en boucle aux informations : un petit garçon était tombé du 7ème étage d’un immeuble parisien, il avait rebondi sur le store d’un bar avant d’être rattrapé au vol par un passant : un véritable miracle, car le bar était fermé, et le store aurait dû être replié, mais la manivelle s’était bloquée le jour même et puis cet homme, ce passant : il aurait pu passer une minute avant ou après, mais non, il était là à la seconde cruciale.

Les mots des témoins et des journalistes étaient sans équivoque : l’enfant était un vrai miraculé, un vrai miracle, un évènement miraculeux !

Il y a un mois, j’ai eu un accident de voiture, sans conséquence pour moi, un peu plus pour la voiture et les gendarmes m’ont dit qu’à cet endroit là, c’était un véritable miracle de m’en sortir s’en rien… Je ne leur ai pas dit le contraire !

Un langage pour le moins religieux, ou même, pour aller plus loin, sacré, qui vient rapidement à la bouche. Mais toutes ces personnes connaissent-elles la portée, l’importance de ce terme… Miracle : ce n’est pas anodin tout de même. D’autres auraient pu dire : coup de chance, le hasard a bien fait les choses, ou encore : c’était le destin !

 

Voici une définition du terme miracle : ‘fait extraordinaire, positif, non explicable scientifiquement. Il est attribué à une puissance divine’. Autrement dit, parler de miracle, c’est faire un pas vers une confession de foi.

Et pourtant, ces petites histoires laissent transparaitre une certaine réalité : Dieu est présent dans notre monde et ses œuvres et actions peuvent être visibles à l’œil nu. Et pourtant : on voit, mais on ne croit pas !

Par peur, par crainte d’affronter l’inconnu. Cette force qu’on ne peut maitriser, qu’on ne peut toucher, qu’on ne peut comprendre effraie grand nombre de nos concitoyens… et même nous, souvent, nous passons à côté de ces signes, préférant, peut-être par facilité, nous focaliser sur les drames qui n’ont pas été évités plutôt que sur ceux qui n’ont pas eu lieu.

Comme dernièrement cet avion qui s’est a priori abimé en mer, oui, c’est un drame et nous accusons Dieu de ne pas avoir fait en sorte que cet accident soit évité, de ne pas avoir fait usage de sa toute puissance pour sauver ces hommes et ces femmes. Mais ça ne nous vient pas à l’esprit de remercier Dieu pour tous ces avions qui effectuent leurs trajets sans encombre.

 

Alors, il y a ces histoires qui deviennent miracles pour les témoins et puis, il y a ces histoires quasi identiques : un accident de voiture, un enfant qui tombe d’un balcon qui se terminent en drame avec des blessés graves au mieux, des morts au pire : quelle différence entre ces personnes qui s’en sortent et celles qui subissent dans leur chair les conséquences d’un accident.

Dans une tradition radicale, on pourrait dire que les uns étaient irréprochables et les autres avaient certainement péchés et ont donc tout naturellement été punis. J’avoue qu’à mes oreilles, cette explication est purement inacceptable et intolérable. Car dans ce cas, on peut expliquer, même l’inexplicable ! Suis-je à ce point irréprochable pour ne pas avoir eu un seul bleu lors de mon accident… je ne le pense pas, d’ailleurs, cette réflexion ne m’est même pas venue à l’esprit ! Mais cette tradition d’interprétation peut entrainer à des extrêmes, que l’on pense d’un autre temps et qui pourtant nourrissent certains milieux : si les juifs ont été massacrés durant la 2nde guerre mondiale, c’est certainement qu’ils avaient péché envers Dieu, au final, ils n’ont eu que ce qu’ils méritaient ! Peut-on vraiment avoir ce genre de réflexion : non !

 

Pourtant, à l’époque de Jésus, il était normal de trouver une cause rationnelle à l’infirmité ou à tout malheur. Comme avec cet aveugle-né. L’interrogation des habitants étaient tout à fait légitime pour leur temps : ‘Rabbi, qui a péché, pour qu’il soit né aveugle : lui ou ses parents ?’. Car forcément, il y en a un qui a fauté… ce ne peut être la faute à pas de chance.

Mais comme à son habitude, Jésus répond de façon inattendue : ‘Ni lui, ni ses parents’ ! Il va même plus loin dans la provocation puisqu’il annonce que si cet homme est aveugle, c’est en résumé, pour les besoins de Dieu !! Et oui, cet homme est handicapé pour que Dieu puisse montrer sa puissance. Je ne sais pas de quelle façon il faut prendre la chose…

 

Mais ce qui est sûr, c’est que Jésus, avec ses paroles dévoile une nouvelle compréhension de la souffrance, dont le sens sera totalement révélé à Pâques : il ne faut pas prendre la souffrance comme une malédiction, mais comme une source de bénédiction. Ah, c’est sûr qu’il est facile d’affirmer cela lorsque tout va bien, que la santé et la forme sont au rendez-vous, même si les souffrances actuelles peuvent prendre plusieurs visages : morales, psychologiques, sociales, matérielles…

Pourtant, il existe des témoignages de personnes plongées au fin fond de la souffrance. Des personnes que l’on pourrait plaindre, mais qui nous donnent de grandes leçons de vie, de courage et de foi !

De tels témoignages nous en entendons parfois, des témoignages optimistes de personnes qui sont heureuses malgré le handicap ou la souffrance. Alors qu’elles pourraient être haineuses contre la vie, contre Dieu mais ont une foi qui déplace les montagnes. Et je voulais vous laisser cette petite phrase, assez humoristique, de Thérèse d’Avila : ‘Vous dites : Je n’ai pas mérité cela, je suis innocent. Et Jésus vous répond : Et moi !’. Ou encore cette petite phrase entendue lors d’un synode : un collègue nous parlait d’un ami qui venait de perdre sa fille et qui avait fait une longue route partant du « pourquoi elle, pourquoi nous » au « et pourquoi pas elle, pourquoi cela ne devrait arriver qu’aux autres ! »

Car c’est par ce biais que la souffrance peut être acceptée car le Christ a lui aussi souffert et c’est pour nous qu’il a souffert. Pourtant, notre théologie protestante n’a pas mis en son centre la souffrance, ni même l’aspect sacrificiel, même si il est bien présent. Une preuve visuelle : sur nos croix, on ne trouve pas de Christ, à la différence des crucifix catholiques. Car pour nous le message principal de l’Evangile n’est pas le sacrifice, mais la résurrection et l’annonce de la vie éternelle.

 

Mais dans le présent, dans la réalité de la souffrance, et je le répète, la souffrance n’est pas que physique, cette souffrance qui demeure parfois un grand mystère, il ne sert à rien de chercher des causes hypothétiques, mais il est nécessaire de se laisser aller à la prière, de se remettre entre les mains de notre Seigneur, de lui demander de l’aide.

Et justement, je souhaiterais terminer en vous laissant cette prière de l’Abbé Gaston Courtois, qui est entre autres, à l’origine des Ecoles d’assistances catholiques de l’enfance :

‘Seigneur Jésus,

Toi qui connais par expérience ce que sait que souffrir, aie pitié des cœurs meurtris et des corps douloureux, Sois toi-même notre paix et notre réconfort.

Fais-nous découvrir le trésor caché de la souffrance chrétienne.

Que la pensée de ce que Tu as souffert pour nous, transfigure nos peines, nous aide à mieux les supporter et à les faire servir au salut du monde.

Dans un acte de charité s’étendant à toute la terre, nous t’offrons les souffrances actuelles de l’humanité.

Daigne les unir aux tiennes et les transformer en grâces d’amour et de rédemption pour toutes les âmes.

Amen.

 

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