Pastourelle

une parole parmi tant d'autres, mais une parole quand même

 

Baptême – 14 aout 2016 20 septembre 2016

Classé dans : Prédications — pastourelle @ 12 h 25 min

Marc 10, 13-16; Psaume 91, 9-12

Vous savez, bien souvent de nos jours, les demandes de baptêmes nous viennent de familles totalement inconnues (même Jacques n’est pas informé de leur existence, c’est pour dire!), alors, il nous faut du temps pour apprendre à connaitre la famille, les enfants, leur cheminement car si l’Eglise Protestante Unie ne refuse pas de baptiser des enfants, nous aimons bien savoir à qui nous avons à faire et si la célébration du baptême ne sera qu’une fête folklorique pour faire plaisir à la grand mère ou si quelque chose de plus profond s’y vivra… et nous faisons tout pour que quelque chose de profond s’y vive!

 

Mais quand c’est une famille connue, impliquée, les choses sont tout autres: ils n’ont pas besoin de nous convaincre de leur « bonne foi » car nous les savons déjà convaincus et les préparations de baptême sont de vrais temps de partage conviviaux: un vrai plaisir pour le pasteur que je suis! Et puis, Léonore étant déjà une grande habituée des cultes, je suis sûre qu’elle sait déjà tout de la théologie de la grâce, du sacerdoce universel, de l’importance de l’Ecriture dans le protestantisme. Ce n’est d’ailleurs peut-être pas la peine que je poursuive plus longtemps ma prédication!!

Je continue quand même… parce que Agnès et Pier-Yves, vous avez choisi 2 textes qui nous disent notre relation à Dieu.

 

Le Psaume 91 nous parle de protection, du Seigneur comme d’un abri. Mais attention, rien de magique dans tout cela. Il y a encore si peu de temps, on considérait le baptême comme un acte magique, à la limite de la superstition : il fallait que les enfants soient baptisés le plus tôt possible au cas où il leur arrive malheur, Dieu pourrait alors les reconnaitre comme ses enfants, comme si le baptême apportait une odeur particulière et qu’avec son flair exceptionnel, Dieu pouvait faire le tri: baptisé/pas baptisé; paradis/enfer… voire purgatoire!

Mais le fond du baptême n’est pas là.

Car le baptême, c’est quoi ? Et bien, c’est un signe visible : le signe visible de la grâce invisible de Dieu. Bien évidemment, la grâce de Dieu n’a pas besoin de ce signe pour exister. Elle est là, présente pour nous. C’est nous qui avons besoin de ce signe pour que nous nous rappelions de cette grâce, pour que nous nous rappelions que nous sommes avant tout enfants de Dieu.

 

Calvin disait que les sacrements sont comme des béquilles qui nous permettent de marcher sur le chemin de la foi. Jésus nous a demandé de célébrer la Cène et de baptiser pour que notre esprit et notre cœur n’oublient pas : Ce sont comme des piqures de rappel : la cène : n’oubliez pas, il s’est offert en sacrifice, il est mort, mais il est ressuscité pour vous ; le baptême : n’oubliez pas le grand amour de Dieu pour vous, sa grâce est sur vous tous.

Et il est vrai que lorsque nous célébrons un baptême, c’est un signe fort pour le baptisé, mais c’est également un rappel pour nous autres, baptisés de plus ou moins longue date.

 

Alors, le baptême n’est pas une assurance tout risque, mais il est ce signe qui nous rappelle que nous sommes aimés, que nous sommes enfants de Dieu et que, si nous en avons besoin, si nous le souhaitons, nous pouvons nous tourner vers lui pour lui remettre nos doutes, nos joies, bien évidemment, mais aussi nos fardeaux, nos peines. Et avoir ce Père auprès de nous, nous aide à traverser les épreuves autrement.

 

Comme je vous le disais, on a l’habitude de dire que les sacrements (baptême et sainte cène) sont les signes visibles de la grâce invisible de Dieu. Et on peut dire que le baptême est le signe de l’amour de Dieu.

Mais Dieu n’aime pas que ceux qui peuvent consciemment confesser leur foi. Et l’amour qu’il a pour les enfants en est le plus grand exemple. Le passage de l’Evangile de Marc que nous avons lu expose bien cela : ‘le royaume de Dieu est pour ceux qui sont comme les enfants’.

Dans ce passage, on voit les disciples empêcher les enfants de s’approcher de Jésus : et oui, les enfants, ça fait du bruit, ça ne comprend pas grand-chose. Mais Jésus se moque bien de cela.

 

Mais ce n’est pas l’innocence des enfants que Jésus apprécie, car il faut l’avouer, dès qu’ils savent marcher, les bêtises commencent, remplies de malice, avec un petit air coquin… et ce n’est que le début!!

Alors, ce qui fait la richesse des enfants, ce sont ces qualités qu’ils possèdent de façon innée, et que les adultes tentent désespérément de retrouver.

 

Tout d’abord l’enfant accepte d’avoir besoin des autres. Pour vivre, il lui faut tout recevoir: nourriture, chaleur, sécurité, affection. Il ne se révolte pas d’être ainsi dépendant, et il est heureux de faire confiance.

Dès qu’on porte un enfant sur les bras durant quelques minutes, on dit: « Oh, qu’il est lourd! ». C’est parfois pour faire plaisir à la maman (« mais qu’il est bien nourri cet enfant!! »), mais de fait un enfant ne cherche pas à se faire léger: il s’abandonne de tout son poids dans les bras qui l’accueillent.

 

Ensuite, l’enfant trouve normal d’être aimé, compris, attendu, pardonné. Il ne s’interroge pas sur ce qu’il vaut, et ne se demande pas s’il est propre ou barbouillé, parce qu’il est sûr d’avance d’être aimé comme il est, d’être grondé quand il le mérite, et d’être lavé aussi souvent qu’il le faudra.

Enfin l’enfant est tout en promesse, et sans s’occuper de l’avenir il a tout l’avenir devant lui. Sa chance, c’est son inachèvement, sa souplesse, son ouverture.

C’est pourquoi le Royaume de Dieu est pour ceux qui acceptent d’avoir besoin du salut et du pardon, d’avoir besoin de Dieu, pour ceux qui se laissent aimer, qui laissent Dieu les aimer autant qu’il veut et comme il veut; pour tous ceux qui prennent conscience de la tendresse de Dieu à l’œuvre dans leur vie.

Voila quelle est la richesse des enfants et ce vers quoi nous devons tendre.

 

Pour terminer, je voudrais vous laisser cette prière :

 

Seigneur, dans ton Evangile tu as attiré l’attention sur les enfants, tu les a placés au centre en disant:
« C’est à eux qu’appartient le royaume des cieux! ».

C’est vrai, Seigneur, en nos enfants nous découvrons l’attente du royaume:

dans leur émerveillement et dans leurs rires, dans leur jeu et dans leur sérieux, dans leur envie et dans leur peur de grandir.

Nous te remercions, Seigneur, de nous apprendre, grâce aux enfants, à nous approcher nous aussi de toi et du royaume.

Apprends-nous, Seigneur, à être réellement pour eux un père et une mère, afin que nous les aimions tels qu’ils sont et que nous soyons attentifs à eux, afin que nous ne les gardions pas pour nous-mêmes avec notre amour et nos soins, mais que nous devenions capables de les préparer pour d’autres et de les laisser partir, afin que nous les aidions à trouver eux-mêmes leur propre chemin.

Nous savons que c’est difficile, Seigneur, pourtant nous avons appris de toi que la liberté est liée à la tendresse. Amen !

 

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