Pastourelle

une parole parmi tant d'autres, mais une parole quand même

 

Qu’aucun ne se perde – 7 décembre 2014 18 janvier 2015

Classé dans : Prédications — pastourelle @ 22 h 41 min

Esaie 40, 1-11; 2 Pierre 3, 8-14; Marc 1, 1-8

Nous voici déjà (approchant) le 2ème dimanche de l’Avent… nous pouvons allumer la 2ème bougie … ces bougies qui nous font prendre conscience du temps qui passe, plus ou moins vite, jusqu’à Noel : une fête pour les chrétiens, bien evidemment, mais une fête également pour tous les autres… alors, même si l’événement de la naissance de Jésus n’est pas célébrée dans tous les foyers, nous pouvons nous réjouir du fait que la joie entre dans les maisons à cette période-là. Certes, le tableau que je dresse est idyllique puisqu’il parait qu’un français sur 5 est plus stressé durant cette période… et il faut également penser à tous ceux qui sont seuls, tristes, malades, abandonnés. Je crois qu’il n’est pas inutile de prier pour que chacun reçoive un peu de cette paix, de cette joie qui nous inondent à cette période.

2ème dimanche de l’Avent avec la figure de Jean-Baptiste, cet homme un peu fou qui crie, qui attire les foules et qui mange du miel sauvage et des sauterelles. Nous la connaissons bien cette figure, celui qui est là pour préparer la venue du Messie, qui n’est autre que Jésus, son propre cousin. Alors que lui est austère, retiré du monde, Jésus sera quant à lui un homme qui partage des repas avec le monde, avec ce qu’il y a de plus vil dans ce monde : les méprisés, les esclus. D’ailleurs, leurs comportements attireront les critiques… mais ils n’ont que faire des critiques humaines car leur mission est d’un tout autre ordre.

 

Il y a 2 semaines, les textes du jour proposaient une réflexion sur le jugement dernier. Vous savez, la séparation des moutons et des chèvres… une issue trop fatale, un jugement trop catégorique que l’on peut avoir du mal à accepter et qui pourtant est dans la Bible, dans nos Evangiles. Mais aujourd’hui, un texte nous fait entrevoir autrement cette question.

 

Tout d’abord, revenons sur l’Avent. L’Avent, c’est bien évidemment ce temps qui nous conduit jusqu’à Noel, qui nous permet un temps de réflexion, de méditation sur ce cadeau fait aux hommes, sur ce privilège qui nous est accordé : Dieu nous aime tellement qu’il nous offre son fils et aujourd’hui encore, nous vivons de ce don inestimable.

L’Avent, c’est aussi un temps d’attente du retour en gloire du Christ… et donc de ce fameux jugement. Ce retour on ne sait quand il aura lieu, mais il faudra se tenir prêt, veiller.

 

Et bien, la 2ème lettre de Pierre nous laisse envisager les choses autrement. Il y a l’annonce d’un cataclysme universel : « Cependant, le jour du Seigneur viendra comme un voleur. En ce jour-là, le ciel disparaîtra avec un fracas effrayant, les corps célestes seront détruits par le feu, la terre avec tout ce qu’elle contient cessera d’exister. » Mais il y a également cette précision : « Mais il est une chose que vous ne devez pas oublier, mes chers amis : c’est que, pour le Seigneur, un jour est comme mille ans et mille ans sont comme un jour. 9Le Seigneur ne tarde pas à réaliser sa promesse, comme certains le pensent. Mais il use de patience envers vous, car il ne veut pas que qui que ce soit aille à sa perte ; au contraire, il veut que tous aient l’occasion de se détourner du mal. » Oui, il y aura un bouleversement, mais ce ne sera pas pour jeter une partie de l’humanité dans les flammes de l’enfer, comme certains textes le présentent, car l’humanité toute entière est destinée au salut et d’une certaine manière, on pourrait interpréter ces versets de la façon suivante : oui, la parousie, le retour du Seigneur, l’installation de son règne aura bien lieu… mais rien ne presse car l’important est que chacun ait eu le temps de convertir son cœur et ait ouvert sa conscience à l’amour de Dieu. Oui, la parousie aura lieu, mais l’objectif ne sera pas de faire le ménage entre les « bons » et les « méchants », mais l’objectif sera de ne trouver que des « bons » sur cette terre !

 

Non, le Seigneur n’est pas ce tyran autrefois préché (et parfois encore) qui n’a aucune pitié pour les humains, ses créatures.

Rappelez-vous, au lendemain de l’inondation meurtrière n’épargnant que Noé, sa famille et les animaux, Dieu a dit : « je ne maudirai plus la terre à cause des humains, je ne frapperai plus tout ce qui est vivant comme je l’ai fait ». Oui, le Seigneur est patient avec les humains et il en faut de la patience avec les pauvres êtres que nous sommes, lents à la compréhension. Il nous a donné les billes pour vivre correctement, il nous a donné les commandements pour une vie heureuse. Il ne tient qu’à nous de les mettre en pratique et de vivre selon sa volonté et sa volonté est que nous choisissions la vie et non la mort !

 

Avec les changements climatiques, les guerres dans le monde, certains prophétisent la venue imminente du règne de Dieu, un règne punissant notre comportement… mais c’est trop vite oublier cette phrase de Pierre : « il ne souhaite pas que quelqu’un se perde ». Mais au prix d’un changement radical de notre comportement, du comportement de tous les humains. Oui, les paroles de Jean-Baptiste sont pour nous aujourd’hui encore, lui qui proclamait un baptême de changement radical.

 

Et ce n’est pas en pointant le comportement des autres que les choses vont avancer… c’est d’abord en se concentrant sur nos propres actions, nos propres pensées que nous ferons des miracles !

Car ces prophètes de malheur qui vous disent que la fin est proche, que la condamnation va tomber, sont les 1ers à vomir leur haine des autres religions accusées de tous les maux de la terre ; sont les 1ers à développer une théologie de la prospérité (accumuler de l’argent pour atteindre le salut), faisant le jeu du capitalisme et dans le même temps favorisant l’oppression des plus faibles par les plus forts ; sont les 1ers à négliger la création, tout en déplorant sa destruction…

 

Certes, parfois on se sent démunis : que faire pour que le monde aille mieux car si on allume la télé, on est pris d’un terrible mal de tête : guerre, violence, tuerie… rien ne va… et pourtant notre société moderne est moins violente que par le passé, il y a même moins de guerre dans le monde… mais tout est plus médiatisé et srutout, ce qui n’est pas à condamner, car c’est une avancée considérable : la vie a plus de valeur qu’auparavant. Aujourd’hui, la moindre vie perdue est intolérable (même si encore aujourd’hui les vies n’ont pas toutes la même valeur !!)

Et puis, il faut l’avouer, le malheur, les guerres sont plus vendeurs que le bonheur et la paix… on ne fait pas du chiffre d’affaire avec le bonheur ou la solidarité !

 

Enfin, on parle des catastrophes naturelles, tremblements de terre, inondation, sécheresse, en nous incitant en même temps à consommer toujours plus, comme si l’activité humaine n’avait aucune incidence sur le climat… Ou bien, en faisant le lien, mais en nous disant que de toute façon, on n’y peut rien.

Au sujet du climat, les grandes religions se sont regroupées pour tenter de sensibiliser les consciences… Vous n’en avez peut-être pas entendu parler car comme je vous le disais : des religions qui se mettent d’accord, qui œuvrent ensemble, ce n’est pas vendeur… c’est mieux quand elles se tapent dessus ! Elles participent ainsi à un mouvement mondial : le jeûne pour le climat. Ce n’est pas grand-chose, mais c’est une prise de conscience du problème environnemental en vue de la conférence mondiale pour le climat qui aura lieu à Paris en 2015.

Cela fait plusieurs mois que je suis ce mouvement, que je jeûne une fois par mois, le 1er jour du mois… un mouvement qui prend de l’ampleur pour inciter les dirigeants politiques à se saisir de ce dossier sérieusement. Voici le témoignage d’un membre de l’union d’Eglise alsacienne : « Jeûner a fait du changement climatique une réalité pour moi, m’a ouvert les yeux et m’a rapproché de mes prochains. C’est une des raisons pour lesquelles jeûner une fois par mois est intéressant : cela permet une prise de conscience régulière, et pas uniquement quand des événements météorologiques extrêmes surviennent. Tant que vous partagez votre engagement autour de vous, vous aidez à augmenter la prise de conscience du changement climatique. Et c’est ça, après tout, qui fait que votre jeûne compte. ». Ce n’est pas grand-chose, mais c’est déjà quelque chose ! Et vous savez, ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières !

 

Alors, oui, le changement radical doit commencer par nous, personnelement, sans attendre que d’autres changent avant nous.

Le Royaume de Dieu, est-ce vraiment quelque chose qui va nous tomber dessus du jour au lendemain ? Je crois que ce Royaume c’est à nous de le faire advenir en changeant notre comportement, en semant la paix autour de nous. Et il me semble que le temps de l’avent, le temps de Noel est le bon moment pour cela. Si nous ne sommes pas ceux qui mettent les tensions familiales au 2nd plan pour mettre au 1er plan la joie des retrouvailles : qui le fera ? Si nous ne sommes pas ceux qui tendent la main à ceux qui sont seuls : qui le fera ? Si nous ne sommes pas ceux qui militent pour un noel autrement, un noel des valeurs, un noel de la joie : qui le fera !!

Oui, nous avons une responsabilité en tant que chrétiens, mais elle n’est pas un fardeau, elle est au contraire une joie. Bon temps de l’Avent !

 

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