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Marie et Elisabeth – Prédication Du 22 Décembre 2018 – La Motte Servolex – Célébration oecuménique 11 janvier 2019

Classé dans : Prédications — pastourelle @ 11 h 45 min

Luc 1, 39-45

Savez-vous quelle est l’affirmation que l’on entend le plus lorsqu’on est protestant? Une affirmation qui est posée en général par des personnes extérieures qui ont entendu parler du protestantisme de loin et ont gardé cela en mémoire : « vous, vous ne croyez pas en Marie! »ou bien dans une autre version : « vous, vous n’avez pas Marie »… Ce qui voudrait dire que nous aurions arraché quelques pages de l’Evangile pour ne pas la voir apparaitre… Pourtant, ces pages là, nous les avons gardées et comme nous avons les mêmes textes bibliques que l’Eglise catholique dimanche après dimanche et bien demain, c’est ce texte de l’Evangile de Luc qui sera également lu dans nos Temples. Avec Marie!!

Car, oui, Marie a une place importante dans la foi du protestant, comme elle a une place importante dans l’Evangile! Par contre nous ne la prions pas… aucun dogme n’est associé à Marie (immaculée conception, maternité divine, virginité perpétuelle…)… tout simplement parce que dans le protestantisme, il n’y a pas de dogmes. Et c’est chacun en conscience, dans la foi et devant les Ecritures qui se laisse interpeler… C’est pourquoi j’ai l’habitude de dire : vous prenez 2 protestants, vous leur poser une question théologique et vous aurez 3 réponses ! Car rien n’est figé, tout est en mouvement tout le temps et la non dogmatisation de la foi nous permet d’évoluer différement dans notre cheminement chrétien.

 

Revenons à Marie, oui, elle est importante dans l’Evangile… C’est la mère de Jésus… et quelle histoire !

Voici une jeune femme qui s’apprête à épouser un homme, du nom de Joseph, charpentier à Nazareth… Elle n’a rien demandé… et pourtant ça va lui tomber dessus, à l’improviste!

C’est un ange qui va venir casser la petite vie certainement bien ordonnée de Marie. Cet ange se nomme Gabriel, c’est également lui qui est intervenu auprès de Zacharie pour annoncer la naissance de Jean… Jean, on le retrouve dans ce passage de l’Evangile. On le retrouve trassaillant, bondissant de joie dans le ventre de sa mère Elisabeth. Il a tout compris avant même sa naissance, il sait que dans le ventre de Marie est en train de se mettre en place le salut des hommes et des femmes, une grande joie pour toute l’humanité!

Marie va donc rendre visite à sa vieille cousine Elisabeth. C’est étonnant de voir comme leurs situations sont similaires en étant pourtant totalement différentes.

Des histoires comme celles d’Elisabeth, nous en trouvons quelques-unes dans l’Ancien testament : Sarah, stérile et agée à qui Dieu fait la promesse d’un enfant… et qui n’y croit pas… et qui rit… et qui pourtant va donner naissance à Isaac. Rebecca, femme d’Isaac est infertile durant de nombreuses années jusqu’à ce que son mari implore le Seigneur et qu’elle tombe enceinte… une grossesse pas facile puise Jacob et Esau se battent déjà dans le ventre de leur mère… Puis Jacob épouse en seconde noce Rachel… qui est elle aussi stérile … après des années de détresse, elle met au monde Joseph. Oui, de nombreuses femmes dans les Ecritures sont atteinte de stérilité. A l’époque, il s’agit non seulement d’une grande souffrance pour les femmes, mais c’est également une honte pour ces dernières car elles ne peuvent obéir au commandement divin : « Soyez féconds, multipliez-vous ». C’est d’ailleurs pour cela que Rachel implore son mari : « Donne-moi des enfants ou je meurs! » : la fécondité ou la mort…

Pourtant, la honte n’a rien à faire dans cette situation… la souffrance portée par la femme qui ne peut enfanter est déjà bien assez grande pour l’accuser d’une quelconque défaillance spirituelle!

 

Et là, on se dit que si les Ecritures avaient été rédigées par des femmes, il y aurait peut-être eu moins de stérilité féminine… et certainement moins de poids à supporter par la femme stérile!

 

Revenons à ces femmes qui vivent dans leur corps un miracle… Après des années de stérilité, les voila enceintes! Le miracle de la vie se réalise en elles.

C’est donc le cas d’Elisabeth, elle qui pensait que tout était perdu pour elle, l’incroyable se réalise, Jean grandit en son sein.

Mais Marie… elle n’a pas vécu ces attentes d’attente stérile, elle n’est pas en demande, elle n’a pas imploré le Seigneur pour porter la vie. Non, elle est toute jeune, elle a la vie devant elle… Et d’ailleurs, elle n’a même pas essayé d’avoir des enfants, elle est vierge. Non, cette jeune fille n’a rien demandé, tout au plus de construire son foyer avec son futur époux Joseph.

Et pourtant Dieu va intervenir pour qu’elle devienne mère. Face à toutes ces mères qui ont imploré, qui ont subi dans leur chair, dans leur âme l’incapacité de donner la vie, elle fait figure d’exception.

On pourrait presque dire que la vie va advenir malgré elle. Elle a été choisie, c’est en elle que germera le salut du monde. A-t-elle eu son mot à dire? L’Evangile nous transmet cette phrase qu’elle dit à l’ange : « Je suis l’esclave du Seigneur, qu’il m’advienne selon ta parole »… Mais aucune question ne lui était posée. Gabriel ne lui demande pas son avis, il pose des faits : « tu vas être enceinte; tu mettras au monde un fils; l’Esprit saint viendra sur toi, la puissance du très haut te couvrira de son ombre… ». Il en sera ainsi et pas autrement.

 

Gabriel essaie de présenter les choses de manière positive : « Réjouis-toi, toi qui es comblée par la grâce, le Seigneur est avec toi »… Mais où est la joie, à l’époque pour une fille mère?? Si pour ses parentes et aïeules stériles, la honte étaient justement dans la stérilité, pour Marie, la honte serait plutôt d’être enceinte avant même d’être mariée!

Mais rien n’est impossible de la part de Dieu et la honte n’a pas sa place dans son plan… Seule la joie y demeure!

 

Et Elisabeth ne s’y trompe pas en lui disant : « Heureuse celle qui a cru car ce qui lui a été dit de la part du Seigneur s’accomplira ». Pourtant, malgré le bonheur d’être mère, la mère de cet enfant particulier, la vie ne sera pas facile pour Marie. On peut imaginer l’inquiétude de cette mère pour son enfant qui dès sa naissance attirera la haine des puissants, des jaloux; sa douleur, son immense affliction au moment de la crucifixion de la chair de sa chair par ces mêmes puissants, pas ces mêmes jaloux.

 

Mais pour le moment, Marie est appelée à se réjouir, à être heureuse, bien heureuse. Et quelques versets plus loin dans l’Evangile de Luc, Marie mettra des mots sur ce bonheur, sur cette joie, sur cet événement incroyable… Elle rendra grâce au Seigneur pour ce don qui lui est fait, à elle qui n’avait rien demandé, mais qui accepte malgré tout de porter la vie, de porter la Vie avec un grand V… de porter notre vie, de porter l’amour.

 

Elle restera 3 mois avec Elisabeth, elle rentrera chez elle juste avant la naissance de Jean. Et à ce que l’on peut imaginer dans l’Evangile de Luc, Joseph n’est au courant de rien… sa future épouse, la jeune Marie est partie comme ça, du jour au lendemain, sait-il seulement où elle est partie? Et la voila qui revient 3 mois après, avec une surprise… et quelle surprise… même si cela ne se voit pas encore, la jeune femme qui l’a quitté quelques temps auparavant a changé, elle n’est plus la même, elle rayonne. Il y a quelque chose de nouveau dans le regard de Marie, sa promise. Et Joseph va accepter l’enfant. Et Joseph va aimer l’enfant, comme il aime Marie, comme Marie l’aime et comme elle aime l’enfant.

 

Oui, vraiment, avec Elisabeth, nous pouvons dire : Bénie sois-tu entre toutes les femmes! Bienheureuse es-tu! Amen

 

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