Pastourelle

une parole parmi tant d'autres, mais une parole quand même

 

Ca sert à quoi… le pardon? – 15 janvier 2017 – Année Luther 24 janvier 2017

Classé dans : Prédications — pastourelle @ 12 h 17 min

Esaie 49, 3-6 ; Jean 1, 29-32

Avez-vous remarqué comme les événements se précipitent . Je ne vous parle pas du rythme effréné de notre société, mais bien de l’Evangile, des lectures proposées par notre liste biblique. Nous venons de célébrer Noel, nous avons été l’arrivée des mages, ah ça, nous l’avons bien fêté, les galettes étaient bonnes (combien de rois et de reines dans l’assemblée??) et voila qu’aujourd’hui, on nous présente un Jésus adulte qui survient devant Jean pour recevoir le baptême. Il y a comme une compression du temps… et je me rends compte que ce n’est pas toujours facile à comprendre pour tout le monde, en particulier pour les enfants.

Cette semaine, chacune de mes filles m’a fait une remarque sur, sans le savoir, le calendrier liturgique.

La plus jeune m’a demandé, en allant à l’école si c’était encore Noel… Je lui ai répondu de manière un peu hâtive que non, c’était fini… Sa remarque fut alors judicieuse: mais alors, pourquoi ils n’enlèvent pas la décoration? J’aurai pu lui dire que certes Noel, le 25 décembre est passé, mais que nous vivons tous les jours de la joie et de la grâce d’avoir accueilli dans notre humanité Jésus, le fils de Dieu… mais la cloche de l’école allait bientôt sonner… ce n’était pas le moment pour rentrer dans de telles considérations.

 

Et la plus grande, alors que l’on parlait du WE de l’ascension durant lequel aura lieu le synode national, ne se souvenait plus de la signification de cette fête, après explication, elle nous dit: « c’est quand même fou, en une année, Jésus nait, est baptisé, meurt, ressuscite et monte au ciel. Ca va beaucoup trop vite et le pire c’est que tous les ans, il remeurt! » Alors, elle a fait une proposition, peut-être à soumettre à un synode… Et bien qu’on prenne le temps de vivre chaque fête et pour se faire: une année on fête la naissance, une année le baptême, une année la mort, une année la résurrection, une année l’ascension. Je lui ai fait remarquer que certes pour l’année de Noel ce serait très joyeux, mais qu’arrivés à l’année de la mort, nous risquions de déprimer assez rapidement.

Mais voila, sa proposition est posée : prendre le temps!… Prendre le temps de profiter de chaque temps liturgique, sans courir après le suivant.

 

Alors, prenons le temps pour cette année 2017. Cette année nous n’allons pas célébrer de janvier à décembre la mort de Jésus, mais 2017 est marquée par les 500 ans de la Réforme. Nous sommes en train de finaliser le programme de cette année entre concerts, expositions, conférence et partages bibliques et vous aurez très bientôt un tas de dates à enregistrer dans vos agendas.

 

Luther, car c’est bien à cause ou grâce à lui que nous célébrons la Réforme cette année… et bien Luther n’était en rien destiné à devenir un réformateur. Il devait être avocat comme son père le souhaitait. Il a commencé des études de droit, mais rentre dans les ordres après avoir traversé un orage violent où la foudre faillit lui tomber dessus. Pauvre Hans Luther qui voyait déjà son fils grand juriste, il est attristé par la décision de Martin d’entrer au convent… Mais c’est ainsi.

 

Martin Luther a une angoisse qui lui ronge les sangs: la justice de Dieu qui punit les pécheurs. Et malgré sa vie monacale irréprochable poussée même à l’extrême dans les services rendus, les oeuvres réalisées et les actes de pénitence et de contrition, il se sent et il se sait pécheur. Donc condamné, il ne sait plus quoi faire pour satisfaire la volonté de Dieu, il sent que c’est impossible et l’angoisse va en augmentant.

 

Mais faisons une pause « actualité »… Aujourd’hui, il nous est proposé  de lire dans l’ancien Testament ce passage d’Esaie: 49, 3-6 : 3Et il m’a dit : Tu es mon serviteur, Israël, c’est en toi que je montre ma splendeur.

4Mais moi, j’ai dit : C’est pour rien que je me suis fatigué, c’est pour le chaos, la futilité, que j’ai épuisé ma force ; assurément, mon droit est auprès du SEIGNEUR et ma récompense auprès de mon Dieu.

5Maintenant le SEIGNEUR parle, lui qui me façonne depuis le ventre de ma mère pour que je sois son serviteur, pour ramener à lui Jacob, pour qu’Israël soit rassemblé auprès de lui ; je suis glorifié aux yeux du SEIGNEUR, car mon Dieu a été ma force.

6Il a dit : C’est peu de chose que tu sois mon serviteur pour relever les tribus de Jacob et pour ramener les restes d’Israël : j’ai fait de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre.

 

Mais également dans le Nouveau Testament, l’Evangile nous propose la présentation de Jésus par Jean qui voit en lui l’agneau de Dieu, le fils de Dieu, inspiré par l’Esprit.

Voyez dans ces 2 textes comme la question du salut, de la rémission des péchés est présent, mais sans que cela nous apporte de l’angoisse, au contraire, en lisant ces textes, je suis plutôt dans la joie et dans l’espérance devant ce salut accordé au monde, aux hommes et aux femmes, je suis plutôt tentée de rendre grâce à Dieu, de lui dire toute ma reconnaissance.

 

Mais voila, à l’époque, au 16ème siècle, les textes bibliques faisaient peur… en fait, non, l’interprétation donnée au texte biblique par une partie du clergé faisait peur car au final, très peu de personnes lisaient la Bible. Lorsque Luther arrive au couvent, il n’avait encore jamais eu de Bible entre les mains: les laïcs n’avaient pas le droit d’en posséder. Le concile de Toulouse au 13ème siècle déclarait: « Nous prohibons aux laïcs d’avoir les livres de l’Ancien et du Nouveau Testament, à l’exception du psautier, et des portions de Psaumes contenues dans un bréviaire ». Luther va donc se pencher avec ferveur sur les textes bibliques qui, dans un premier temps, à cause des interprétations en cours à l’époque, ne vont pas calmer ses angoisses. Mais en lisant en parallèle les mystiques et Pères de l’Eglise et en particulier Saint Augustin, il lit les mêmes textes avec une autre clef de lecture. C’est ainsi qu’il insistera sur le salut par la foi. Il n’est aucunement question de mérite ou d’ours dans la question du salut. Le pardon est accordé à celui qui demande avec foi. Le pardon ne s’achète pas, in non plus le salut et encore moins al vie éternelle. Comme se plaisait pourtant à le répéter les représentants de l’Eglise en vendant leurs indulgences qui permettaient de délivrer des âmes du purgatoire.

Cette révélation de Luther face aux Ecritures va donc entrer en conflit assez brutal avec cette pratique des indulgences et c’est ce qui va donner naissance à la Réforme.

 

A la question du pardon et du salut au 16ème siècle, on répond: on peut les obtenir par les oeuvres et par l’achat d’indulgences. Luther change de perspective en citant la Bible: « le juste vivra par la foi ».

 

Aujourd’hui, la question du salut n’est plus une préoccupation de tous les jours, finalement, sur le sujet, nous vivons de l’espérance. Le pardon quant à lui est toujours d’actualité, d’ailleurs, durant nos cultes, nous continuons à reconnaitre nos fautes et à recevoir le pardon qui nous remet debout et nous fait vivre.

Le pardon concerne notre relation à Dieu, mais également nos relations entre frères et soeurs et l’Evangile met régulièrement en rapport ces 2 points.

Actuellement, les enfants sont en train de parler du pardon. Du pardon que Dieu donne, que Jésus a signifié, mais aussi  ce qui leur parle peut-être plus à leur âge, du pardon que l’on se donne ou qu’on demande.

 

Puisque c’est l’année Luther, j’ai envie de lui laisser la parole sur le sujet.

p. 190-193 Tome 1 des oeuvres. Pour découvrir son humour, son mordant…

 

Et comme pour prouver que l’Evangile est force de transformation, Luther, suite à sa révélation changera de nom… En fait, son vrai nom était Luder, ce qui signifiait charogne, voire même pouvait être un gros mot. Il prend au court de l’année 2017 le nom de Luther et signe parfois « Eleutherius », un terme greco-latin qui signifie: celui qui est libre.

A nous aussi de vivre en homme et en femme transformée et libérée par la puissance de l’Evangile. Amen

 

 

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Youssef ALLOUCHA |
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