Pastourelle

une parole parmi tant d'autres, mais une parole quand même

 
  • Accueil
  • > Prédications
  • > Parabolons l’oecuménisme… – 20 janvier 2017 – semaine de prière pour l’unité des chrétiens

Parabolons l’oecuménisme… – 20 janvier 2017 – semaine de prière pour l’unité des chrétiens 24 janvier 2017

Classé dans : Prédications — pastourelle @ 12 h 21 min

Luc 15, 11-32 : Parabole du fils prodigue

2017… La semaine de prière pour l’unité des chrétiens est cette année marquée par la célébration ou commémoration d’un évènement important mais diviseur : la Réforme. Dans l’Eglise Protestante Unie de France, nous allons fêter cet anniversaire de l’acte fondateur de notre confession. Non pas faire la fête pour faire la fête en se disant qu’on en profiterait pour faire un pied de nez à l’Eglise Catholique, mais réfléchir à cet événement, aux principes de la Réforme dont, il faut l’avouer, nous sommes assez fiers (sacerdoce universel, Dieu seul, l’Ecriture seule, la foi seule…) et faire le point sur notre place dans la société, le rôle que nous avons à jouer aujourd’hui, mais aussi nos relations aux autres confessions chrétiennes.

Notre programme 2017 est assez dense en Savoie et il sera largement ouvert à tous pour que se vive le partage. C’est d’ailleurs dans cet esprit que cette année, c’est l’Allemagne qui a été choisie pour préparer cette célébration que nous sommes en train de vivre : pays qui a cristallisé les divisions il y a 5 siècles, il devient aujourd’hui signe d’unité. Et ce sont donc les représentants allemands de diverses confessions chrétiennes qui ont choisi cette parabole du fils prodigue.

Je vais vous avouer que sur le coup, je me suis dit: chouette, un texte extrêmement connu, j’ai déjà prêché dessus, la prédication va se faire en 2 temps, 3 mouvements… et puis, je me suis rappelée que cette parabole était à mettre en lien avec l’unité et alors, j’ai déchanté… car on peut lui en faire dire des choses à cette parabole et certaines sont plutôt du genre à mettre de l’huile sur le feu… mais allons-y!

 

Reprenons cette parabole: le Père, ses fils. Le plus jeune quitte la maison et part vivre sa vie. Il se retrouve sans le sou, retourne honteux auprès de son père. Le fils ainé, le fidèle, au service du père qui ne veut plus entendre parler de son frère et qui ne comprend pas pourquoi on lui fait la fête.

 

1ère interprétation: Le Père, c’est Dieu qui accueille toujours de nouveau celui qui se tourne vers lui, qui revient à lui. C’est un message d’espérance qui montre que les bras du Père sont toujours ouverts à ceux qui font le chemin vers lui. Même si ceux qui agissent bien, à l’image du frère ainé, qui obéissent à tous les commandements ne sont pas convaincus de la sincérité de la démarche des nouveaux venus, ou « revenants » ou encore de ces « renaissants ».

 

2ème interprétation: cette fois, en lien avec la semaine de l’unité. Attention, ça risque de faire grincer des dents!!

Gardons le Père comme image de Dieu. Prenons le domaine familial comme l’Eglise. Imaginons que le fils cadet prenne la figure de Luther et claque la porte de la maison, laissant à l’intérieur son frère ainé, le pape Léon X.

Nous voyons donc les protestants quitter la maison. Mais voila, ils se rendent compte, enfin, qu’ils avaient tort… et reviennent s’abriter dans le giron de l’Eglise catholique… et l’unité est enfin réalisée… Oui, mais NON!! Tout n’est pas si simple puisque le père sort de la maison pour accueillir le fils cadet. Comprenons: Dieu quitte l’Eglise !!! Et voyons le comportement du frère ainé (le pape!) qui ne comprend rien à ce que fait le Père… Comprenons: l’Eglise catholique ne comprend strictement rien aux instructions de Dieu!

 

Vous êtes d’accord pour dire que cette interprétation ne vous va pas?

Alors, passons à la 3ème interprétation (il y en aurait bien d’autres, mais je vais m’arrêter là!). Gardons le parallèle entre frères et communautés. Je crois que nos communautés sont tour à tour frère ainé et frère cadet. Tout à tour donneuses de leçon, expérimentatrices de nouvelles aventures humaines et spirituelles, chercheuses de sens, d’actions, de signes, de gestes, traditionnelles, voire parfois traditionalistes, regardant dans le rétroviseur. Et de savoir tout cela nous permet de travailler dessus afin d’oeuvrer à la fraternité.

 

Pour tout vous avouer, l’élément le plus parlant pour moi dans cette parabole est celui qui n’est pas rapporté, mais qui est juste évoqué: le repas!

Et là, vous allez me dire (oui, je suis un peu télépathe…) : mais rends-toi compte… le repas, c’est justement ça qui pose problème et qui est signe de division. Et oui, le repas eucharistique… Ce n’est pas faux et pour tout dire, lorsque j’étais étudiante et jeune pasteur c’était un sujet qui m’exaspérait, j’en ai même pleuré. Et puis… et puis, on fait des rencontres, on partage avec des chrétiens de différentes confessions et aujourd’hui je me dis que ce n’est pas grave, ce n’est pas grave de ne pas communier ensemble. Ce n’est plus pour moi le point d’achoppement parce qu’il y a tout le reste : ces célébrations de la semaine de l’unité, les partages bibliques que nous vivons ensemble un peu partout en Savoie et surtout les rencontres informelles.

Et pour ma part, je la vis déjà cette unité.

 

En 2016, si je fais le point, il y a 4 temps, un peu hors du commun, qui m’ont marquée.

- Une bénédiction d’union un peu particulière qui m’a bouleversée;

- la célébration de la lumière de Bethléem  – comme tous les ans, voir ces centaines de scouts me remplit d’émotion, tout comme voir cette petite lumière porteuse d’espérance rentrer dans l’Eglise du sacré coeur à Chambéry;

- la messe de Noel célébrée également à l’Eglise du sacré coeur – pour une fois, je n’était pas dans l’organisation, mais juste participante comme les centaines d’autres personnes réunies là le 24 décembre au soir et j’ai pu pleinement profiter de ce temps de recueillement et de joie;

- enfin, le culte de Noel célébré à Méribel où à la fin de la célébration, les participants sont venus chercher, dans une sorte de procession improvisée, leur petite bougie allumée à la flamme de Bethlehem. Ils venaient de France, d’Angleterre, de Belgique, deSuisse, des Pays Bas, des Etats Unis, ils étaient catholiques, protestants, peut-être en recherche, ou athées convaincus accompagnant la famille, mais tous émus de venir puiser à cette lumière de la paix.

 

Voila l’unité que je souhaite, que je vis. C’est celle du repas des retrouvailles de la parabole. Un repas où se vivent la fraternité et l’amitié, tout simplement sans chercher à savoir ce qui nous sépare mais en vivant simplement la grâce du moment.

 

Je suis végétarienne… alors, je n’aurais pas pu gouter au veau gras tué pour l’occasion, ce qui ne m’aurait en aucun cas empêché de communier à cette joie des retrouvailles!!

Alors, soyons juste heureux de nous retrouver et multiplions les occasions de rencontres et de partages. Amen.

 

Commenter

 
 

Youssef ALLOUCHA |
Hassan al Banna |
école islamique |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Procuresdbate
| Greencoffee
| sac lancel