Pastourelle

une parole parmi tant d'autres, mais une parole quand même

 

Aie confiance – 13 mars 2016 14 mars 2016

Classé dans : Prédications — pastourelle @ 13 h 30 min

Luc 19, 28-39

Encore une fois, nous sommes un peu décalé par rapport à l’année liturgique, mais rien de bien important: juste une petite semaine d’avance sur la fête des Rameaux… mais la semaine prochaine, c’est l’Assemblée Générale… Enfin bon, Dieu ne nous tiendra certainement pas trop rigueur de cette petite entorse calendaire.

 

Voici donc ce passage de l’Evangile de Luc (d’ailleurs présent dans les 4 Evangiles, pas toujours raconté de la même manière), où Jésus entre triomphalement dans Jérusalem. Mais cette entrée triomphale est assez étrange: quel était le besoin de Jésus de se montrer ainsi, à Jérusalem. Il était plutôt humble précédemment dans ses manifestations, comme lorsqu’il dit à Jairos de ne rien dire concernant la guérison/résurrection de sa fille.

Bien sûr, sa réputation le précède, on connait ce personnage qui prêche dans les synagogues et qui guérit bon nombre de malades/handicapés/impurs.

Bien sûr, on le connait à Jérusalem, mais pourquoi a-t-il besoin de se hisser sur un ânon?… Et bien, peut-être parce qu’il est temps de passer aux choses sérieuses, d’ouvrir enfin complètement les yeux de ces hommes et femmes car les jours sont comptés: Jésus le sait, l’annonce, même si les disciples sont toujours perplexes face à cette mort annoncée par leur maitre et ami.

Oui, il est temps d’accomplir les prophéties comme celle de Zacharie: « 9Sois transportée d’allégresse, Sion la belle !

Lance des acclamations, Jérusalem la belle ! Il est là, ton roi, il vient à toi ; il est juste et victorieux, il est pauvre et monté sur un âne, sur un ânon, le petit d’une ânesse. ». Jésus n’a pas besoin de rappeler les paroles de Zacharie au peuple de Jérusalem, car ces paroles, chacun les connait et a dû espérer leur réalisation de nombreuses fois. Alors chacun se prosterne devant ce roi annoncé par les prophètes.

 

Dans l’Evangile de Luc, pas de rameaux, mais des vêtements, uniquement des vêtements étendus par terre comme pour former un tapis d’honneur, comme cela pouvait se faire lors d’intronisation royale.

Combien étaient-ils à acclamer Jésus? Nous n’en savons rien. SI les syndicats et la police avaient été présents, au moins nous aurions eu une fourchette, même très large! Mais ils sont là et font assez de bruit pour que les pharisiens en soient outrés… Mais bon, il en fallait si peu pour outrer un pharisien!

 

Mais revenons en arrière, quelques minutes avant cette entrée royale de Jésus à Jérusalem, revenons à cette demande prophétique de Jésus: « Allez au village qui est en face ; quand vous y serez entrés, vous trouverez un ânon attaché, sur lequel aucun homme ne s’est jamais assis ; détachez-le et amenez-le. 31Si quelqu’un vous demande : « Pourquoi le détachez-vous ? », vous lui direz : « Le Seigneur en a besoin. ». Et poursuivons avec la réalisation de cette demande en imaginant la scène: Voila 2 disciples arrivant au village, voyant l’ânon, s’approchant, le détachant et là, tout de même, cette question bien légitime: « Pourquoi le détachez-vous? ».

Maintenant, imaginons la scène aujourd’hui: vous êtes dans votre jardin, 2 personnes s’approchent de votre entrée de garage, tentent d’ouvrir la portière, y arrivent et s’installent à l’intérieur du véhicule… Et vous vous approchez tranquillement, et demandez: « Mais pourquoi prenez-vous ma voiture? ». Et eux de répondre: « Le Seigneur en a besoin ». Et vous de conclure: « Ah bon, d’accord, bonne journée Messieurs »… Mais oui, bien sûr, vous réagiriez ainsi!! Non, le 1er réflexe serait de leur crier dessus puis d’appeler la police!!

 

Là, pas d’histoire, les disciples repartent avec l’ânon et Jésus va pouvoir agir comme prévu.

Et nous pouvons nous arrêter sur le comportement des maitres de l’ânon qui n’ont pas besoin de longues explications pour obéir: peut-être ont-ils reconnu les disciples… Une bande de 13 hommes qui se promènent toujours ensemble dont un enseigne et guérit, cela ne doit pas passer inaperçu; peut-être est-ce la tradition que de rendre service sans poser de question, sans s’encombrer de trop de formalité. Aujourd’hui, on aurait dit aux disciples: il s’appelle revient!

Mais qu’ils connaissent ou pas Jésus et ses disciples, ils ont confiance et ne mettent aucune condition au prêt de l’ânon. Ils ont une confiance aveugle pour ce « Seigneur » et pour ces 2 disciples qui se présentent à eux. Peut-être se disent-ils qu’ils sont tout à gagner à prêter l’ânon, non pas de façon comptable, mais de manière spirituelle et humaine. Peut-être sentent-ils qu’il va se passer quelque chose, qu’un cairns est sur le point d’advenir.

Oui, ils ont confiance, ils ont foi en cet homme qui demande un ânon. Pour eux la confession de foi ne se fera en paroles, mais en actes. Plus tard, dans Jérusalem, les hommes et les femmes crieront  et fêteront leur foi: « Béni soit celui qui vient, le roi, au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire dans les lieux très hauts ! ». Même les pharisiens reconnaitront une certaine autorité à Jésus en l’appelant « maitre ».

 

Et nous, comment confessons-nous notre foi en Dieu? Comment témoignons-nous de notre confiance au Dieu de Jésus-Christ? Par des gestes: en étant là ce matin; par des paroles en louant, en chantant, en priant, en nous remettant entre les mains de ce Père miséricordieux et bien sûr en confessant clairement ce en quoi nous croyons.

Lorsque j’étais jeune, dans l’EELF, il n’y avait qu’un seul texte de confession de foi qui avait droit de cité durant le culte: le symbole des apôtres … « Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre.

Et en Jésus Christ, son Fils unique, notre Seigneur ; qui a été conçu du Saint Esprit, est né de la Vierge Marie… » Lorsque j’ai commencé mes études de théologie, projetant vaguement un ministère pastoral, je me disais que seul le Symbole des Apôtres était digne de dire ma foi et que lors de mes cultes, je n’utiliserais que celui-ci. J’avoue, j’avais tendance à mépriser les textes écrits par des contemporains: pour qui se prenaient-ils à écrire leur foi ainsi, à vouloir me faire acquiescer à leurs mots. Et pourtant, on évolue, on change… Le symbole des apôtres n’est plus une évidence pour moi, au contraire, il a tendance à me déranger avec son Père tout puissant… Et je me suis même mis à écrire des confessions de foi pour les partager lors des cultes.

Mais il est vrai qu’en tant que paroissienne, je suis toujours bousculée par des confessions de foi nouvelles et je me surprends à commenter: ah oui… et les mots sont tellement bien choisis ou alors: ah ça non, je ne suis pas d’accord!!… Mais toujours ces textes suscitent la réflexion.

Et il est tellement difficile d’avoir une confession de foi universelle dans le protestantisme : sans dogme, nous posons en mots ce qui nous fait vivre profondément.

 

Vous êtes peut-être au courant que l’EPUdF créée en 2013 est en réflexion pour écrire sa déclaration de foi qui sera adoptée lors du synode national de 2017 après une réflexion end synode régional.

Mais comme c’est de coutume dans notre Eglise, la réflexion commence à la base, c’est à dire au sein des Eglises locales.

Imaginez donc, ce ne sont pas moins de 400000 personnes qui sont appelés à donner leur avis sur une proposition de base. 400000 personnes!! Déjà qu’essayer de mettre d’accord 2 protestants relève du défi, alors 400000…

Je crois que nous ne serons jamais totalement satisfaits de ce qui sortira de cette réflexion, mais n’est-ce pas mieux ainsi?

Ah certes, nous souhaiterions une déclaration de foi dans laquelle nous glisser sans souci, un peu comme dans des pantoufles… Oui, mais voila, vous savez ce qui se passe lorsqu’on met des pantoufles à la maison, et bien, on se pose et on n’a plus envie de rien faire, on ne veut plus bouger, on devient plan plan. Alors, il est peut-être préférable que cette déclaration de foi ne soit pas une déclaration de foi – charentaise, je la préférerais basket ou chaussure de randonnée pour ne pas me laisser m’endormir, pour toujours être en réflexion, en discussion et pour ne pas avoir l’impression d’être arrivée.

 

Nous pouvons compter sur l’Esprit pour sans cesse nous décentrer, nous déstabiliser et dans ce processus synodal, je crois qu’il va falloir faire vivre cette phrase présente dans l’ancienne déclaration de foi de l’Eglise Réformée et d’ailleurs reprise dans la déclaration d’Union de notre Eglise  : « A celui qui peut, par la puissance qui agit en nous, faire infiniment au-delà de tout ce que nous demandons ou pensons, à lui soit la gloire, dans l’Église et en Jésus-Christ, de génération en génération et aux siècles des siècles ! Amen ! »

 

 

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