Pastourelle

une parole parmi tant d'autres, mais une parole quand même

 

Chemin de Damas – 7 septembre 2014 18 janvier 2015

Classé dans : Prédications — pastourelle @ 22 h 16 min

Actes 9, 1-31

Aujourd’hui, j’ai décidé de m’appuyer sur le petit semainier 2017 qui nous mène doucement jusqu’au 11 octobre, jour de fête nationale dans notre Eglise pour le lancement de la dynamique 2017.

Pour cette semaine qui commence aujourd’hui, voici l’intitulé : « Qu’est-ce que Jésus change dans ma vie ? »

Bonne question ai-je envie de dire… Effectivement, qu’est qui fait que ma vie est différente, transformée ? Parfois, il est difficile d’expliquer à notre entourage ce qui nous rend différents en tant que chrétien, surtout que souvent nous ne nous sentons pas si différents que cela, en particulier si on agit dans des associations d’aides laïques.

Alors, quand on prend le récit de la conversion de Paul, on se dit que là, au moins, les choses sont claires : il y a un avant et un après chemin de Damas.

Paul, le méchant juif qui faisait du zèle pour exterminer le maximum de chrétiens devient un gentil chrétien pacifique qui proclame l’Evangile et annonce que le Règne de Dieu s’est approché. C’est caricatural mais pas tant que cela. Il y a un changement radical de la personne de Paul. D’ailleurs, pour marquer cette transformation, il y un changement de nom : Saul, le juif violent devient Paul, le chrétien habité par une mission de paix et d’amour.

 

Certes, Paul, après sa conversion, gardera quelques traits de caractère très clivants étant parfois brusque dans ses messages et ne laissant pas de place au débat, mais sa soif de violence s’est envolée.

 

Donc, pour Paul, c’est clair : Jésus a changé, transformé sa vie, on pourrait même inventer un néologisme : Jésus a tsunamisé sa vie ! Mais combien sont-ils dans nos Eglises à pouvoir parler pour leur propre vie d’un chemin de Damas ? Il y en a certains qui écrivent des ouvrages pour relater leur soudaine conversion. Certains parlent de révélation, de sorte d’illumination qui leur ont permis de changer radicalement de vie, de parcours.

Certains ont cheminé, passant d’une confession à l’autre, plus rarement d’une religion à une autre. Et puis, il y a ceux qui constituent certainement une majorité encore de nos Eglises dites traditionnelles, ceux qui ont suivi le mouvement depuis tout petits, ceux qui sont nés dedans et qui n’en sont pas sortis, des « protestants de souche » comme on dit, de souche plus ou moins imposante !

 

On pourrait même faire un petit sondage si vous le voulez bien pour voir si mes appréciations statistiques sont correctes… tout en sachant que dans les villes, il y a de plus en plus de nouveaux convertis (issus d’autre chose que du protestantisme), alors qu’il y a encore des fiefs où tous les paroissiens sont protestants depuis des générations.

è qui est issu du christianisme ? (baptisé)

è d’une autre religion ?

è du protestantisme ?

è qui a eu son chemin de Damas ? – qui peut marquer sa conversion dans le temps ?

 

Mais vous le savez très bien, on peut très bien être nés protestants et avoir vécu une révélation ou si vous préférez, une prise de conscience qui a d’un seul coup redonner de la force et du poids au message de l’Evangile dans nos vies.

Parfois, il y a comme un sentiment d’infériorité de la part des protestants de souche qui finalement ont toujours connu le temple le dimanche matin (ou le samedi après-midi !), l’école biblique, le catéchisme et qui ont continué leur petit bonhomme de chemin, qui sont devenus conseillers presbytéraux, mais pas obligatoirement, voire pasteurs.

Un sentiment d’infériorité car il n’y a pas eu dans leur vie de « révélation divine », de coup de foudre évangélique, d’expérience presque paranormale leur permettant de dater leur foi, de dire : là, ça a changé ma vie !

 

Pourtant, peut-on pour autant dire qu’il y a des fois plus fortes que d’autres, plus profondes. Vous savez, parfois au moment des obsèques, on entend dire : il ou elle avait une grande foi ! Mais comment peut-on juger de la foi d’un autre ? Qui sommes-nous surtout pour dire : untel a plus de foi que untel… La foi, ce n’est pas quantifiable, c’est surtout tellement invisible.

Je pense à mes grands-parents paternels, catholiques presque intégristes. A les voir aller à la messe tous les dimanches, faire leur prière tous les soirs, on aurait pu dire qu’ils avaient une grande foi, je crois surtout qu’ils avaient une très grande peur du jugement dernier comme encore certaines personnes de leur génération.

Le comportement ne dit pas la foi !

 

C’est tellement personnel, tellement intime. La foi, c’est un concept volatile qu’on ne peut saisir.

Effectivement, pour nous, il n’y a que dans la mise en pratique que l’on peut juger de la foi d’un autre : prie-t-il ? Est-il actif dans l’Eglise ? Se met-il au service des autres ?… Mais finalement, c’est insupportable cette façon de quantifier la foi.

C’est tellement subjectif tout cela. Tenez, prenez la prière : qu’est-elle pour vous ? Pour certains, il n’y a de véritable prière que si elle a lieu dans un endroit adéquat, serein, méditatif ; pour d’autres, la prière se résume au Notre Père, le soir, au pied du lit. Pour d’autres encore, la prière est une sorte de discussion à bâtons rompus avec Dieu à n’importe quel moment de la journée, dans n’importe quelle circonstance. Quelle soit à voix haute ou à voix basse, qui peut juger de la prière de son voisin ? Si l’élan vient du cœur toute prière est juste. Il ne sert à rien de faire semblant !

 

Mais revenons à la question initiale : « Qu’est-ce que Jésus change dans ma vie ? ». Pour parler au plus grand nombre, on peut se demander : qu’est-ce qui serait différent si Jésus n’était pas présent dans ma vie ? Difficile à dire ! Aurais-je été plus susceptible ? Aurais-je utilisé la violence pour me défendre ou pour faire passer mes idées ? Aurais-je accordé moins d’importance aux autres, à tous ceux qui m’entourent ? En fait, je n’en sais strictement rien ! Ce dont je suis sûre, c’est que si Jésus ne faisait pas partie de ma vie, je ne serai pas debout ce soir devant vous !

Ce que je sais également c’est que la force transformatrice de l’Evangile aide à faire les bons choix (pas forcément ceux que nous aurions fait de notre propre chef), aide à avancer dans la vie en lui donnant un sens

Alors, même si je n’ai pas connu mon chemin de Damas, si j’ai grandi dans le protestantisme, que j’ai fréquenté le scoutisme unioniste, finalement que je suis tombée dans la marmite toute petite et bien je sais pourtant que ma vie est transformée jour après jour ! Et rien que pour ça, je peux dire : merci Seigneur. Amen.

 

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