Pastourelle

une parole parmi tant d'autres, mais une parole quand même

 

Regarde!! – 25 octobre 2015 2 février 2016

Classé dans : Prédications — pastourelle @ 17 h 34 min

Marc 10, 46-52

Le passage que nous venons de lire est le dernier miracle relaté dans l’Evangile de Marc. Ce n’est pas le 1er récit de guérison d’aveugle. C’est le 2nd. Et ces 2 récits de guérison encadrent un passage important de l’Evangile: la triple annonce de la passion par Jésus – il va mourir, mais ressuscitera ensuite. Une annonce plus ou moins bien prise au sérieux par les disciples qui préfèrent ne pas imaginer une telle issue à leur histoire commune. Alors oui, la question de l’aveuglement est importante dans ces chapitres.

L’évolution entre ces 2 récits suit l’évolution du ministère de Jésus durant le même laps de temps: d’un ministère qui doit rester caché à un ministère vécu à la vue de tous.

 

La 1ère guérison a lieu à Betsaida (ch8) et on amène un aveugle à Jésus: on ne sait pas son nom, ce ne doit pas être très important. Jésus l’emmène à l’écart non pas que de la foule, mais également du village. L’aveugle est guéri après que Jésus lui ai craché sur les yeux et lui ai imposé les mains. Et Jésus termine en lui intimant l’ordre de ne pas rentrer au village: personne ne doit être informé de ce miracle.

 

Que se passe-t-il en Marc 10? Et bien strictement rien de similaire. Tout d’abord on sait comment s’appelle l’aveugle: Bartimée. On en sait même plus: il est fils de Timée. Bartimée est donc fils de Timée. Ce qui est étonnant car Bartimée veut lui même dire Fils de Timée. Cette insistance doit donc vouloir dire quelque chose.

Et effectivement, car en araméen Timée signifie impur. Et vous savez certainement comment était considérée l’infirmité à l’époque: comme la punition à un péché de soi-même ou de ses parents. Et bien là nous avons la confirmation de cette croyance : Bertimée est le fils impur (ou le fils de l’impur) ce qui explique son infirmité. Mais tout n’est pas figé car Timée en grec signifie honoré. Imaginez un peu Bartimée tient dans son identité 2 extrémités: l’impureté et l’honneur. Avant de rencontrer Jésus, il n’était qu’un impur de plus dans les rues de Jéricho, mais la rencontre va tout changer.

 

Donc nous savons qui est l’aveugle et vous savez également l’importance d’être appelé par son nom. Dans ce passage il n’est pas que l’aveugle. Il est avant tout Bartimée qui a une particularité: son aveuglement. Etre appelé par son nom, c’est lui rendre sa dignité d’être humain.

 

Ce n’est pas Jésus qui va aller vers lui. C’est Bartimée qui crie pour attirer l’attention. Un cri qui vient du coeur et que la foule essaie de faire taire: non pas seulement parce qu’il dérange (il faut avouer que quelqu’un qui braille de la sorte dans la rue ce n’est pas des plus agréable), mais parce que Bartimée blasphème. Ecoutez ses propos: « Fils de David, Jésus, aie compassion de moi ». Il prend ce nazaréen pour un roi: et oui, fils de David – fils du trône.

Voila la confession de foi de Bartimée et Jésus ne le dément pas, il ne le fait pas taire, il ne lui impose pas le silence comme il le fait parfois.

 

Jésus l’entend et le fait appeler. Il ne s’approche pas de lui, c’est à Bartimée de faire la démarche.

A ce moment-là Bartimée se sent pousser des ailes. Le voila qui jette son manteau de dessus ses épaules et se précipite vers Jésus.

Oui, Bartimée jette son manteau comme si il se débarrassait d’un poids trop lourd. Le poids de son héritage, lui le fils de l’impur (ou le fils impur), lui l’aveugle. Son nom est trop lourd à porter, son héritage, son infirmité : tout cela lui pèse trop, il en a plein le dos. Alors, il s’en débarrasse car un homme qui passe par là lui ouvre une espérance. Ce n’est pas n’importe qui: c’est Jésus, le fils de David.

 

Jésus le fait appeler et Jésus va lui parler, lui poser cette question toujours étonnante dans la bouche de Jésus: que veux-tu que je fasse pour toi?

Et on imagine la tête de l’aveugle… quelle question! Cela me fait penser à la scène de guérison du paralytique de Capharnaüm que les amis descendent par le toit de la maison: lorsque Jésus le voit couché sur un brancard, il lui dit : tes péchés te sont pardonnés… J’imagine également la tête du paralytique se disant en lui-même: mais n’a-t-il pas vu que mon problème se situait à un autre niveau que les péchés!!

 

Bartimée doit aussi se poser des questions intérieurement: ne voit-il pas que je suis aveugle? Mais il lui répond simplement: « Rabbouni, que je retrouve la vue ».

Et là, Jésus ne fait rien: pas de crachat sur les yeux, ni de boue, pas d’imposition des mains, rien, juste un parole pour toucher le coeur de cet homme: « va, ta foi t’a sauvé ». Et que fait Bartimée? Il suit Jésus, il doit d’ailleurs être présent lorsque Jésus entre dans Jérusalem peu de temps après.

 

Voyez donc cet homme qui était plus bas que tout, réduit à mendier car son infirmité lui interdit de vivre une vie normale qui va être relevé par une seule parole de Jésus. Cet homme, en quelques secondes a compris Jésus, son message, sa puissance d’amour. Il a recouvré la vue et peut maintenant vivre comme il le souhaite sans le fardeau de son héritage.

Ce passage témoigne encore une fois de la grâce de Dieu: être aimés, qui que nous soyons et quoi que le monde, la foule puisse penser de nous: boiteux, aveugles, aimables, indignes, même impurs nous pouvons nous tenir face au Christ et être aimé de lui.

 

Bartimée a tout compris en peu de temps. Et il est maintenant temps que tout le monde comprenne, même les disciples ne veulent toujours pas admettre l’évidence. C’est pourquoi Jésus ne fait pas taire Bartimée, il le laisse le désigner comme fils de David. Il n’est plus temps de se taire ni de se cacher, il est trop tard. Il est temps d’ouvrir les yeux sur la massivité de Jésus, sur sa royauté (qui n’est pas une royauté telle que nous l’entendons habituellement). Il est temps d’ouvrir les yeux sur sa présence à nos côtés, sur sa grâce et de nous laisser envahir par elle.

Il est temps que les disciples acceptent l’inacceptable : Jésus va mourir; mais il est également temps qu’ils acceptent l’inimaginable : il va ressusciter.

Il est également temps pour nous de laisser tomber nos vieux manteaux, ce qui nous écrase, nous emprisonne pour nous retrouver face au Christ en vérité avec ce qui fait notre particularité, notre personnalité. Oui, la grâce nous est donnée de jeter notre manteau et de vivre librement, sans être esclave des autres, demeures paroles, de leur emprise, de leurs actes. Alors, qu’est-ce qui nous empêche de vivre?

 

Et comment répondons-nous à la question posée par Jésus à Bartimée, mais qui pourrait nous être adressée car nous avons tous nos infirmités visibles ou invisibles. Voulons-nous guérir également comme Bartimée, attendons-nous que Jésus nous prenne par la main? (bien sûr, il est capable de le faire pour ne laisser personne sur le bord de la route) ou sommes-nous prêts à crier, à bondir, à courir et à suivre?

Sommes-nous tout simplement prêts à vivre des bénédictions données par le Christ ou préférons-nous nous soumettre aux paroles qui écrasent, qui font mal…? La foi est un choix: Bartimée a fait le choix de suivre Jésus et nous, quel choix faisons-nous celui de la grâce et de la bénédiction ou celui du fardeau de ce monde? Etonnant qu’il soit si difficile de répondre à cette question… J’ai envie de vous dire un petit secret: on a tout à gagner en suivant Jésus… mais cela comporte un inconvénient: une fois qu’on a fait ce choix, on ne peut pas le garder pour soi!

Allez, faisons le bon choix. Amen.

 

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Youssef ALLOUCHA |
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