Pastourelle

une parole parmi tant d'autres, mais une parole quand même

 

Faire ce qu’on peut – 4 octobre 2015 2 février 2016

Classé dans : Prédications — pastourelle @ 17 h 25 min

Genèse 2, 18-24 ; Marc 10, 2-16

L’homme, la femme, le mariage, le divorce, les enfants… Ces textes ont beau avoir été écrits il y a des millénaires, ils sont criants d’actualité et à différents niveaux peuvent interpeller nos vies personnelles.

Et si nous commencions par le commencement, là où tout à débuter: Dieu a créé la terre, le ciel, les étoiles, la mer, les animaux et l’homme. Et là, je dis STOP: Dieu a-t-il vraiment crée l’homme? celui de sexe masculin, avec un petit h? Ou a-t-il créé l’homme avec un grand H, un être humain? Mettons-nous d’accord en revenant à l’hébreu puisqu’il s’agit de la langue de rédaction de la genèse.

Si on lit bien: Dieu a créé l’Adam. Et savez-vous pourquoi cette créature s’appelle l’Adam? Tout simplement parce qu’elle a été créée à partir de la terre qui en hébreu se dit Adama.

Donc Adam est le produit de la terre, on pourrait donc l’appeler terrien ou tout simplement humain. Car à ce moment là, on peut dire que l’humain est neutre, asexué, il n’est ni homme, ni femme. Son genre (c’est un mot à la mode en ce moment) n’est pas défini, il ne l’acquerra que lorsqu’il nommera l’autre créature que Dieu va créer. Car c’est cet humain/terrien qui va nommer l’autre créature. En français, cela donne: « on l’appeler femme car c’est de l’homme qu’elle a été prise »… Autant dire qu’il n’y a aucune logique dans cette phrase, ni relation de sens entre les termes femme et homme. Par contre, si on revient à l’hébreu, tout s’éclaire car l’homme (petit h) se dit Isch et la femme Ischa.

Ainsi, l’humain, Adam a été tiré de la terre Adama et la femme, Ischa a été tirée de l’homme, Isch.

On peut ainsi dire que l’homme et la femme sexués sont nés en même temps, de l’humain sont apparues 2 créatures différentes, mais complémentaires.

 

Mais vous savez comme ce texte a servi à placer la femme toujours au second plan: créer en second, elle doit se soumettre. Elle doit se soumettre et l’homme peut en faire ce qu’il veut. Ainsi, il peut la répudier s’il l’envie lui prend, peu importe le motif… Attention à ne pas rater un plat!!

 

Voila donc les pharisiens qui, comme à leur habitude, tente de piéger Jésus avec une question à laquelle il ne peut que mal répondre. S’il dit : OUI, l’homme peut répudier sa femme, il va choquer les puritains; s’il dit NON, impossible de répudier sa femme, les spécialistes de la loi lui diront qu’il a tort.

D’ailleurs, si l’on se pose la question aujourd’hui, enfin, pas celle de la répudiation, mais du divorce, il est aussi difficile en tant que pasteur, bibliste, théologien, ou tout simplement en tant que chrétiens de répondre.

On peut dire: NON, enfin, vous n’y pensez pas! Divorcer! Quelle abomination… il est écrit dans la Bible que l’homme ne peut séparer ce que Dieu a uni.

On peut dire : OUI, mais bien sûr, divorcez, divorçons tous car Dieu nous donne la liberté: Un plat trop cuit: divorçons; des chaussettes qui trainent: divorçons… Nous sommes libres!

 

On peut aussi avoir une position plus nuancée. Bien évidemment, quand on se marie, c’est pour le plus longtemps possible. Mais on ne peut pas être totalement aveugle: en France, 1 mariage sur 3 se termine par un divorce, cela monte à 1 sur 2 dans les grandes villes.

Au point qu’aujourd’hui, quand on prépare un bénédiction d’union avec un couple, nous ne pouvons pas ne pas aborder la question du divorce. D’ailleurs, c’est également en sachant que cela peut arriver que l’on peut faire plus attention à l’autre dans le couple.

 

Et dans nos communautés, nous comptons des divorcés, des séparés… au nom de quoi devrions nous ne plus les accueillir? Au nom de l’Evangile qui nous dit que Jésus condamne la répudiation? Et bien j’ai envie de dire: heureusement qu’il a condamné la répudiation! Cette pratique qui reléguait la femme au rang d’objet dont on peut se débarrasser selon son bon vouloir.

 

Mais nous avons tellement à coeur de trouver dans un ouvrage multimillénaire des réponses à des questions du 21ème siècle que nous sommes prêts à tous les anachronismes possibles, à n’importe quelle interprétation quitte à tordre le texte biblique afin qu’il nous serve…

Pourquoi Moise a-t-il toléré la répudiation? Parce que les hommes auparavant jetaient leur femme à la rue (façon de parler) quand ils n’en voulaient plus. Il a donc cadré cette pratique pour que l’homme respecte un tout petit peu plus la femme (mais pas assez à notre gout, ni au gout de Jésus)

Pourquoi Jésus a-t-il condamné la répudiation? Pour donner à la femme sa place dans la société non pas comme un citoyen de seconde zone, mais comme un être humain à part entière.

Aujourd’hui, en France, même si l’égalité homme-femme n’est pas parfaite, il n’y a plus de répudiation, il y a divorce avec, a priori, accord des 2 parties… Une grande évolution!

Et quand un couple en arrive au divorce, on peut s’en attrister, non parce qu’il s’opposerait d’une quelconque manière à la Bible et à ses commandements, mais bien parce que humainement, c’est une période difficile à traverser. Ce peut également être pris comme un échec…

 

Le problème avec les pharisiens, c’est qu’ils considèrent tout ce qui les entoure de façon utilitaire, en particulier dans le respect des commandements, mais également concernant l’amour qu’ils portent aux autres: ma femme ne me sert plus à rien, je la répudie! Ils n’ont pas compris que l’amour n’a pas de but utilitaire, non l’amour est tout simplement gratuit! D’un certain côté, on pourrait même dire que l’amour ne sert à rien… ce n’est pas par amour qu’on va avoir une grosse voiture, de beaux habits… ou alors, on s’est trompé de sentiment!! D’un autre côté, l’amour sert à tout, il sert à remplir nos vies, à nous combler, non en biens, mais en grâce, en béatitude…

Et Dieu ne veut que notre bonheur, vous savez, il nous demande instamment de choisir la vie et non la mort et lorsque ce bonheur est menacé, détruit, bafoué, il est nécessaire d’agir.

Croyez-vous que Dieu prend plaisir à voir au sein d’un couple une femme battue ou un mari délaissé, rabaissé? Et même sans en arriver à ces extrêmes, quand un couple ne partage plus rien, se crie dessus, que faire? Car parfois l’effort à fournir est trop grand et les corps, les esprits sont fatigués. Oui, parfois, la montagne est trop haute à gravir et pour la sécurité de tous, il est préférable de faire demi tour et cela sans avoir peur du regard des autres face à l’échec, de leur jugement.

Car dans ce domaine nous sommes parfois devenus maitres: juger, condamner, mettre notre grain de sel. Ah, il n’est pas question de tourner le dos à ces couples en détresse, mais au contraire d’être présent pour accompagner, être une épaule sur laquelle une tête peut venir se reposer.

 

Car, qui sommes-nous pour faire la morale? Même Dieu n’est pas un Dieu de la morale! Il est le Dieu de la liberté d’aimer et d’être aimé. Il est le Dieu qui ouvre ses bras à tous, même à ceux qui sont rejetés, aux pécheurs, aux samaritains et même aux pharisiens qui lui en ont pourtant fait voir de toutes les couleurs. Il est comme Jésus dans l’Evangile qui ouvre ses bras pour accueillir les enfants et les bénir… oui, Dieu a certainement du bénir les pharisiens aussi! Nous sommes appelés à nous jeter dans les bras du Père, à nous laisser bénir.

Dieu nous ouvre à la liberté, mais il ne nous abandonne pas, il est celui vers qui nous pouvons revenir dans la foi, la confiance et l’amour. Dieu est ambitieux pour nous et il veut le meilleur dans nos vies. Il ne veut pas que nous nous détruisions dans des relations mortifère : parfois il faut briser ces chaines pour tout simplement vivre.

 

Et oui, il met devant nous la mort et la vie, à chacun de faire son choix. Pour ma part, j’ai choisi la confiance en ses bras. Amen

 

 

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