Pastourelle

une parole parmi tant d'autres, mais une parole quand même

 

Un élan fondateur 25 avril 2016

Classé dans : article — pastourelle @ 12 h 16 min

Article publié dans Réveil – avril 2016

Un élan fondateur

Etre au bénéfice de semeurs qui s’ignorent, c’est remercier sans cesse le Seigneur de les avoir placés sur sa route, eux qui ont permis qu’un chemin de vie et de foi se trace petit à petit.

C’était une après midi d’automne, dans le local de la meute unioniste de Plaisance, au sous-sol d’un immeuble parisien. Ce devait être ma première participation à un moment spirituel, je ne me souviens pas du contenu… j’avais 8 ans… mais seulement du chant: « Allez dans le monde entier, de tous les peuples, faites des disciples, alleluia, amen ». J’avais beau participer au catéchisme de la paroisse luthérienne de Saint Jean, je ne savais pas encore qu’il s’agissait d’un passage de l’Evangile, la finale de Matthieu. Je ne savais pas non plus que ces paroles allaient m’accompagner tous les jours de ma vie et être un moteur important au moment de rencontrer la Commission des Ministères de l’Eglise Evangélique Luthérienne de l’Inspection de Paris et d’entrer à l’Institut Protestant de Théologie.

Cette mélodie ne m’a jamais quittée, elle trotte toujours dans ma tête et me rappelle sans cesse ces paroles du Christ, très connues (peut-être trop, au point de les banaliser, de ne les entendre que comme un slogan sans les mettre en pratique), mais fondamentales dans ma vie de foi, de chrétienne… tout simplement  dans ma vie quotidienne puisque je ne peux séparer ma foi de ma personne. Je ne mets pas ma foi de côté pour devenir quelqu’un d’autre selon les circonstances: les paroissiens le dimanche matin ont exactement la même personne en face d’eux que les volleyeurs les soirs de matchs, la tenue vestimentaire exceptée!

Ce verset de Matthieu m’habite entièrement, non pas au point d’en devenir prosélyte, ce n’est pas dans ma nature, mais il me donne l’élan nécessaire pour être moi-même, ne pas cacher ma foi et surtout ne pas en avoir honte, dans ce monde dans lequel je suis envoyée, dans lequel je vis, auprès des personnes que je rencontre, en particulier en dehors du cadre ecclésial: les parents de l’école, les coéquipiers du volley, la famille, les amis, tout le monde sait que je suis pasteur et je n’ai jamais rencontré la moindre critique, la moindre mise à l’écart du fait de cet engagement ecclésial… au contraire, les discussions sont plus profondes, moins superficielles, de belles rencontres se font et des amitiés improbables se nouent.

« Allez dans le monde entier, de tous les peuples, faites des disciples » : dans le monde, j’y vais, j’y suis, j’y vis, tout en essayant de rendre l’Eglise accessible, de casser cette idée que les croyants sont forcement austères, dogmatiques, intolérants, et surtout enfermés dans des conceptions d’un autre siècle. Pour ce qui est de faire des disciples, c’est une autre affaire: je sème et je ne suis pas du genre à vouloir absolument voir les fruits de mon labeur, l’aspect comptable de la foi me désespère. Je sème tout comme mes responsables louveteaux avaient semé en leur temps sans savoir que ce chant choisi peut-être à la va-vite, peut-être sans trop de conviction, allait être le déclencheur et l’accompagnateur d’une vocation pastorale.

 

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