Pastourelle

une parole parmi tant d'autres, mais une parole quand même

 

Tout ça pour quoi? – 5 juin 2016 20 septembre 2016

Classé dans : Prédications — pastourelle @ 12 h 16 min

1 Rois 17, 17-24; Galates 1, 11-19; Luc 7, 11-17

Hier, nous avons vécu une rencontre des ainés en Savoie forte en émotion, le thème n’y était pas pour rien: « les racines de ma foi », en lien avec une série qui était proposée par notre journal régional Réveil : Mise en route, à propos des parcours de foi des uns et des autres. Et beaucoup ont pris la parole pour témoigner de leur histoire… Témoigner dans notre Eglise historique n’est pas toujours facile, alors, c’était un temps de partage rempli de confiance que nous avons vécu.

Il n’est pas toujours facile de déterminer les événements marquants, décisifs qui ont balisé nos parcours personnels de foi. Il peut y avoir une personne marquante, un texte biblique fondateur, une rencontre, un rassemblement jeunesse…

Chacun a son vécu de foi, aucun n’est supérieur à l’autre, chaque parcours a sa légitimité, même le plus biscornu… et oui, la foi n’est pas un long fleuve tranquille.

D’ailleurs les textes bibliques nous proposent souvent des chemins de vie plus que particuliers! Les textes du jour nous prouvent qu’il y a des hauts et des bas mais aussi des surprises, souvent bonnes d’ailleurs.

 

Voyez ces 2 récits de guérisons qui comportent de nombreuses similitudes. Voici 2 veuves qui n’ont comme seule famille que leur fils unique. Lequel meurt. Mais un homme de Dieu intervient et sauve l’enfant, le ramenant à la vie. Dans le 1er récit, il s’agit d’Eli qui a déjà une histoire commune avec la veuve puisque c’est elle qui l’a nourri au temps de la famine. Dans le second récit, l’homme de Dieu n’est autre que Jésus qui, étant pris de compassion devant la détresse de la femme, intervient pour sauver l’enfant.

Les mères et les fils ont été au bénéfice d’une rencontre. La grâce de Dieu s’est manifestée au coeur de la vie de ces femmes qui, de par leur statut de veuve étaient plutôt méprisées dans la société. Elles ont été relevées et surtout regardées et considérées avec amour.

 

Il ne s’agissait pas forcement pour elles des origines de leur foi, mais ces événements leur ont certainement permis d’enraciner un peu plus leur vie dans la confiance faite à Dieu.

Il en est un qui, pour le coup, à connu un événement marquant par lequel il peut dire: ce jour-là, j’ai connu Dieu, le Dieu de Jésus-Christ, c’est Paul et il en témoigne dans son Épitre aux Galates lorsqu’il s’adresse à ces non-juifs qui ont découvert Jésus et son enseignement.

Oui, Paul a un parcours de foi hors norme. Juif zélé il avait trouvé sa voie: la persécution des chrétiens et il excellait en la matière, courant les synagogues avec des lettres de mission pour arrêter un maximum de disciples de Jésus. La haine lui donnait des ailes!

 

Et pourtant, c’est bien lui que le Seigneur va choisir et non pas un pieux croyant occupé à prier. Non, il a choisi cet homme à la passion jalouse comme Paul l’avoue lui-même.

Paul a croisé la route de témoins, et pas n’importe lesquels, il était même présent au moment de la lapidation d’Etienne. Oui, il était là, il a entendu les paroles d’Etienne rappelant les grandes étapes de l’histoire d’Israel, citant les noms de ceux qui ont fait cette histoire : Abraham, Isaac, Jacob, Moise, Joseph, David, Salomon… Mais le dernier, le peuple a préféré le faire mourir en le crucifiant: Jésus.

Paul a entendu ce discours, mais il n’a pas été touché, au contraire, il a été comme conforté par la mort d’Etienne, trouvant une justification à la persécution.

 

Paul était présent à des moments déterminants, mais cela ne l’a pas fait changé d’avis, il a rencontré des témoins qui annonçaient la bonne nouvelle de la venue du Christ parmi les hommes, mais cela non plus ne l’a pas bouleversé. Il fallait à Paul quelque chose d’extraordinaire… comme cette rencontre surréaliste sur le chemin de Damas.

Alors qu’il était en route pour persécuter toujours encore plus de chrétiens, il est stoppé net dans son élan. Pas par un homme, mais par la révélation de Jésus-Christ. Cette révélation va le pousser à aller à la rencontre des non-juifs pour leur annoncer cette bonne et belle nouvelle.

Paul a engagé toute sa personne, tout son être dans cet engagement. Plus rien n’existait pour lui que le témoignage, l’annonce de l’Evangile.

 

Comme je le disais préalablement, nous avons nous aussi nos chemins de foi particuliers. Certains, comme Paul, ont connu leur chemin de Damas, d’autres, dont je fais partie, sont tombés dedans tout petit, et ont persévéré comme une évidence présentée à eux.

Et, si nous sommes réunis aujourd’hui ici, c’est qu’un jour nous avons décidé que notre foi ne pouvait se vivre sans un engagement dans une communauté.

 

Et maintenant je souhaite faire un lien avec la pastorale régionale que nous avons vécu cette semaine et qui rejoint cette question de foi et d’engagement. Attention le thème de cette pastorale est polémique… et c’est fait exprès!

« Et finalement, croire en Dieu, ça sert à quoi? » Une question que l’on pourrait décliner de bien des manières: et finalement, s’engager dans l’Eglise, ça sert à quoi? Et finalement, se retrouver le dimanche matin, ça sert à quoi? Et en poussant le bouchon un peu plus loin: Et finalement Dieu, ça sert à quoi?

 

Beaucoup ont joué le jeu de cette étrange interrogation, d’autres ont refusé de se poser la question!

Alors, croire en Dieu, ça sert à quoi? En lisant les textes du jour, on pourrait répondre: croire en Dieu permet de retrouver la vie… ce ne sont pas les pauvres mères qui diraient le contraire. Ou encore, croire en Dieu, au Dieu de Jésus-Christ, permet d’arrêter la violence envers une catégorie de personnes si on se réfère à la conversion de Paul et permet donc de choisir l’amour plutôt que la haine. Alors si croire en Dieu sert à cela, c’est déjà une bonne chose!

 

Se poser la question de l’utilité de Dieu dérange, et pourtant, c’est une question que des non croyants sont en capacité de nous poser … et que des croyants optant pour une théologie de la rétribution ne se posent même plus ! Parce que selon certains, si on croit c’est que forcement on doit y gagner quelque chose… : la santé, la fortune, la beauté, la chance… Mais si c’était réellement le cas, ça se saurait… et nos temples seraient plus que remplis, ils déborderaient de fidèles!! Non, croire en Dieu n’est pas une assurance tous risques, ce n’est pas un compte en Suisse, ni un trèfle à quatre feuilles éternel!

 

Durant notre rencontre pastorale, plusieurs citations d’inconnus nous étaient proposés concernant cette question, je vous cite juste quelques exemples:

  • croire en Dieu me libère de mes idoles
  • Dieu est pour nous un abri et un appui, un secours bien présent dans la détresse
  • Croire en Dieu donne le courage de s’accepter soi-même comme étant accepté en dépit du fait que l’on soit inacceptable
  • Croire en Dieu donne un sens à tout ce qui m’arrive: « C’est Dieu qui l’a voulu pour mon bien ». Il n’y a pas de hasard, il y a une justice.
  • Croire en Dieu nous permet de renverser nos adversaires, pas son nom, nous écrasons ceux qui se dressent contre nous.
  • Croire en Dieu me fait grandir. C’est un outil de développement personnel gratuit.

 

Voyez comme ces réponses nous ouvrent à un panorama divers de représentations divines. Il nous fallait choisir une de ces citations.

 

Comme le thème était polémique, j’ai choisi une citation non politiquement correcte: « Dieu, un ouvre bouteille pour partager un verre de bon vin ». Non, que j’aime à ce point le vin. L’amateur de vin, c’est plutôt mon mari.

Mais je vois cela comme un appel au partage et à l’échange. Dieu comme un facilitateur de lien. Pour ma part, c’est comme ça que je vis ma foi. Je ne pourrais la vivre toute seule, dans mon coin et j’ai besoin de la communiquer, pas de la transmettre (ça, ça ne dépend pas de moi), mais bien de parler de ce qui me fait vivre, d’en parler dans l’Eglise, mais aussi et surtout en dehors de l’Eglise.

 

Qu’auraient répondu nos protagonistes bibliques à la question de l’utilité de la foi, je n’en sais rien, mais toujours est-il qu’ils ont été au bénéfice de la grâce de Dieu et qu’à partir de là, rien n’a plus été pareil, leur vie a changé, voire radicalement changé comme pour Paul.

Et elle est peut-être là la réponse à cette question: d’un point de vue purement utilitariste, croire en Dieu ne sert à rien, mais pourtant, ça change tout!

 

Pour finir, je voudrais vous laisser cette petite réflexion trouvée sur un site évangélique et que je fais volontiers mienne:

 

A quoi ça sert de croire en Dieu?

Elle est drôle, ta question !

Pour moi, on ne peut pas dire que cela « serve » à quelque chose.

Ce n’est pas comme une voiture qui sert à voyager,

Ou comme l’école qui sert à apprendre.

Si je crois en Dieu,

Ce n’est pas parce que c’est pratique ou utile.

C’est comme si tu demandais à quoi ça sert d’aimer et d’être aimé.

Aimer, ça ne sert à rien, mais ça change ma vie.

Croire en Dieu, c’est pareil.

À première vue, je pourrais même m’en passer,

Et pourtant, cela change tout pour moi.

Je ne dis pas que c’est comme une potion magique qui arrange tout !

Ma foi en Dieu ne me rend pas plus malin, ni plus fort que les autres.

Mais, grâce à ma foi, je regarde les choses d’un œil différent.

Ma vie a un sens.

Je crois que Dieu m’a offert la vie,

Et j’ai envie d’en faire quelque chose de bien pour le remercier.

Je crois que Dieu m’aime et j’ai envie d’aimer les autres avec lui.

Je crois que Dieu veut me parler,

Et ça me donne envie de l’écouter.

Tout compte fait, croire en Dieu me rend vivant,

Au moins autant que l’oxygène.

 

Alors, respirez un bon coup, Dieu nous appelle, il faut nous mettre en route!

Amen

 

 

 

 

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