Pastourelle

une parole parmi tant d'autres, mais une parole quand même

 

Et si on annonçait l’Evangile – 21 décembre 2014 18 janvier 2015

Classé dans : Prédications — pastourelle @ 22 h 46 min

2 Samuel 7, 1-6; Romains 16, 25-27; Luc 1, 26-38

C’est le 4ème dimanche de l’avent qui s’ouvre devant nous. Nous voici arrivés au terme de ce temps de l’Avent. 4 semaines pour préparer noel, 4 dimanches pour réfléchir et méditer sur ce temps mis à part, pour cette fête tellement belle.

Les 4 dimanches de l’avent ont chacun leur spécificité : le 1er dimanche, c’est le prophète Esaie qui est au centre de la médiation, lui qui avait annoncé la naissance de l’Emmanuel, Dieu avec nous. Le 2ème dimanche, c’est Jean-Baptiste, le fils d’Elisabeth, le cousin de Jésus, qui annonçait la venue proche du Messie et qui invitait au baptême, à la conversion radicale. Le 3ème dimanche est consacré à Marie qui a accepté d’être la mère du Messie. Enfin, le 4ème dimanche, aujourd’hui, célèbre la figure du Christ.

Il est vrai que les textes proposés à la lecture aujourd’hui ne mettent pas forcement en avant la personne du Christ. Mais ils marquent le fait que la naissance de Jésus fait passer l’humanité dans une nouvelle ère. Et oui, ce n’est pas pour rien que notre  ère commence à la naissance du Christ, car l’humanité toute entière a pris un nouveau départ : comme le dit le cantique : on repart à zéro !

Peut-être avez-vous vu ce petit micro trottoir sur canal+ cette semaine. Le journaliste demandait aux passants en quelle année était né Jésus… Bien sûr, au montage, ils ont dû couper les bonnes réponses (je parle de la réponse symbolique de l’an 0… puisqu’on sait que ce n’est pas la bonne réponse !). Et c’est assez hilarant comme petit micro trottoir… hilarant ou désespérant… Donc, au choix : au Moyen Age, à la Renaissance ou même 1800 av JC !!

 

Malgré l’ignorance de nos concitoyens, nous pouvons affirmer qu’il s’est passé quelque chose vers l’an 0 de notre ère… mais quel est ce changement radical ? L’évènement, nous le connaissons, tous les ans, depuis des centaines et des centaines d’années, nous le fêtons : c’est la naissance du Christ parmi nous. Par lui-même, l’évènement est magistral, presque insensé ! Dieu nous a donné son fils unique ! C’est une folie !

Mais quel est donc ce changement ? Les textes du jour rendent compte de ce changement :

 

Le 2nd livre de Samuel nous montre David, roi d’Israel, voulant construire un temple, une maison pour Dieu. Le prophète Nathan sera alors en charge de lui transmettre les paroles de Dieu : ce n’est pas lui, David, qui construira ce temple, mais Salomon, son fils.

David, Salomon, une lignée, un peuple : Israel. Oui, Dieu est le Dieu d’un peuple qui, il faut l’avouer lui en a fait parfois voir de toutes les couleurs.

Une lignée, dont le Messie tant attendu sera issu : c’est un descendant de David qui doit s’asseoir sur le trône. Et Jésus est de cette lignée, il est un descendant de David, il fait partie de ce peuple d’Israel.

Mais alors, où est le changement ?

 

Et bien, Jésus fait certes parti d’un peuple, mais la venue sur terre du Fils de Dieu va faire exploser les frontières du peuple. Car, pourquoi la naissance de Jésus ? Pourquoi Dieu a-t-il fait naitre son fils sur la terre, parmi nous ? Par amour !

Rappelez-vous : Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils. A tant aimé le monde ! L’Evangile ne nous dit pas : Dieu a tant aimé Israel qu’il a donné son fils. Certes Israel reste présent au centre de la relation de Dieu avec les hommes. D’où les paroles de l’ange s’adressant à Marie : « il règnera pour toujours sur le peuple d’Israel, son règne n’aura pas de fin ».

Malheureusement, Israel ne saura pas accueillir Jésus comme le Messie. Certains se convertiront, mais l’élite (pharisiens et saducéens) refusera cet homme certainement trop révolutionnaire à leur gout et le pire peut-être pour eux : Jésus s’adresse également à des non juifs, des goys. Il ose franchir les frontières, sortir du peuple élu et s’ouvrir aux autres.

 

Alors, c’est peut-être par peur de perdre leur prérogative de peuple élu que les juifs de l’époque ont rejeté Jésus.

Car il n’y a plus de peuple élu, il y a le peuple de Dieu, nous sommes tous enfants de Dieu, tous membres de son peuple. C’est ce dont témoigne Paul dans son Epitre aux romains : la bonne nouvelle, le message du Christ a été porté à la connaissance de toutes les nations. Oui, la lumière de noël brille sur toute la terre habitée. Tous, nous sommes concernés pas cette naissance.

 

Alors, nous pouvons porter un regard critique sur ces juifs du premier siècle qui ont rejeté le Christ et son message, mais nous qui l’avons accepté, qui croyons en son message, en l’Evangile, nous ne faisons plus entendre nos voix. Nous ne faisons plus entendre cette bonne nouvelle, étouffés que nous sommes par le concert bruyant des offres commerciales de noël, nous nous écrasons face au gros bonhomme rouge comme si nous avions perdu une bataille, voire même nous lui faisons la part belle en alimentant le mystère ou en nous déguisant… Nous entrons nous aussi dans la folle course aux cadeaux tout en pestant sur le côté commercial de la fête… nous en deviendrions presque schizophrènes !!

Mais fatalistes, nous taisons ce qui nous anime profondement. Mais enfin quoi, cette bonne nouvelle qui nous anime, n’est-elle pas important pour nous, n’estimons-nous pas qu’elle peut-être importante pour d’autres : notre famille, nos amis ?

 

Imaginez un peu si Paul avait réagi comme nous… le christianisme ne se serait jamais propagé dans le monde !! Imaginez si nos parents, nos grands-parents ne nous avaient pas parlé de Noel en tant que naissance du Christ, si ils avaient laissé le monde environnant nous remplir la tête de folklore commercial… Est-ce vraiment cela que l’on veut pour nos enfants, nos petits enfants ?

Estimons-nous vraiment que la bonne nouvelle de l’Evangile n’est pas digne d’être annoncée à nos proches, ou alors estimons-nous que eux ne sont pas dignes de recevoir ce message qui pourtant est destiné à tous ?

 

Alors, est-ce l’Evangile qui n’est pas digne ou nos proches ? Bien évidemment : ni l’un ni les autres ! Alors, pourquoi autant de frilosité de notre part ? N’ayez pas honte d’affirmer que noel, c’est avant tout la naissance du Sauveur, du Fils de Dieu !

 

Certes actuellement, nous avons l’impression de ne pas être aidés… Vous avez tous entendu parler de cette crèche au conseil général de Vendée qui a été retirée par  respect de la laïcité. Je vais être honnête avec vous… ce retrait ne me choque pas et je suis plutôt amusée d’entendre des protestants défendre une crèche qu’ils ont cloué au piloris durant très longtemps et des catholiques défendre un sapin de noël qui était bien trop protestant pour eux il n’y a pas si longtemps… sans oublier que la date de noel a été repiquée à des fêtes paiennes : les saturnales romaines et la naissance de Mihra. Mais cette actualité donne naissance à de petites créations, comme ce courrier qui circule un peu partout que je vais vous lire ou relire pour ceux qui le connaissent déjà :

 

« Cher tribunal administratif de Nantes, j’ai pris connaissance il y a quelques jours de votre décision d’interdire la crèche de Noël traditionnellement installée dans le hall du conseil général de la Vendée. Quelle mouche vous a donc piqué? 

 

Vous avez fait des études je suppose. Peut-être savez vous donc que Noël vient du latin « Natalis », qui veut dire Naissance. Alors, je vais vous livrer un secret que vous voudrez bien transmettre à vos confrères qui peut-être nagent avec complaisance dans la même ignorance que vous. La naissance dont il est question est celle d’un certain Jésus de Nazareth, né il y a un peu plus de 2000 ans. Je dis ça parce qu’étant donné que vous n’avez pas interdit les illuminations de Noël, je suppose que vous ignoriez ce détail.  

Voyez-vous, Noël n’est pas l’anniversaire de la naissance du Père Noël (je suis désolé si je casse ici une croyance ancrée en vous), mais bien celle de ce Jésus. Interdire une crèche sans interdire toute manifestation publique de cette fête est aussi stupide que si vous autorisiez la fête de l’andouillette tout en interdisant la consommation d’andouillette le jour de la fête de l’andouillette. 

 

Une question de tradition

La crèche, c’est ce qu’on appelle une tradition. Et ne me faites pas croire, Monsieur le tribunal, que le principe de la tradition vous est étranger. Sinon comment expliquer que les magistrats exercent leur métier dans un costume aussi ridicule si ce n’est parce qu’il est le fruit d’une tradition? 

 

Vous êtes un briseur de rêves Monsieur, vous êtes un étouffeur de sens. La crèche, c’est Noël, et Noël, c’est la crèche. La crèche, c’est aussi l’histoire d’une famille qui faute de droit opposable au logement est venue se réfugier dans une étable. C’est un signe d’espoir pour tous les sans logement. La crèche, c’est aussi un roi Arabe et un autre Africain qui viennent visiter un Juif. C’est un signe d’espérance et de paix en ces temps de choc de civilisations et de conflit au Moyen-Orient.  

La crèche, c’est aussi des éleveurs criant de joie et chantant dans une nuit de décembre. Connaissez-vous beaucoup d’agriculteurs qui rigolent en cette période de crise? La crèche c’est un boeuf, symbole de la condition laborieuse de l’Homme. Enfin, la crèche, c’est un âne, même si une rumeur court disant que cet âne a quitté la crèche en 2013 pour rejoindre le Tribunal administratif de Nantes. 

 

Malgré le fait que vous allez sans doute, par souci de cohérence, vous rendre à votre travail le 25 décembre, je vous prie de croire, Monsieur le tribunal, à l’expression de mes souhaits de bon et joyeux Noël. »
Je me sens un peu dans l’obligation de vous lire un extrait de la réponse du Tribunal… réponse véridique ou inventée, elle vaut elle aussi le détour :

 

« Vous avez parfaitement raison Monsieur Santon, il s’agit effectivement d’une tradition. Très exactement, il s’agit même d’une tradition chrétienne. Et vous avez encore raison, je suis moi-même très friand des traditions. En revanche, et je suis désolé si je casse ici une croyance ancrée en vous, les juges des juridictions administratives ne portent pas de robes… Ils ne sont même pas magistrats… J’espère ne pas vous avoir ainsi gâché vos fêtes de fin d’année!

Mais il n’en demeure pas moins que je suis effectivement un adepte forcené des traditions. Des traditions républicaines dans mon tribunal, et des traditions liées à mes convictions personnelles dans tous les lieux qui ne sont pas une émanation de l’Etat. Car celles qui me sont propres, je n’ai pas à les imposer aux autres. Ca s’appelle la liberté de conscience. Et contrairement à la crèche, cette fameuse liberté figure dans les textes qui fondent le pays dans lequel je vis. Celui qui ne croit pas doit pouvoir aller dans les établissements de l’administration sans qu’on lui impose une manière de penser ou de voir les choses. Ces établissements sont dits « publics » parce qu’ils rendent des services publics, Ils sont ouverts à tous, mais surtout créés pour tous! »

 

Toujours est-il que chez nous, nous sommes encore libres de faire ce que bon nous sommes… alors, n’hésitons pas à mettre une crèche, un sapin et à parler aux plus jeunes de cette fabuleuse nuit de noel, même si nous savons que la naissance n’a certainement pas eu lieu en hiver et que la date est fausse… mais tout cela est détail à côté de l’immensité de l’événement !

 

Alors, pour noel, je vous souhaite la lumière, cette grande lumière qui illumine toute la terre et tous les hommes. Cette lumière qu’elle vous apporte la joie mais aussi la paix dans vos cœurs et au sein de vos relations.

Joyeux temps de noel !

Amen !

 

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