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La relation, tout simplement – 22 janvier 2017 – semaine de prière pour l’unité des chrétiens 24 janvier 2017

Classé dans : Prédications — pastourelle @ 12 h 25 min

Matthieu 4, 12-25 : les premiers disciples

Nous sommes en plein dans la semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Cette année, le sujet est la réconciliation. Il y a un fond historique à ce choix car nous fêtons cette année les 500 ans de la Réforme. Comme un signe fort ce sont les Eglises allemandes qui sont à l’origine du choix de ce thème. Ce pays qui a cristallisé les affrontements et les haines est aujourd’hui signe d’unité et d’espérance.

500 ans ont donc coulé sous les ponts. Aujourd’hui nous ne vivons plus dans le conflit. Aujourd’hui les différentes confessions chrétiennes font partie de notre paysage. Il y en a qui sont tombés dedans tout petits. Baptisés dans le rite catholique, protestant ou orthodoxe. D’autres ont décidé de changer d’Eglise, d’autres étaient en recherche et ont trouvé leur place ici ou là, d’autres ont claqué toutes les portes choisissant de se passer des instituions ecclésiales. 

Aujourd’hui, nous discutons de nos différences… nous ne nous entretuons plus pour des différences de rites ou des divergences sur des points théologiques. Car au final nous avons la chance de pouvoir vivre notre foi dans des communautés qui  nous conviennent (à peu près, on a toujours envie de changer des petites choses, mais dans l’ensemble, on s’y sent bien), des communautés qui parlent à nos sensibilités.

 

Nos différences ne doivent pas être source de division, de haine ou de mépris. Un ami diacre me disait l’autre jour: ça ne va pas te plaire, mais je prie le chapelet… Mais ça ne me plait ni ne me déplait. Si prier le chapelet est important pour lui, qu’il le fasse. Ca ne m’enlève rien et ça lui apporte beaucoup. Je n’ai pas toujours été comme ça. Qu’est-ce que j’ai pu être critique envers l’Eglise catholique. Mais grâce à des rencontres et des partages durant lesquels on apprend à se connaitre en posant des questions sans tabou, et bien on comprend mieux les traditions des uns et des autres.

 

On peut être différents, se respecter mutuellement et au final en tant que protestant se réjouir de ce que la prière du chapelet apporte quelque chose à un frère catholique.

 

En fait, quand on est au clair avec ses convictions, quand nos bases sont solides, à l’image de l’homme qui construit sa maison sur le roc, l’autre ne peut être considéré comme un ennemi, mais au contraire, comme un frère qui agit peut-être différemment, mais qui n’est pas contre moi.

C’est vrai dans la foi mais aussi dans la société. C’est la méconnaissance qui porte à la haine et au mépris.

 

Cet ami au chapelet me rappelait qu’il y a 3 unités à réaliser: l’unité personnelle, l’unité communautaire, dans nos paroisses et l’unité ouverte qui dépasse le cadre de nos confessions, c’est cette unité que nous vivons en ce moment.

Mais pour que l’unité se vive vraiment, il faut que l’unité personnelle soit réalisée. Cela rejoint un peu le « connais-toi toi-même » de Socrate.

Et à l’image des disciples au bord de la mer de Galilée, nous faisons entrer le Christ dans nos coeurs et c’est par sa présence en nous que nous pourrons faire l’unité en nous, nous connaitre à travers son regard et aussi s’ouvrir aux autres.

 

Je suis toujours épatée par ces 4 hommes qui ont décidé de tout lâcher pour suivre Jésus. Avaient-ils entendu parler de lui, l’avaient-ils vu. Avaient-ils entendu son appel à la conversion dans la continuité de Jean? Toujours est-il qu’il a suffit d’une phrase de sa part pour que Simon et André abandonnent leurs filets et pour que Jacques et Jean laissent en plan leurs filets, leur barque mais également leur père Zébédée. On peut se dire qu’à sa place nous n’aurions pas apprécié la démarche de Jésus: lui prendre 2 de ses fils, quelle idée!!

Cherchaient-ils un prétexte pour quitter leur ouvrage? Etaient-ils en quête de sens? Ou alors la figure de Jésus était-elle si convaincante et emplie de foi qu’ils ne pouvaient que le suivre?

 

Une autre question peut surgir devant ce texte : pourquoi eux? Pourquoi les 4 premiers disciples sont-ils de simples pêcheurs? Quelle était l’idée initiale de Jésus? Réunir une troupe de fidèles autour de lui? Pourquoi ne s’est-il pas rendu dans le temple à la recherche d’étudiants en théologie pour l’accompagner dans son ministère, des gens bien calés…?

Peut-être tout simplement parce que ces simples pêcheurs avaient le coeur disponible pour accueillir, à la différence des pharisiens et autres scribes qui nous sont présentés dans le Nouveau Testament et qui avaient endurci leur coeurs dans la loi, faisant de la loi divine un asservissement pour l’homme alors qu’elle ouvrait initialement à la liberté. Ils n’étaient plus libres, plus disponibles pour accueillir un nouveau message, encore moins une bonne nouvelle.

 

Alors, pourquoi eux, pourquoi ces pêcheurs? Répondons à cette question par une autre question: et pourquoi pas eux? Pourquoi ces simples gens n’auraient-ils pas été en mesure de suivre Jésus? Simon, André, Jacques et Jean n’auraient-ils pas été assez bien pour Jésus parce qu’ils n’étaient pas assez instruits, pas assez riches?

 

Mais le message que véhicule ce passage ouvre à l’espérance. Même de simples pêcheurs sont appelés par Jésus pour devenir ses disciples, ses plus proches amis! Même moi je peux aller à sa suite, tout le monde peut le suivre et vivre de sa bonne nouvelle, si tant est que l’on ouvre un peu notre coeur.

Dieu peut être la base solide de notre foi, celle qui va nous permettre de nous connaitre personnellement et de pouvoir nous ouvrir aux autres pour les rencontrer et partager dans la joie.

 

Tous ici nous avons répondu à son appel, selon les traditions, les rites, les pratiques, nous allons avoir nos particularités. Nous le ressentons durant les offices: les protestants prient assis, et chantent debout, parfois à l’inverse des catholiques. Dans la tradition réformée nous ne faisons pas le signe de croix, nous n’avons pas non plus de dialogue liturgique entre le pasteur et les fidèles. Ce qui parfois suscite des situations cocasses, comme à Méribel pour Noel. Beaucoup d’étrangers sont présents, des protestants, des catholiques. A la fin de la Sainte Cène, je dis en général: « Allez dans la paix du Christ » et j’enchaine avec une invitation à retourner à notre place… mais j’ai été coupée dans mon élan par la réponse formulée par les catholiques présents… « nous rendons grâce à Dieu ». Ma surprise a fait sourire tout le monde et oui, je n’ai pas l’habitude que l’on me réponde durant les cultes… Aurais-je du m’offusquer de cette prise de parole « catholique » durant un culte « protestant »? Certainement pas!!

 

Et pour moi c’est justement là que se vit l’unité. Ce n’est pas dans les hautes sphères institutionnelles, mais bien dans ce que nous vivons ensemble, sans trop se poser de questions. Tout comme les disciples ne se sont pas posé de questions au moment de suivre Jésus. C’était le moment de le faire et c’était à eux de se mettre en mouvement. Aujourd’hui, nous avons beaucoup de choses à vivre ensemble et nous sommes appelés à nous ouvrir à l’autre, nous tous… et oui, nous… et pourquoi pas nous! Amen

 

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