Pastourelle

une parole parmi tant d'autres, mais une parole quand même

 

Besoin d’espérance – 27 novembre 2016 24 janvier 2017

Classé dans : Prédications — pastourelle @ 12 h 04 min

Psaume 122 ; Esaie 2, 1-5 ; Matthieu 24, 37-44

C’est l’avent!! C’est une joie pour moi d’annoncer ce temps, je me retrouve un peu comme un enfant durant cette période. Parce que l’avent c’est un temps particulier et parce que ça fait déjà presqu’un mois que nous luttons contre toutes les sollicitations extérieures qui nous invitent à commencer la fête de Noel bien avant la date.

Donc, nous avons résisté à la tentation et maintenant, on peut pleinement se réjouir et entrer sereinement et pleinement dans ce temps de l’avent. Vous savez, un peu comme lorsqu’on respecte les saisons des fruits et des légumes et qu’on croque dans une tomate après plus de 6 ans d’abstinence: c’est un vrai délice!! Le manque et la frustration rendent la dégustation merveilleuse. Eh bien, entrer dans l’Avent au juste temps, sans avoir cédé à une quelconque tentation, c’est tout aussi merveilleux!

L’Avent, c’est une période un peu hors du temps…, comme suspendu. Mais qu’est-ce que l’avent? Une attente, certes, mais de quoi? De Noël, de la naissance de Jésus… On ne va pas dire qu’on attend un évènement qui a eu lieu il y a plus de 2000 ans. Non, on ne l’attend pas, on le médite, on le reprend dans notre coeur, dans notre esprit: et ce n’est pas rien : Dieu qui donne son fils unique pour nous! Alors, nous nous rappelons de cet évènement qui aujourd’hui nous met debout tout en attendant un autre évènement qui nous est annoncé depuis longtemps, et qui doit avoir lieu dans un futur proche ou lointain. C’est ce qui est annoncé dans l’Evangile du jour, celui de Matthieu, dans lequel Jésus nous annonce que la parousie, la venue du Fils de l’Homme arrivera bientôt et qu’il nous faut veiller dans cette attente… Donc ne pas attendre passivement, mais en étant acteur de la veille.

Mais ce n’est pas tout, car cet événement qui va arriver, nous avons déjà à le vivre aujourd’hui. Car la venue du Seigneur, nous la vivons tous les jours dans nos vies, dans nos coeurs. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que ce terme de Parousie veut dire venue, mais également présence: oui, Christ est déjà présent en nous, parmi nous… et c’est d’ailleurs pour cela que nous sommes rassemblés aujourd’hui.

 

Oui, le temps de l’Avent est hors du temps, il transcende la notion de temps. Nous sommes avant, après, tout en étant maintenant, bien au présent.

Mais je vous invite à laisser un peu de côté cette distorsion du temps pour nous pencher sur les textes du jour.

 

Vous savez, on a une sorte de schéma de pensée dans les esprits concernant la Bible qui nous fait dire: l’Ancien Testament, ce sont des guerres, des massacres, un Dieu tout puissant qui juge, condamne, extermine. Le Nouveau Testament, à côté, c’est le pays des bisounours où tout le monde doit s’aimer, même les ennemis.

Mais aujourd’hui, les textes proposés nous présentent un regard inversé : la condamnation est dans le Nouveau Testament et la paix, l’amour dans l’Ancien Testament. Et vous savez, aujourd’hui, j’ai besoin d’entendre parler de joie, de paix et d’espérance… pas de condamnation et de jours horribles à venir… car les jours horribles j’ai l’impression qu’ils sont déjà là, pas forcement pour moi personnellement, mais pour l’humanité tout entière.

 

Oui, aujourd’hui, pour cette entrée dans l’Avent, j’ai besoin de lumière, comme cette 1ère bougie allumée. Et c’est dans l’Ancien Testament que la joie se trouve. Tout d’abord, dans ce psaume que vous avez entendu au début de ce culte: « Je me réjouis quand on me dit : Allons à la maison du SEIGNEUR ! »… Oui, je veux être dans cette joie! Mais pourquoi est-il tant dans la joie ce psalmiste. Parce qu’il arrive à Jérusalem après son pèlerinage. Oui, de son village éloigné, un jour, on lui a lancé: « allons à la maison du Seigneur! » et lui s’est rempli de joie car aller à Jérusalem en pèlerinage est à la fois une règle que l’on peut découvrir dans l’exode et le deutéronome: « trois fois par an, toute la population mâle devra paraitre devant le Seigneur, ton Dieu à la fête des Pains sans levain, à la fête des Semaines et à la fête des Huttes. » et à la fois, une joie. La relation des israélites envers Jérusalem est particulière. C’est là que se trouve la maison de Dieu, ce n’est pas rien!

 

Le psalmiste nous entraine dans sa joie et Esaie nous propose d’entrer dans l’espérance. A l’époque d’Esaie, Israel n’était pas forcement dans des relations belliqueuses avec ses voisins, mais les géants de l’époque – Egypte et Assyrie – écrasaient tout sur leur passage et au milieu de leur relation conflictuelle, les petits pays étaient toujours inquiets pour leur existence. Le moral n’est donc pas au beau fixe pour les habitants de Jérusalem et des environs. Alors, Esaie a cette parole d’espérance qui pose une image magnifique d’espérance où la guerre ne sera plus qu’un lointain souvenir.

 

Nous pouvons dire qu’Esaie, qui ici parle en son nom et non pas au nom de Dieu, est un doux rêveur… Et que l’histoire lui donnera tort… Car quelques années après ce texte, le royaume du nord tombera, et quelques décennies après, c’est Jérusalem qui sera envahie… et l’exil sera massif. Mais ces paroles sont tout de même là, présente, posée et elles ont certainement eu un effet sur les habitants, peut-être pas sur tous, mais sur certains pour lesquels le moral a du remonter.

 

Aujourd’hui, dans notre monde de morosité, nous avons besoin de ces paroles d’espérance qui entrainent vers la joie, vers la paix. Soyons honnêtes, nous aussi nous sombrons du côté obscur… du côté du triste, de la critique, de la peur, de la haine. Vous me direz, il n’y a qu’à éteindre la télé pour se dégager l’esprit, c’est ce que je pensais… et c’est ce que je fais et effectivement ça fait du bien, pourtant, l’agressivité n’est pas seulement dans les émissions télévisées pitoyables qui inculquent des valeurs quelques peu étranges… non, cette agressivité elle est là, partout, greffée à la tristesse, à la jalousie, à l’égoïsme, ça ne donne pas de beaux résultats…

 

Alors, oui, ces paroles d’espérance, même si elles nous arrivent du 8ème siècle avant Jésus Christ, elles font du bien. Le Seigneur nous donne ses conseils, il nous montre sa voie et nous pouvons marcher en paix. Et quelle plus belle image d’espérance que celle de ce petit enfant couché dans une crèche, si faible et pourtant tellement bouleversant. Alors, oui, j’ai envie d’être dans la joie et dans la paix pour ce temps de l’Avent !

 

Et j’ai envie de vous raconter une petite histoire pour illustrer cette espérance, un peu comme un conte de Noel en avance… un conte de l’avent

Une amie, sage femme était partie il y a quelques années en Afrique avec une mission catholique, avec son mari infirmier. Un jour, un accouchement difficile qui se termine en césarienne, avec les moyens du bord, c’est à dire pas les nôtres… La maman n’est pas bien, mais le bébé encore moins bien… il ne respire pas. Elle essaie de le réanimer, ça fonctionne le temps qu’elle fait massage cardiaque et bouche à bouche, mais dès qu’elle s’arrête, le bébé repart. Elle fait appeler l’anesthésiste pour ne pas être la seule à prendre la décision de l’arrêt de la réanimation. Et comme c’est une mission catholique, qu’elle fait partie de la communauté du chemin neuf, elle demande à la maman qui n’est toujours pas très bien si elle souhaite que le petit soit baptisé avec de le laisser aller. Elle a la force de dire oui, mais pas de donner un nom à l’enfant. Alors, avec l’anesthésiste, ils décident de l’appeler George.

Et elle le baptise: George, je te baptise au nom du père, du fils et du saint esprit. Après ce geste, elle emmaillote le petit et part le déposer dans la pièce à côté et revient s’occuper de la maman.

 

Quelques instants plus tard, sa collègue sage femme vient prendre son service. Elle lui explique ce qui vient de se passer. La collègue va faire un tour dans la salle où le petit corps repose… elle revient et dit à mon amie: le petit est vivant. Elle est en train de recoudre la maman et franchement l’humour noir de la collègue ne lui plait pas du tout… mais la collègue insiste: il respire, il est vivant… Franchement la blague n’est pas drôle du tout!! Mais non, il ne s’agissait pas d’une blague, le petit était vivant.

Mon amie ne peut pas ne pas faire le rapport entre le baptême et ce miracle. Comment comprendre cela? Mais est-il nécessaire d’essayer de comprendre un miracle?

Avant de revenir en France, elle a revu le petit George, il avait 10 mois et se portait très bien.

 

Il y a des paroles d’espérance, il y a des gestes d’espérance, il y a des inattendus, des inespérés, mais c’est surtout à nous d’être semeurs d’espérance pour que ce temps de l’avent et cette fête de Noël soient remplis de paix et que la joie et l’amour retrouvent leur place dans notre monde.

Amen.

 

Commenter

 
 

Youssef ALLOUCHA |
Hassan al Banna |
école islamique |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Procuresdbate
| Greencoffee
| sac lancel