Pastourelle

une parole parmi tant d'autres, mais une parole quand même

 

Aveu d’impuissance – 18 décembre 2016 24 janvier 2017

Classé dans : Prédications — pastourelle @ 12 h 10 min

Esaie 7, 10-17 ; Matthieu 1, 18-15

Nous n’avons jamais été aussi près de Noël … la 4ème bougie est allumée. Mais cette année, hasard du calendrier, il faut tout de même attendre encore une semaine et cette semaine va être bénéfique pour se poser, arrêter de courir ou tout de moins ralentir la course.

Je ne sais pas vous, mais moi, j’ai l’impression de ne pas avoir vu le temps passer depuis le 1er dimanche de l’avent. Ce temps est dense, mais positivement en particulier grâce à toutes ces rencontres provoquées par le calendrier de l’avent vivant.

Il y en a un autre qui n’a pas du voir le temps passer… enfin, si on se fie à l’Evangile: voyez comme Joseph à peine réveillé de son songe se trouve propulsé à Bethléem avec un fils dans les bras ou sur les bras… c’est selon! En un verset Joseph se réveille, accepte Marie, part à Bethléem et se retrouve père. Enfin, c’est ce que nous imaginons en connaissant l’histoire, en ayant lu la suite de l’Evangile qui annonce la visite des mages à Bethléem.

 

Joseph n’a pas la bonne place dans l’Evangile. Il lui est imposé beaucoup de choses qu’il va accepter assez facilement, en tout cas, c’est l’impression que les Ecritures donnent. Et puis, très rapidement, il va disparaitre des écrans radars… plus de nouvelles de Joseph. A priori beaucoup plus âgé que Marie, il est certainement mort entre les 12 ans de Jésus puisque Joseph est présent lors de cette montée à Jérusalem lorsque lui et Marie perdent la trace de Jésus … celui-ci étant tout simplement en train de discuter avec les maitres de la loi.

 

Si on cherche un peu, on peut en apprendre un peu plus sur Joseph grâce aux Evangiles apocryphes, ceux qui n’ont pas été retenus pour entrer dans la Bible. C’est toujours intéressant de se plonger dans cette autre littérature… intéressant ou plus exactement très étonnant!

Voici donc un extrait de ce texte intitulé: Histoire de Joseph le Charpentier, écrit par la main même du Seigneur…Oui, oui, c’est Jésus qui raconte l’histoire de son père!

« Histoire de la mort de notre père, le saint vieillard Joseph, le charpentier; que ses bénédictions et ses prières nous protègent tous, ô frères. Ainsi soit-il!

Sa vie fut de cent onze ans (02), et son départ de ce monde arriva le vingtième du mois d’Abib qui répond au mois d’Ab (03). Que sa prière nous protège. Ainsi soit-il! »

 

CHAPITRE II.

Il fut un homme dont le nom était Joseph qui était originaire de Bethléem, de la ville de Judas et de la cité du roi David (04). Il était instruit et savant dans la doctrine de la loi, et il fut fait prêtre dans le Temple du Seigneur. Il exerça aussi la profession de charpentier en bois, et selon l’usage de tous les hommes, il prit une épouse. Et il engendra d’elle des fils et des filles, savoir : quatre fils et deux filles. Et les noms des fils sont Jude, Juste, Jacques et Simon. Les noms des deux filles étaient Assia et Lydia. L’épouse de Joseph le Juste mourut enfin, après avoir eu la gloire de Dieu pour but dans chacune de ses actions. Et Joseph, cet homme juste, mon père selon la chair, et le fiancé de Marie, ma mère, travaillait avec ses fils, s’occupant de son métier de charpentier.

 

CHAPITRE III.

Lorsque Joseph le Juste devint veuf, Marie, ma mère bénie, sainte et pure, avait accompli sa douzième année, ses parents l’avaient offerte dans le temple, lorsqu’elle n’avait que trois ans, et elle passa neuf ans dans le temple du Seigneur. Alors quand les prêtres virent que cette vierge sainte et craignant Dieu, entrait dans l’adolescence, ils parlèrent entre eux, disant : « Cherchons un homme juste et pieux auquel nous confierons Marie jusqu’au temps des noces, de crainte que si elle reste dans le temple, il ne lui arrive ce à quoi les femmes sont sujettes et que nous ne péchions en son nom et que Dieu ne s’irrite contre nous. »

 

CHAPITRE IV.

Et immédiatement, envoyant des messagers, ils convoquèrent douze vieillards de la tribu de Judas. Et ils écrivirent les noms des douze tribus d’Israël. Et le sort tomba sur un pieux vieillard, Joseph le Juste. Et les prêtres dirent à ma mère bénie : « Va avec Joseph et demeure avec lui jusqu’au temps des noces. » Et Joseph le Juste reçut ma mère et il la conduisit dans sa maison. Et Marie trouva Jacques le mineur, et il était abattu et désolé dans la maison de son père à cause de la perte de sa mère, et elle en prit soin. Et de la vient que Marie a été appelée la mère de Jacques. Ensuite Joseph, la laissant dans sa maison, alla dans l’atelier où il exerçait la profession d’ouvrier charpentier. Et quand la Sainte-Vierge fut restée dans ai maison deux ans, elle accomplit sa quatorzième année.

 

CHAPITRE X.

Les années s’écoulaient, le vieillard s’avança grandement en âge. Il n’éprouva cependant aucune infirmité corporelle, la vue ne le quitta point et aucune des dents de sa bouche ne tomba. Et son esprit ne connut jamais un moment de délire. Mais, semblable à un enfant, il portait dans toutes ses occupations la vigueur de la jeunesse. Et il conservait ses membres entiers et exempts de toute douleur. Et sa vieillesse était fort fort avancée, car il avait atteint l’âge de cent onze ans.

 

111 ans!! On pensait qu’il n’y avait que dans l’Ancien Testament que les protagonistes vivaient aussi longtemps, et bien voila que Joseph entre dans la lignée des grands centenaires… Mais pourquoi donc 111 ans… Et bien tout simplement parce que Joseph, celui de l’Ancien Testament, le fils de Jacob, a vécu, selon la Genèse 110 ans… Il fallait que Joseph, père de Jésus, soit d’un iota supérieur à son homonyme vétérotestamentaire!

Et avec de savants calculs, et les indications données par cet Evangile apocryphe, on peut estimer que Joseph est mort lorsque Jésus avait 18 ans. D’autres pères de l’Eglise optent pour 12 ans… mais tout cela n’est que de l’ordre du détail.

 

Revenons au texte tel que nous l’avons dans l’Evangile, dans cet Evangile de Matthieu. Car il n’y a que dans cet Evangile que Joseph reçoit la visite de l’ange. Dans l’Evangile de Luc, c’est Marie qui est visitée. De manière humoristique, on peut se demander pourquoi l’ange n’a pas parlé à Marie et à Joseph en même temps, ça aurait évité bien du souci à l’un comme à l’autre : imaginez de quelle façon Marie a du annoncer sa grossesse à Joseph: « bon, Joseph, ne t’énerve pas, assieds-toi, j’ai quelque chose à t’annoncer… non, ce n’est pas grave, enfin, si un peu, mais pas vraiment… je suis enceinte… ah, c’est sûr, il n’est pas de toi, mais ne t’inquiète pas je suis toujours vierge!! ». Et Joseph, il a du en passer du temps à se faire du mouron avec cette histoire de grossesse.

 

Justement, Joseph : voici un homme juste. On peut comprendre par là, que c’est un juif pieux qui respecte scrupuleusement la loi. Mais qui ne veut tout de même pas faire de vague et éviter que cette pauvre Marie ne se fasse lapider… car c’est en gros ce qui l’attendait! Une femme adultère, c’est ainsi qu’elle aurait été considérée, ne méritait que la mort à coup de pierres : c’est la loi qui l’ordonnait!

Donc Joseph ne voulant être la cause de la mort de cette femme cherche un moyen pour apaiser les esprits. Certes, il doit être déçu par le comportement de Marie, enfin, son supposé comportement, mais ce n’est pas une raison pour qu’elle meure.

Mais toute cette réflexion humaine était sans compter sur l’apparition de l’ange qui va tout régler! Enfin, c’est facile pour nous aujourd’hui de dire que ça a tout réglé… mais être dans la position de Joseph ne devait pas être facile car il va se trouver totalement dépossédé! Il ne va plus agir, il ne va plus rien choisir, il va juste obéir… : on lui donne un enfant, on lui donne des ordres et on va même lui donner le nom de l’enfant! Peut-il dire non? Peut-être… sauf que cette apparition angélique va le faire entrer dans une autre dimension: lui qui respectait la loi humaine va dorénavant basculer dans la loi de Dieu: une loi emplie d’humanité et d’amour.

Alors, il va accepter et obéir à l’ange : il va prendre Marie chez lui et il va appeler l’enfant Jésus, celui qui sauve le peuple de ses péchés, le Messie. Et pour un juif de l’époque, cette terminologie devait être très parlante, car il était attendu ce Messie!

 

Dans le plan de Dieu, Joseph était nécessaire, c’était lui qui permettait de lier Jésus à David. C’est par Joseph que les prophéties de l’Ancien Testament peuvent être relues et incarnées dans Jésus. C’est ainsi que les paroles d’Esaie prendront  forme dans la naissance de Jésus – Emmanuel.

Marie aussi était indispensable: cette jeune fille pure, cousine d’Elisabeth et donc tante de Jean le Baptiste. Mais si ces 2 personnages s’étaient révoltés, ne voulant pas se faire dicter leur comportement par des anges? Que se serait-il passer? Nous n’en savons strictement rien… Si ça se trouve, Dieu avait déjà fait une tentative auprès d’une autre femme et d’un autre homme… Qui sait!?

 

Mais c’est là qu’on se dit que nos oui et nos non ont des conséquences que nous ne sommes pas toujours en capacité de mesurer. Il y a des oui, il y a des non et il y a des silences. Et aujourd’hui, il y a un silence qui me fait honte, aussi parce qu’il est mon silence. C’est ce silence concernant des milliers d’hommes, de femmes, d’enfants qui meurent à cause de logiques et d’intérêts qui les dépassent : aujourd’hui on parle d’Alep, il y a aussi le Yémen et tant d’autres pays. Alors, on me dit, il vaut mieux ne pas faire de vague, que nos pays ne s’engagent pas de trop au cas où… pour éviter des représailles… Effectivement, aujourd’hui l’engagement de la France c’est d’éteindre la tour Eiffel, autant dire que ça fait peur aux donneurs d’ordre qui font lâcher des bombes sur des populations civiles!

 

Alors, il est vrai que je ne connais pas tous les tenants et les aboutissants, qui sont vraiment les gentils et les méchants et si on peut réellement cliver le monde ainsi. Mais ce qui m’étonne c’est que des intérêts politiques, économiques soient plus importants que des vies humaines… Je sais je suis naïve, je ne suis pas assez calée en géo-politique… je ne vois que ce qu’on veut bien me montrer… et j’ai un gros défaut… voir un enfant mort ça me met hors de moi, ça me fait monter les larmes aux yeux… ah oui, voila encore un défaut: je suis trop sensible… et je me sens concernée même si ça se passe loin, même si ces gens n’ont pas vraiment la même couleur de peau que moi, même s’ils ne sont pas forcement de la même religion que moi. Je me sens concernée parce que ce sont des humains, mes frères, mes soeurs en humanité… Car pour moi l’intérêt suprême, il se trouve dans la crèche, dans ce petit enfant, dans ce qu’il dit d’une humanité réconciliée, d’un monde uni, de la fraternité … voila encore un sacré défaut: un peu trop idéaliste! Mais j’en ai un beaucoup plus grand : je suis impuissante… Mais il parait que malgré tout, on peut agir… par la prière… alors, voici une prière trouvée sur internet qui concerne la Syrie mais qui peut concerner tellement d’autres pays et situations.

 

Parce que te prier est le seul aveu d’impuissance qui ne nous remplisse pas de honte, nous nous faisons auprès de Toi et aux côtés des réfugiés syriens, réfugiés de la prière.

Parce que la prière, dans son renoncement même à dominer, représente l’arme la plus puissante jamais mise à notre disposition, nous nous en saisissons de toutes nos forces, de toute notre foi et te prions pour la Syrie. Nous te prions pour ces centaines de milliers de familles déplacées, chrétiennes et musulmanes, abandonnées de tous, victimes de l’aveuglement et de la brutalité des forces en conflit.

Nous te prions pour elles parce qu’elles n’ont plus que Toi.

Pour ces enfants de Damas, d’Homs ou d’Alep qui n’auront ni rentrée, ni sorties scolaires cette année, nous te prions. Mendiants pour la survie des leurs, petits chats errants aux coins des rues de Beyrouth, ils disent sans prononcer un mot que le monde est devenu fou. Seigneur, toi qui as laissé venir à toi les enfants, n’abandonne pas ceux-ci !

Pour ces femmes désespérées, figures d’un Proche-Orient au bord du gouffre, nous te prions. Tu les vois, Seigneur, déposer leurs enfants pour tendre les mains, telle leur sœur de jadis, la syrienne de Saïda, appelant Jésus au secours de son enfant malade (Mt 15.21).

Tu n’as jamais laissé sans réponse ceux qui invoquaient ton nom. Seigneur, nous implorons ton secours pour ces mères syriennes.

Alors qu’à l’échelle internationale des décisions susceptibles d’infléchir le cours de l’histoire du Proche-Orient sont en cours, nous te prions pour les hauts responsables des nations d’orient et d’occident. Pour que le soupçon laisse place peu à peu à la confiance…

Seigneur, suscite des hommes de paix plus préoccupés de l’avenir de leur peuple que de leur carrière politique. Nous t’en prions, retiens le bras de ceux qui, par ignorance ou par haine ont le pouvoir de faire le mal.

Bénis les élus(es) des villes d’Europe qui s’apprêtent à accueillir des familles de réfugiés.

Comme un fruit de ta grâce et de ton amour, nous ne parvenons pas à désespérer totalement de notre humanité. Comment le pourrions-nous ? Tu as su en Jésus-Christ ton Fils, notre Seigneur, y révéler ta propre espérance, ton amour indéfectible pour chacun de nous.

Nous t’en prions, Seigneur, viens au secours de la Syrie ! Amen

 

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Youssef ALLOUCHA |
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