Pastourelle

une parole parmi tant d'autres, mais une parole quand même

 

Pentecôte – 8 juin 2014 18 janvier 2015

Classé dans : Prédications — pastourelle @ 21 h 46 min

Actes 2, 1-36

Je me souviens de la réaction des jeunes du catéchisme dans mon ancienne paroisse lorsque je leur avais parlé de la pentecôte. Et oui, même adulte, pas facile, à 13-14 ans de comprendre, de concevoir l’Esprit s’emparant d’hommes, alors, à 13-14 ans c’est aussi très abstrait. Mais lorsqu’ils ont compris que l’Esprit était semblable à des langues de feu qui se posaient sur les disciples, là, ils m’ont dit que la Pentecôte était tout simplement un « truc de fous ». Dans une traduction en français courant, on pourrait dire que c’est vraiment quelque chose d’extraordinaire, de spectaculaire, d’inimaginable. Et effectivement, la Pentecôte est vraiment un « truc de fous ». Il suffit de se replonger dans le contexte pour s’en rendre compte.

Alors, revenons sur ces événements. Des événements qui d’ailleurs avaient été annoncés dans les Evangiles, comme dans l’Evangile de Jean avec l’annonce de la venue d’un nouveau défenseur, le Paraclet, l’esprit envoyé par le Père.

Mais la Pentecôte est avant cela une fête juive, c’est la fête des moissons, 50 jours après Pâques, par la suite, elle deviendra la fête du don des tables de la loi à Moïse, au peuple élu, 7 semaines donc après la fuite d’Egypte.

C’est donc la fête à Jérusalem à cette période de l’année. Et pourtant les disciples de Jésus n’ont pas l’air d’être spécialement dans la joie à ce moment là. Voila 50 jours que leur chef de file a été crucifié, ce fameux Jésus qui a tant fait parler de lui. Il était étrange quand même cet homme. Et voila que pendant 40 jours, ses disciples, comme ils se font appeler, ont affirmé que leur Jésus était de retour, ressuscité du séjour des morts. Difficile à croire quand même. Incompréhensible même… Mais bon, il faut bien qu’ils trouvent quelque chose à raconter pour être de nouveau au centre de l’attention. Mais depuis 10 jours, ils ne font plus parler d’eux en Galilée, autant dire que ça fait du bien : enfin un peu de calme ! Puis, ils sont revenus à Jérusalem dans ce qui est devenu leur QG, une chambre haute, et depuis, plus de nouvelles.

Car, en l’espace d’un instant, ils sont devenus comme fous, ils parlaient toutes les langues connues au monde : ils avaient du abuser un peu trop du produit de la vigne ! Mais pourtant, en tendant un peu l’oreille, en étant attentifs, les témoins de cette scène reconnaissaient chacun leur langue maternelle. Et les disciples de Jésus parlaient de Dieu, du Dieu de Jésus et de ses merveilles. C’était vraiment un truc de fous !

 

Cet épisode des Actes ne vous rappelle-t-il pas un autre épisode biblique de l’Ancien Testament ? Celui de la Tour de Babel. Cette tour que les hommes ont voulu construire pour atteindre le ciel et surtout pour atteindre Dieu. Ce qui n’était bien évidemment pas du gout de ce dernier qui a décidé de les arrêter en les séparant et comment les séparer et éviter qu’ils ne recommencent ?… En brouillant leur langue, c’est-à-dire, en les faisant parler des langues différents, afin qu’ils ne se comprennent plus et qu’ils abandonnent leur projet.

 

Mais le jour de la Pentecôte n’est pas un jour de confusion, de brouillage, d’incompréhension, au contraire, c’est un jour de communion et de communication. Car les langues que parlent les disciples sont des langues bien connues dans la région. Aucun problème de compréhension pour tous ces parthes, mèdes, élamites, mésopotamiens, égyptiens et autres crétois.

 

La Pentecôte est une fête important depuis le 1er jour, depuis cet événement des langues de feu et du parler en langues. Il s’agit de l’ultime temps fort de la vie des 1ers chrétiens, des 1ers témoins. Si on reprend depuis le début : il y a eu noël et la naissance de Jésus, son baptême et une 1ère apparition de l’Esprit Saint sous la forme d’une colombe, ses miracles, son enseignement, et Pâques, sa mort. Heureusement, il y a aussi eu son retour, la résurrection, mais comme toutes les bonnes choses ont une fin : il est reparti, c’était l’ascension. La pentecôte, c’est donc l’Esprit, cette aide annoncée par Jésus pour le suppléer, qui vient, qui rejoint les disciples au cœur de leur vie quotidienne.

Pour imager cet événement, je vais faire un petit détour par l’étymologie du mot esprit. En grec, esprit se dit pneuma, une racine que l’on retrouve dans bien d’autres mots… pour ma part ça me fait penser à pneumopathie… mauvais souvenir ! Mais on le retrouve également dans le terme pneumatique, comme les pneumatiques d’une voiture. En quelque sorte, l’esprit est la roue de secours qui vient en aide aux chrétiens et qui leur permet de continuer leur chemin… On peut dire que l’Esprit colmate la brèche crée dans le cœur des disciples par le départ de Jésus… une sorte de rustine ! Bon, vous ferez ce que vous voudrez de cette image !

 

Mais l’Esprit n’est pas appelé à souffler uniquement sur les chrétiens, comme le dit Luc dans le livre des Actes, à la suite du prophète Joël : « Je répandrai mon Esprit sur toute chair ». Donc cela ne concerne pas seulement les juifs pieux de l’époque, ni les fervents chrétiens du 21ème siècle, mais tous les hommes, toutes les femmes de tous les temps, de toute confession ou conviction. Tous, nous sommes appelés à recevoir le don de l’Esprit, mais pas comme un prix de gros, en masse. Non, chacun de nous reçoit l’Esprit, personnellement, individuellement, tout comme Dieu nous connait chacun au plus profond de nos cœurs. Chacun avec nos forces, nos faiblesses, nos qualités et nos défauts, nous sommes aimés de Dieu et partie prenante de son alliance.

 

La pentecôte est donc une fête importante pour nous chrétiens qui accueillons l’Esprit et acceptons ce don de Dieu.  C’est parce que cette fête symbolise pour nous le don de l’Esprit que nous avons l’habitude de célébrer les baptêmes à cette date : baptême d’eau et d’esprit, ainsi que les confirmations qui sont « confirmations » des vœux prononcés par d’autres lors de notre baptême… Bien évidemment nous célébrons des baptêmes à d’autres moments de l’année, baptême d’eau et d’esprit aussi car l’esprit ne souffle pas qu’à Pentecôte et il ne souffle pas que sur nous. Mais la bonne nouvelle dont nous sommes les porteurs, en tant que chrétiens, n’est pas tant l’histoire de Jésus, comme roman, que le don de l’Esprit offert à tous et qu’il ne reste qu’à accueillir.

 

L’Esprit est pour tous les hommes, toutes les femmes, et il n’a que faire des confessions, des guerres de clochers. L’Esprit travaille en free lance, c’est un indépendant, et il ne se laisse enfermer par aucune confession, aucune secte. Mais il est ce vecteur qui permet une relation personnelle, privilégiée, toujours particulière avec Dieu. Il est celui qui nous fait porter des fruits, mais pas n’importe quel fruit, pas forcement ceux que nous souhaiterions produire, mais ceux souhaités par Dieu, ceux annoncés par le commandement d’amour de Jésus. Ces fruits qui sont cités par Paul dans l’Epitre aux Galates : amour, joie, paix, patience, bienveillance, bonté, fidélité, douceur, maitrise de soi… et la liste n’est pas exhaustive !

 

Pour terminer, je voudrais vous laisser cette prière :

Seigneur, comme à la 1ère pentecôte, envoie ton esprit sur ton peuple répandu sur la face de la terre : afin que la diversité des langues exprime notre commune espérance en Christ ; afin que la mosaïque humaine dessine l’arc en ciel de l’unité de la foi en Christ.

Que l’esprit de pentecôte nous remplisse de force et d’enthousiasme. Alors nous deviendrons des témoins de l’Evangile qui transforme et redresse la vie. Et nous tisserons des liens entre nous et parmi nous pour que ton règne vienne.

Amen.

 

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