Pastourelle

une parole parmi tant d'autres, mais une parole quand même

 

Du pain, du vin et… des poissons – 29 mai 2016 20 septembre 2016

Classé dans : Prédications — pastourelle @ 12 h 10 min

Luc 9, 10-17; Genèse 14, 18-20; 1 Corinthiens 11, 23-26

Du pain, du vin et… des poissons: voici le menu des textes bibliques qui nous sont proposés ce dimanche. Les textes se répondent, se renvoient les uns aux autres. Nous découvrons Abraham, parti à l’assaut d’une multitude de rois, délivrant Loth et recevant la bénédiction d’un certain Melki Tsedeq, roi de justice et recevant de lui ‘offrande royale: le pain et le vin. Nous ne savons rien de Melki Tsedeq, ni ses origines, ni sa généalogie, pourtant son geste sera rappelé dans le psaume 110 ou encore dans l’epître aux hébreux qui annonce que Christ est prêtre pour toujours selon la tradition de Melki Tsedeq.

 

Ce pain et ce vin nous les retrouvons dans les paroles de Paul s’adressant aux chrétiens de Corinthe et qui rappelle l’institution de la Cène, ce dernier repas que Jésus a souhaité partager avec les disciples, ses amis: un repas de fête, un repas empli de simplicité, dont les 2 aliments, les plus communs à l’époque, deviendront les symboles de la présence de Jésus parmi nous. Du pain, du vin, une bénédiction prononcée sur ces aliments et un partage qui n’est pas sans rappeler cet autre partage, près de Betsaida: un partage improvisé mais qui deviendra signe de la grâce de Dieu.

 

Revenons à cet épisode qui se déroule sur les bords du lac de Tibériade. Les disciples sont de retour de leur mission: ils ont passé du temps loin de Jésus pour annoncer la bonne nouvelle et guérir les malades. Ils ont certainement beaucoup de choses à raconter à Jésus et c’est pourquoi, certainement, il les mène à l’écart: pour entendre le récit de leur mission, mais aussi pour recueillir l’excitation qui devait être la leur après avoir été témoins de tant de merveilles.

Mais difficile pour Jésus de se mettre à l’écart, de se retirer dans un endroit tranquille, car il attire les foules! Mais Jésus accepte cette situation, il ne les renvoie pas, mais au contraire, va profiter de cette rencontre pour les enseigner et même guérir.

 

On peut cependant imaginer la déception des disciples: eux qui souhaitaient prendre un temps de partage avec Jésus, les voila obligés de le « partager ».

Et ce n’est pas une petite foule qui est présente près de Betsaida. On parle de 5000 hommes. L’Evangile de Matthieu relatant le même épisode, nous indique qu’il y avait 5000 hommes rassemblés, sans compter les femmes, ni les enfants. On peut évaluer la foule à 30000 personnes.

30000 personnes réunies dans un lieu désert, seulement informées par le bouche à oreille, sans avoir eu à se connecter sur un compte Facebook ou twitter, sans avoir été invité numériquement à participer à un événement particulier. Parce qu’à l’époque, lorsqu’on suivait quelqu’un, ce n’était pas de manière dématérialisée, derrière un écran en scrutant ses moindres et faits et gestes, ou tout du moins ceux qu’ils souhaitaient partager… Non, c’était une suivante physique, avec femmes et enfants, au plus près de l’événement. Et en matière d’événements, ces 30000 hommes, femmes et enfants vont être servis: le miracle n’était pas prévu, mais il va avoir lieu.

 

Mais revenons au disciples: eux qui souhaitaient s’entretenir avec Jésus, sont rattrapés par 30000 personnes, autant dire que l’intimité des retrouvailles est bouleversée. Les 12 deviennent spectateurs de la scène et on peut comprendre leur agacement résumé dans cette phrase: « Renvoie la foule, pour qu’elle aille se loger et trouver du ravitaillement dans les villages et les hameaux des environs ; car nous sommes ici dans un lieu désert. ». Allez, oust, du balai, qu’on soit un peu tranquille. Non, ils ne veulent pas partager leur relation particulière avec Jésus, leur maître, leur ami.

 

Mais est-ce vraiment cela le problème des disciples? Sont-ils à ce point égoïstes ou tout simplement se sentent-ils dépassés et nous le serions également dans une même situation.

Aller à la rencontre de l’un ou de l’autre, prêcher dans les synagogues, réaliser quelques miracles est une chose, mais se retrouver confronté à autant de monde à la fois est invraisemblable! Et non seulement Jésus ne veut pas renvoyer la foule, mais donne cet ordre aux disciples: « donnez-leur vous même à manger ». Est-ce une blague? Jésus est-il vraiment sérieux? De quelle façon 12 hommes avec 5 pains et 2 malheureux poissons pourraient nourrir 30000 personnes? Impossible!

Et pourtant les disciples vont s’exécuter, organiser les rangs et distribuer la nourriture et tout le monde va manger à sa faim.

 

Oui, ce soir-là, sur les bords du lac de Tibériade, il y a bien eu un miracle. Certes, tout le monde a été nourri, mais j’ai envie de voir un autre miracle, plus humain, plus profond, plus profondément humain: alors que les disciples étaient dépités, désabusés par la charge de travail à réaliser, à la limite de baisser les bras et bien ils se sont au contraire relevés les manches et ne sont pas restés inactifs. Pour eux, la tache était impossible à accomplir, mais les paroles de Jésus leur ont donné la motivation nécessaire: ils n’ont pas seulement partagé les pains et les poissons bénis par Jésus, ils ont également accepté de partager le pain de vie, celui qui est la source de la vie, de la foi, de la confiance: Jésus.

 

Non, les disciples n’étaient pas convaincus par cette nouvelle mission, mais ils ont pris l’habitude de faire confiance à Jésus. Et en mettant en oeuvres ses paroles,i ls ont transmis à la foule leur confiance en Jésus. Ils ont témoigné par leurs gestes, par leurs mains tendues pour servir et grâce à eux, chacun a pu être au bénéfice de la grâce de Dieu.

 

Oui, ce jour-là, les disciples n’ont pas seulement distribué de la nourriture terrestre, ils ont fait bien au-delà.

 

Combien de fois dans nos vies personnelles ou en Eglise estimons-nous que la mission est trop difficile à accomplir? Combien de fois baissons-nous les bras avant même d’avoir essayé? Certains commandements de Jésus, nous acceptons volontiers de les suivre comme celui qu’il a laisser aux disciples lors du dernier repas de la Pâques: « faites ceci en mémoire de moi, toutes les fois que vous en boirez » … Oui partager le pain et le vin entre nous ne nous expose pas. Nous célébrons la cène dans notre petit cocon un peu fermé, il faut l’avouer. Par contre, son dernier commandement est plus difficile pour nous: « Allez, faites des gens de toutes les nations des disciples, baptisez-les pour le nom du Père, du Fils et de l’Esprit saint, 20et enseignez-leur à garder tout ce que je vous ai commandé ».

 

Il faut nous comprendre aussi: nous sommes si peu nombreux, nous n’avons pas les forces pour tout cet ouvrage et puis, il nous oblige à sortir de notre « entre-nous », un peu comme les disciples qui ont du ouvrir le cercle fermé pour que d’autres découvrent Jésus et vivent par lui.

Non, en fait, il n’y a pas de bonnes excuses à notre immobilisme. On dit qu’à l’impossible nul n’est tenu… mais rien ne nous interdit d’essayer, comme les disciples qui finalement ont réussi leur mission. Et prenons à notre compte cette phrase de Jésus: « Levez-vous, n’ayez pas peur… » Oui, levons-nous n’ayons pas peur et soyons source de miracles.

Amen !

 

 

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Youssef ALLOUCHA |
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