Pastourelle

une parole parmi tant d'autres, mais une parole quand même

 

Pentecôte, jour de folie – 15 mai 2016 20 septembre 2016

Classé dans : Prédications — pastourelle @ 12 h 05 min

Actes 2, 1-21; Jean 14, 15-26

J’aime beaucoup ce passage des Actes qui nous raconte cette journée de Pentecôte… il y souffle comme un vent de folie. La scène qui nous est présentée est surréaliste, d’ailleurs, les spectateurs n’y comprennent pas grand chose et chacun y va de son interprétation… et il faudra que Pierre fasse un long discours pour que la foule comprenne… et croie… car passées les 1ères interrogations, ils seront tout de même 3000 à se convertir ce jour-là.

 

Mais revenons à cette scène que je vais tenter de vous resituer.

Les disciples, de nouveau 12 puisque Judas a été remplacé par Matthias après tirage au sort, ont pris l’habitude de se retrouver dans une chambre haute, une chambre à l’étage d’une maison qui n’est autre qu’une terrasse aménagée sur le toit d’une habitation. De l’extérieur, on peut donc les entendre (en tendant l’oreille), mais pas les voir. 

Ils sont donc ensemble, sur ce toit, protégé du regard du monde, peut-être sont-ils en train de prier, de s’enseigner mutuellement et là, des langues de feu se posent sur chacun d’eux. Et chacun se met à parler une langue différente, mais pas n’importe quelle langue, non, mais celles qui pourront être comprises par les passants de Jérusalem.

 

Maintenant, descendons d’un ou 2 étages, dans la rue. Il n’est que 9h du matin, mais il y a déjà du monde dans les rues car la Pentecôte est une fête juive importante, elle s’appelle Chavouot, c’est la fête des moissons, des prémices, une fête agricole et il était de coutume de monter à Jérusalem pour la fêter. Il y avait donc du monde dans les rues et ruelles de Jérusalem.

Il devait être connu de tous à Jérusalem que les disciples avaient pris l’habitude de se réunir dans une des maisons, là-haut dans la chambre haute.

Et ce jour-là, les passants, les riverains entendent comme un bruit violent venant de cette habitation et les disciples parler dans des langues qui ne sont pas les leurs. On peut imaginer de quelle façon cet événement a pu attirer du monde, chacun se demandant ce qui pouvait bien se passer là-haut…. Nous aussi certainement, si nous avions été présents, nous aurions été attirés par l’agitation!

Et il n’est pas étonnant que certains, ayant déjà quelques doutes sur la santé mentale des disciples, aient pu envisager le fait que les 12 aient un peu trop abuser de vin, malgré l’heure matinale!!

 

Mais non, ce n’est pas le cas, ils ne sont pas saouls et Pierre, par la suite expliquera au peuple, à la foule rassemblée les raisons de ce « remue -ménage ».

 

Bien souvent, dans les Evangiles, les disciples ont du mal à comprendre Jésus, ils ne veulent pas le croire, en particulier lorsque celui-ci annonce sa mort. Et bien là, Pierre, certainement à l’image de ses co-disciples, a tout de suite interprété les événements: Jésus les avait prévenu à de nombreuses reprises qu’ils ne resteraient pas seuls très longtemps, comme dans ce passage de l’Evangile de Jean qui a été lu tout à l’heure: « Moi, je demanderai au Père de vous donner un autre défenseur pour qu’il soit avec vous pour toujours »; « c’est le Défenseur, l’Esprit saint que le Père enverra en mon nom, qui vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que, moi, je vous ai dit. »; ou encore par 2 fois dans le livre des Actes, au chapitre 1er : « Comme il se trouvait avec eux, il leur enjoignit de ne pas s’éloigner de Jérusalem, mais d’attendre ce que le Père avait promis — ce dont, leur dit-il, vous m’avez entendu parler : 5Jean a baptisé d’eau, mais vous, c’est un baptême dans l’Esprit saint que vous recevrez d’ici peu de jours. »; « Mais vous recevrez de la puissance quand l’Esprit saint viendra sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et en Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. ».

Alors, oui, les disciples étaient au courant, ils savaient que l’Esprit allait descendre sur eux, leur être donné… mais ils ne savaient ni quand ni comment. Mais dès que ces événements arrivent, ils comprennent et croient. Et, bien malgré eux, ils vont tout de suite témoigner à la terre entière, à la multitude des nations et interpeller chacun et chacune dans sa langue maternelle, sans même descendre de la chambre haute.

 

Oui, c’est un événement complètement fou qui nous est transmis par Luc dans les Actes des Apôtres. Mais l’Evangile lui-même est folie, la foi même est folie!

Oui, oui, nous sommes tous un peu fous. Oui, Martin, oui, David et Aurélie, oui, vous tous, nous tous, nous sommes un peu fous… enfin, tout du moins selon certains de nos entourages.

Oui, nous sommes fous de mettre le réveil à sonner le dimanche matin plutôt que de faire la grasse matinée.

Oui, nous sommes fous de donner du temps à l’Eglise alors qu’il y a tant d’autres choses à faire.

Oui, nous sommes fous de faire des kilomètres et des kilomètres pour retrouver les membres de la communauté.

Oui, nous sommes fous de croire en un Dieu qu’on ne voit pas… et summum de la folie: nous croyons même qu’il a envoyé son fils dans le monde, que celui-ci a enseigné, réalisé des miracles, est mort et qu’il est ressuscité!! O que oui, notre cas est grave… d’autant plus que nous croyons que tout cela est arrivé pour que l’amour règne sur le monde!… L’amour, quelle folie!

Mais qu’il est bon de vivre de cette folie, parce qu’elle n’est pas dangereuse, elle peut juste être contagieuse!

 

Je ne sais pas si vous avez déjà essayé d’expliquer votre foi? Aujourd’hui, nous avons eu 2 beaux témoignages de foi, de confiance. Mais ce n’est pas facile. Parce que tout cela est de l’ordre de l’intime, du personnel, c’est profond, ancré en nous.

Comment avons-nous eu la foi, comment l’avons-nous cultivée, comment recevons-nous l’esprit?

Pour ma part, j’avoue que je n’ai pas une langue de feu qui m’est tombée sur la tête un beau jour. Pas de moment décisif pour dire: tel jour à telle heure, j’ai reçu l’esprit.

Mais des événements marquants qui m’ont fait persévérer.

 

La foi c’est d’abord un don de Dieu et si nous acceptons ce don, si nous répondons présents à son appel, c’est alors une relation de confiance qui se met en place. Une relation qui se nourrit de lectures bibliques, de prières, qui s’enrichit d’échanges, d’interractions humaines et même de confrontations avec des personnes non croyantes ou autrement croyantes et qui peut se fortifier au temps de l’épreuve, ou parfois, au contraire, se rompre, mais la rupture n’est jamais définitive… en tout cas du côté du Père car ses mains sont toujours prêtes à accueillir à nouveau ses enfants.

C’est d’ailleurs ce que nous répétons toujours lors de baptême, de présentation et même de confirmation: oui, nous pouvons avoir envie de couper les ponts avec Dieu, pour des raisons qui nous sont personnelles, parce que la vie est faite de hauts, de bas, de soubresauts, oui, nous pouvons nous éloigner, mais si nous souhaitons revenir, notre place est toujours là, elle nous attend.

Mais c’est aussi à la communauté de savoir accueillir, de ne pas juger le chemin personnel de celui qui revient, de celui qui part, mais au contraire de prendre soin de ce frère ou de cette soeur qui cherche à nouveau une famille pour prier, pour louer Dieu.

 

Prendre soin de l’autre, c’est le sujet du passage choisi par Martin ce matin: faire bien attention de construire une balustrade pour éviter que quelqu’un ne tombe. D’ailleurs, il est aussi question là d’un toit en terrasse, d’une chambre haute! On peut donc imaginer que grâce à ce verset, les disciples étaient bien en sécurité lorsqu’ils ont reçu l’Esprit… et que, grâce à cette balustrade, ils ont pu descendre dans la rue et annoncer à tout Jérusalem les merveilles de Dieu, leur témoignage a ouvert les yeux et surtout les coeurs de leurs auditeurs qui ont pu à leur tour recevoir l’esprit, puisqu’ils ont répondu oui à l’appel adressé par Dieu.

 

Alors, nous, a priori, si nous sommes ici présents, c’est que nous avons répondu présents à l’appel lancé par Dieu, nous avons accepté son don, nous avons décidé de vivre par lui.

Si nous sommes ici présents, c’est aussi certainement parce que nous avons eu à faire à des frères et des soeurs qui ont pris soin de nous, qui ont construit des balustrades pour éviter que nous ne tombions, qui ont su nous accueillir comme ils pouvaient et qui nous ont fait comprendre que notre place pouvait être là, dans cette famille « inspirée ».

 

On dit que la foi ne se transmet pas, que seul Dieu peut la donner, mais nous pouvons témoigner: en paroles, comme les disciples, mais aussi en actes, en prenant soin des autres. Nous ne transmettons pas la foi, mais nous pouvons transmettre des balustrades pour éviter les chutes, des chaises pour que se posent les épuisés de la vie, des verres d’eau fraiche pour les assoiffés d’amour.

Que l’Esprit nous porte toujours au devant de ceux qui en ont besoin. Amen.

 

 

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