Pastourelle

une parole parmi tant d'autres, mais une parole quand même

 

La Bible par cœur – 13 juillet 2014 18 janvier 2015

Classé dans : Prédications — pastourelle @ 22 h 07 min

Esaie 55, 10-11; Matthieu 13, 1-23

Cette semaine, comme toutes les semaines avant un culte à Aix-les-Bains, j’ai eu Jacques au téléphone pour préparer ce culte. Il m’a fait cette précision : dimanche prochain, il n’y a rien. Ce qui voulait dire : pas de sainte cène, pas de baptême… Mais bon, j’ai tout de même décidé de préparer une prédication… ce qui n’est pas rien !

D’autant plus qu’aujourd’hui il est question de parole dans les textes proposés à notre lecture : la parole de Dieu qui agit, la parole de Dieu qui ne peut laisser indifférent.

Cette parole est essentielle pour nous et nombreux sont les textes bibliques qui nous le rappellent :

‘Ta parole est une lampe pour mes pieds, une lumière pour mon sentier’ – Ps 119, 105.

L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sortira de la bouche de Dieu’ – Mt 4, 4.

C’est une parole certaine et digne d’être pleinement accueillie’ – 1 Tim 1, 15.

 

Oui, une parole digne d’être pleinement accueillie ! Vous savez que nous sommes entrés dans une dynamique de réflexion en vue de 2017 et du 500ème anniversaire de la Réforme, alors c’est le moment de faire un petit point théologique car ce n’est pas sans raison que les réformateurs ont voulu remettre au centre de leur foi, de la religion les Ecritures. Vous avez certainement déjà entendu le concept de ‘sola scriptura’, l’Ecriture seule. C’est un des principes du Protestantisme à côté du sola fide, la foi seule, la sola gracia, la grâce seule et le sacerdoce universel des chrétiens qui nous replace tous sur un même pied d’égalité mais en respectant nos charismes et les dons que, chacun, nous avons reçus de notre Seigneur.

 

Sola Scriptura : l’Ecriture seule. Pourquoi ce besoin pour les réformateurs de redonner une place centrale aux Ecritures ? Il est bien évident que la Bible est essentielle aux chrétiens, et pourtant, vous le savez certainement, au 16ème siècle, les bulles papales et les autres décisions du haut clergé catholique étaient parfois, voire souvent, plus importantes que les paroles que nous lisons dans la Bible. C’est pourquoi, Luther et Calvin ont choisi de retrouver les fondamentaux du Christianisme : les Ecritures. Car à travers ces Ecritures, c’est la Parole de Dieu que l’on reçoit. Une parole forte, percutante, souvent déroutante, toujours essentielle à notre vie. Bien sûr, beaucoup de nos contemporains ne sont pas sensibles à cette lecture, ils ne perçoivent pas la présence de Dieu. Bien sûr, on peut lire la Bible comme un livre d’histoires, mais ce n’est pas ce qu’elle est pour nous. Elle est bien plus que cela.

 

J’ai en mémoire le souvenir d’un monsieur de 99 ans, résident d’une maison de retraite lorsque j’étais aumônier à Nîmes. Cet homme m’a touchée car il se disait athée, mais n’était pas convaincu du tout de son athéisme. Son plus grand désir : pouvoir confesser sa foi avant de mourir et surtout, « être enterré protestant », comme il disait.

Cet homme ne cessait pas de lire la Bible. Mais comme un livre d’histoires ou plutôt comme un guide de bonne conduite, un exposé de valeurs à suivre, valeurs qu’il partageait d’ailleurs… la Bible, les mots de la Bible parlaient à son intellect mais il ne les laissait pas atteindre son cœur… Il n’avait pas encore eu le déclic. En tout cas, c’est ce qu’il pensait, car cet homme, sans vouloir mettre le mot dessus priait. Sa prière : demander à Dieu de lui donner la foi… Si ce n’est pas un acte de foi…

 

Vous savez, ce comportement me fait un peu penser à celui du collecteur d’impôts dans la parabole de l’Evangile de Luc. Cet homme qui n’apprécie pas qui il est, qui a honte de son travail. Et voilà quelle est sa prière : ‘O Dieu prends en pitié le pécheur que je suis’. Il est conscient qu’il n’est pas un juif pieux, que d’autres sont beaucoup plus fidèles que lui et respectent nettement mieux tous les commandements. Comme ce pharisien, par exemple, qui est un modèle de fidélité. D’ailleurs ce juif pieux a largement conscience de sa supériorité et voici de quelle façon il interpelle son Dieu : ‘O Dieu, je te rends grâce, de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont rapaces, injustes, adultères, ou encore comme ce collecteur des taxes : je jeûne 2 fois par semaine, je donne la dîme de tous mes revenus’.

Mais Jésus ne s’y trompe pas et voici sa conclusion : ‘quiconque s’élève sera abaissé, mais qui s’abaisse sera élevé’.

 

Savez-vous à qui me fait penser ce pharisien… et bien à nous, nous protestants et notre rapport à la Bible. Nous sommes fiers de nos principes : et de ce principe en particulier : l’Ecriture seule. Nous sommes fiers de notre tradition, de notre image : c’est Nicolas Boileau, écrivain du 17ème siècle qui disait : ‘tout protestant est pape Bible à la main’.

C’est vrai, on ne peut imaginer un protestant sans sa Bible. Et pourtant, aujourd’hui, bien souvent, les Bibles restent fermées. Comme si, cette Bible, nous la connaissions par cœur. Ou plutôt comme si les Paroles de la Bible étaient inscrites dans nos gènes, nos gènes de parpaillot, nos gènes de descendants de galériens – même si nous ne sommes que de nouveaux protestants – et que, grâce à ce don merveilleux, nous n’avions plus besoin de lire la Bible, plus besoin de nous ressourcer à ce qui, pourtant, reste le fondement de notre foi.

 

Oui, nous ressemblons par certains aspects à ce pharisien qui se glorifie de son jeûne et nous pourrions reprendre à sa suite : ‘O Dieu, je te rends grâce, de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont ignorants, illettrés, idolâtres, ou comme ce catholique qui ne lit pas la Bible. Car moi, j’ai des ancêtres huguenots, galériens, et j’ai au moins 3 exemplaires de la Bible à la maison’… et on rajouterait : 3 exemplaires rangés dans une bibliothèque en train de prendre la poussière.

 

Et là je ne veux pas parler des protestants non pratiquants, non. Je veux parler de nous, de vous, de moi, car je ne suis pas plus à l’abri que vous de la glorification personnelle.

Lors d’une pastorale, il y a quelques années, nous avions fait ce triste constat : beaucoup de pasteurs (beaucoup trop !) ne lisent dans la semaine que les textes bibliques proposés à la lecture du dimanche. 3 petits passages de la Bible. Les raisons à cela : principalement le manque de temps, mais aussi la suffisance. On nous a tellement répétés à nous, protestants que nous étions les spécialistes de la Bible que nous avons intégré cela comme une évidence et comme je le disais précédemment, comme quelque chose de génétique.

Ah, si c’était réellement le cas, bienheureux serions-nous. Mais ce n’est pas la réalité. Et de fait, nous sommes bien loin du semeur. Sa semence parfois ne nous atteint même pas, nous n’arrivons pas même à la hauteur des graines semées au bord du chemin. Quel cheminement nous avons à faire pour arriver dans la bonne terre, pour nous enraciner dans cette terre, pour nous enraciner dans la Parole de notre Seigneur, pour renouer avec ce qui fait de nous des descendants de la Réforme, que nous soyons protestant s de 1ère, deuxième, 15ème génération, et pour nous faire, à notre tour, porter des fruits nombreux. Oui, nous avons du travail pour nous détacher de nos idées toutes faites, de nos certitudes et pour un jour pouvoir, comme le collecteur de taxes être humble, d’une réelle humilité et non pas d’une humilité feinte et peut-être pourrons-nous dire un jour à notre tout : ‘‘O Dieu prends en pitié le pécheur que je suis et donne-moi le gout de la lecture assidue de la Bible, de ta Parole

 

Amen.

 

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