Pastourelle

une parole parmi tant d'autres, mais une parole quand même

 

Baptême – 6 juillet 2014 18 janvier 2015

Classé dans : Prédications — pastourelle @ 22 h 02 min

Psaume 23; 1 Corinthiens 12, 12-13; Jean 4, 5-14

Je voudrais commencer en remerciant Cédric et Florence pour leur choix de textes bibliques et en particulier le choix du Psaume 23. Il est vrai que dans nos célébrations, ce Psaume est cantonné aux obsèques et pourtant, c’est une ode à la vie et à la confiance que l’on peut avoir en Dieu. « Oui, le bonheur et la fidélité m’accompagneront tous les jours de ma vie » : n’est-ce pas un beau projet de vie à exposer un jour de baptême ? Et bien voilà, mon message pourrait s’arrêter là : Lily, tu es bien petite, mais tu pourras te réjouir tout au long de ta vie car Dieu est à tes côtés. Il l’était dès ta naissance et il le sera toujours, même si tu décides de lui tourner le dos, car ton nom est inscrit sur la paume de sa main et cela éternellement. Oui, je pourrais m’arrêter là, mais vous avez choisi d’autres textes bibliques qui ont toute leur importance.

Cédric et Florence, vous êtes issus de de 2 confessions religieuses différentes qui se sont longtemps querellées (et qui continuent encore un peu, ça met du piquant dans les relations) Et nous avons tous entendu, ou même énoncé cette phrase : « j’ai été baptisé catholique », « j’ai été baptisé protestant ». Et pourtant, vous l’avez entendu comme moi : « il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, 6un seul Dieu et Père de tous » et oui, un seul baptême : un baptême d’eau et d’esprit, mais un seul baptême : les choses paraissent simples, mais les humains aiment bien tout compliquer et semer un peu de discorde. Mais soyons clair : le baptême de Lily est un baptême chrétien, certes célébré dans un temple protestant, mais célébré au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, donc chrétien !

 

Pourquoi chercher la division lorsque l’unité parait si flagrante ? D’ailleurs, c’est bien cette unité que Paul nous encourage à garder : « Je vous encourage donc, moi, le prisonnier dans le Seigneur, à vous comporter d’une manière digne de l’appel que vous avez reçu, 2en toute humilité et douceur, avec patience. Supportez-vous les uns les autres, dans l’amour, 3en vous efforçant de conserver l’unité de l’Esprit par le lien de la paix. »

Aujourd’hui, on parle beaucoup d’unité dans ou par la diversité. Il n’est pas question d’uniformité… ce serait bien triste si nous étions tous pareils, si nous avions tous les mêmes avis. La diversité permet l’enrichissement mutuel, du moment que l’on est à l’écoute et qu’on se respecte. Et Jésus ne s’y est pas trompé avec cette femme samaritaine.

 

Ah, les samaritains, ces hérétiques que les juifs déconsidéraient. Il faut pour comprendre les raisons de cette profonde animosité faire un peu d’histoire car le conflit n’est pas récent : il date du 10ème siècle avant Jésus Christ lorsque le Royaume d’Israël est divisé en deux : le Royaume du nord, Israël avec comme capitale Samarie et le Royaume du sud, Juda, avec comme capitale Jérusalem. Une scission qui fait suite à une opposition farouche du nord à l’augmentation des taxes prévue par le roi… voyez, les choses n’ont pas beaucoup changé !

Au 8ème siècle, Samarie est envahie. Certains israélites sont déportés, d’autres restent sur le territoire. A partir de ce moment-là, la population se mélange à une population étrangère considérée comme impure par les juifs du sud. Les israélites restés sur leurs terres adoptent également certaines croyances de leurs envahisseurs. C’est ce qu’on appelle le syncrétisme. Et enfin, au 6ème siècle, toujours avant JC, les samaritains ne vont rien arranger à la situation en construisant un temple sur le Mont Garizim qui entre en totale concurrence avec le Temple de Jérusalem, haut lieu du judaïsme.

Au temps de Jésus, la haine est toujours forte entre les 2 communautés, les juifs considérant les samaritains comme des hérétiques, des schismatiques, voire même des païens : autant dire qu’une « merveilleuse ambiance » règne entre les 2 communautés autrefois sœurs.

 

Je vous rappelle que Jésus était juif et donc, pour lui, les samaritains étaient impurs et pourtant, il ne rechigne pas à traverser la Samarie, au risque de rencontrer des samaritains… il aurait très bien pu faire un détour ! La terre de Samarie en elle-même n’est pas impure, étant une partie de la terre sainte, elle ne pouvait être impure, mais les galiléens qui s’y hasardaient pouvaient s’attendre à être insultés… et impossible de demander à manger à un samaritain, on disait à l’époque : « un morceau de pain d’un samaritain est de la chair de porc », donc impropre à la consommation pour un juif. Mais Jésus, non seulement traverse la Samarie, mais demande à boire à une samaritaine… double tare : femme et samaritaine ! D’où l’étonnement de la femme : « Comment toi, qui es juif, peux-tu me demander à boire, à moi qui suis une Samaritaine ? ». Ce juif est étonnant… d’ailleurs, ses disciples sont tout aussi étonnants puisqu’ils sont allés chercher des vivres à la ville… des vivres samaritains !!

 

Jésus a soif… ou alors, était-ce un prétexte pour entrer en relation  avec cette samaritaine car le texte ne nous dit à aucun moment que Jésus boit pour étancher sa soif. Mais toujours est-il que la discussion va avoir lieu, une discussion étonnante car les 2 protagonistes ne sont pas dans le même registre. Alors que la samaritaine parle de l’eau qui désaltère pour un temps et qu’il faut régulièrement aller puiser, Jésus parle d’une eau symbolique : une eau qui ne se tarit jamais, une eau éternelle. Bien évidemment, il ne parle pas d’une eau à boire, mais d’une démarche de foi : Celui qui boira/ celui qui mettra sa confiance en moi/en Dieu, celui-là n’aura plus jamais soif/ n’aura plus jamais à craindre quoi que ce soit. Une eau éternelle pour une vie éternelle… bien évidemment, il ne s’agit pas de potion magique à base de botox et autre régénérateur cellulaire, mais bien de l’espérance d’une vie éternelle non pas ici, sur cette terre pour poursuivre éternellement cette vie, mais d’une vie promise dont on ne sait finalement pas grand-chose.

Mais cette espérance facilite cette vie sur terre et c’est ce que Jésus dit à la samaritaine : plutôt que de se faire du souci pour cette vie, celle après la mort, l’espérance, cette source jaillissante, nous soulage du poids de l’angoisse, de l’anxiété.

Annoncer cette espérance d’une vie allégée, c’est une bonne entrée en matière pour un programme de vie, d’autant plus lorsque cette espérance est renforcée par l’amour de Dieu pour nous, un amour inconditionnel pour nous, pour Lily pour un accompagnement de tous les jours : « Oui, le bonheur et la fidélité t’accompagneront tous les jours de ta vie »

Amen.

 

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Youssef ALLOUCHA |
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