Pastourelle

une parole parmi tant d'autres, mais une parole quand même

 

Viens ! – Prédication du 10 février 2019 – Aix-les-Bains 12 février 2019

Classé dans : Prédications — pastourelle @ 15 h 14 min

Esaie 6, 1-8 ; 1 Corinthiens 15, 1-11 ; Luc 5, 1-11

En ce moment, les enfants de l’école biblique sont en train de parler de confirmation… non pas que nous les préparons déjà à confirmer les voeux du baptême pris par leurs parents… non, mais nous faisons le tour de toutes les étapes importantes de la vie : la naissance, le baptême, la confirmation et nous continuerons par d’autres moment clefs : le mariage… mais aussi la mort, avec ce vers quoi elle ouvre dans notre confession.

Et donc en parlant de confirmation, ils parlent également de foi, de confession de la foi et répondent à cette question à laquelle nous pourrions tous répondre, que les jeunes chantent lors de nos cultes communs : « et vous, qui dites-vous que je suis? ». Vous savez, c’est cette question que Jésus pose à ses disciples dans l’Evangile de Luc. Tout d’abord, il ouvre la question : « Au dire des foules, qui suis-je? »… les réponses divergent : Jean le Baptiseur, Elie, d’autres prophètes… Alors Jésus se fait plus précis et demande aux disciples, ses amis, de se positionner sur la question : « Et pour vous, qui suis-je ?». Et c’est Pierre qui, le premier va confesser : « Le Christ de Dieu! », dans l’Evangile de Matthieu Pierre dit : « Toi, tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ».

Pierre s’est jeté à l’eau! Et ce n’est pas la première fois qu’il le fait.

 

Voyez dans ce passage de Luc que les jeunes ont lu tout à l’heure, c’est Pierre qui prend la parole, c’est Pierre qui agit, c’est, d’une certaine manière lui qui se jette à l’eau… même si c’est de façon très concrète qu’il se jettera à l’eau dans l’Evangile de Matthieu, lorsque Jésus, marchant sur les eaux du lac de Tibériade dit à Pierre « Viens »… Pierre sort du bateau, marche sur l’eau, mais prend peur et s’enfonce… Jésus lui tend la main, le sauve. Et les témoins présents dans le bateau pourront à leur tour confesser : « Tu es vraiment Fils de Dieu! »

 

Mais revenons à cette scène au bord du lac de Génézareth, qui n’est autre que le lac de Tibériade, qui n’est autre que la mer de Galilée!

Jésus est oppressé par les foules. Peu de temps auparavant, il avait tenté de se cacher, de s’isoler dans un endroit désert, mais impossible. Les propos de Luc sont presque anxiogènes : « les foules se mirent à sa recherche et vinrent jusqu’à lui ; elles voulaient le retenir, afin qu’il ne les quitte pas »… Tout cela donne une impression générale d’étouffement… On a besoin d’air… Jésus a besoin d’air… et ce n’est pas pour rien qu’il monte sur un bateau pour instruire les foules.

Ce bateau, il appartient à Simon, que Jésus appellera Pierre par la suite. Simon a déjà rencontré Jésus peu de temps avant, il était venu chez eux pour guérir la belle-mère de Pierre qui avait de la fièvre… Mais bon, peut-être que n’importe quel rebouteux de l’époque était en capacité de chasser une simple fièvre, même si elle était forte.

 

Mais Simon, ce jour-là, n’est pas au milieu de la foule pour écouter Jésus, pour l’oppresser. Non, il est en contre-bas, en train de nettoyer et réparer ses filets avec ses associés. Ils ont péché toute la nuit, ils sont fatigués, ils mettent tout en ordre avant de regagner leurs maisons afin de se reposer un peu avant de repartir le soir-même. Donc non, Simon n’écoute pas Jésus. Il a bien du remarquer qu’il y avait du monde un peu plus haut… Mais il a du travail. Simon ne va pas aller à Jésus. C’est Jésus qui va venir le chercher, enfin, il va surtout venir chercher son bateau. Pour s’éloigner un peu de la rive. Simon n’avait peut-être pas l’intention d’écouter Jésus ce jour-là, pourtant, il n’aura pas le choix… Jésus monte sur le bateau et enseigne depuis la mer. Simon est aux premières loges. Il n’avait rien demandé, mais il se trouve au bénéfice de l’enseignement de Jésus… Et les choses ne vont pas s’arrêter là. Simon qui pensait certainement depuis quelques heures à prendre du repos va se remettre en chemin vers les profondeurs sur une simple parole de Jésus : « Avance en eau profonde, et jetez vos filets pour pêcher. »

Aux dernières nouvelles, Jésus était menuisier, pas pêcheur! Comment sait-il où il faut jeter les filets? Si ce n’est par professionnalisme, c’est qu’il est inspiré, c’est qu’il y a autre chose!

 

Alors Simon fait confiance… il le connait depuis peu, mais il l’a déjà vu guérir sa belle-mère, il l’a entendu enseigner et il a du remarquer l’autorité qu’il dégage.

Alors, il va en eaux profondes, il jette ses filets et, oh miracle : les poissons qui étaient n’étaient pas au rendez-vous durant la nuit, sont là, bien trop nombreux pour leur petite barque. Alors, ils appellent leurs camarades pour venir prêter main forte et les barques s’enfoncent dans l’eau tellement la prise est importante. Et il n’y a pas que Simon qui est au bénéfice de ce miracle… Jacques et Jean, les fils de Zébédée sont les associés de Simon. Eux non plus n’ont jamais du voir une si belle pêche!

 

Et ils sont là, à l’ouvrage. Oui, Simon, Jacques et Jean avaient plutôt mal commencé la journée… ils n’attendaient certainement rien de plus de ce jour… si ce n’est aller se coucher pour penser à d’autres pêches plus conséquentes. Ils n’attendaient rien, mais ils ont tout reçu ce jour-là.

Le matin ils n’étaient que pêcheurs, et ils vont s’endormir disciples du Christ, du Messie : le Fils de Dieu!

 

Ils ne sont pas les seuls dans les Ecritures à recevoir alors qu’ils n’avaient rien demandé. La semaine dernière, c’est un texte du prophète Jérémie qui nous était proposé : il n’avait rien demandé lui non plus… d’ailleurs il a essayé d’esquiver sa mission de prophète car se sentait trop jeune pour cela.

 

Aujourd’hui, le prophète Esaie est envoyé également auprès du peuple pour lui mettre en face des yeux toutes ses erreurs, ses manquements, ses fautes… Oui, le peuple s’est détourné de Dieu, il l’a renié et se met à idolâtrer des dieux de terre ou de paille. Esaie non plus n’avait rien demandé… mais ses visions ne l’ont pas laissé tranquille! Le voila qui voit le Seigneur… mais ce n’est pas possible, on ne peut pas voir le Seigneur et vivre… et Esaie vit au milieu de ce peuple « aux lèvres impures »… il a donc lui-même les lèvres impures, mais le voila purifié par un seraphim qui pose sur ces mêmes lèvres une braise.

Esaie est pur, et il peut se permettre de se proposer comme prophète devant le Seigneur.

 

Et Paul! Quel exemple d’appel à suivre le Christ… Qui aurait pu s’y attendre, personne… sinon Dieu bien évidemment! Paul était un fervent opposant des disciples du Christ. Le livre des Actes nous dresse un portrait particulièrement noir de celui qui s’appelait auparavant Saul : « Cependant Saul, qui respirait encore la menace et le meurtre contre les disciples du Seigneur, se rendit chez le grand prêtre et lui demanda des lettres pour les synagogues de Damas ; s’il y trouvait quelques-uns, hommes ou femmes, qui étaient de la Voie, il pourrait ainsi les arrêter et les amener à Jérusalem. »

Oui, il n’y avait pas pire persécuteur que Paul. Et pourtant, c’est lui que Dieu a choisi pour évangéliser tout le bassin méditerranéen!

 

Même Paul dans sa 1ère Epitre aux Corinthiens semble encore étonné de ce qu’il lui est arrivé plus de 20 ans auparavant : comment lui, l’avorton, le plus petit des apôtres, d’ailleurs mérite-t-il ce titre, c’est ce qu’il se demande… oui, comment lui a-t-il pu être touché ainsi par la grâce de Dieu, par son pardon, par son amour? En somme : pourquoi lui!?

Mais la réponse est simple, Dieu avait une mission pour lui et son zèle à persécuter les chrétiens devait se transformer en zèle pour annoncer l’Evangile avec la même puissance, la même persévérance, la même envie… Voici les paroles que Dieu adresse à Ananias, l’homme vers qui Paul est envoyé le jour de sa conversion : « cet homme est un instrument que je me suis choisi pour répondre de mon nom devant les nations païennes, les rois et les Israélites. 16Je lui montrerai moi-même en effet tout ce qu’il lui faudra souffrir pour mon nom. ».

 

Et nous connaissons la suite. Paul est un grand apôtre qui apportera la bonne nouvelle partout où les moyens de transport de l’époque pourront le mener, il ne chômera pas, ne rechignera pas à la tache. Non, il sera un fidèle serviteur du Seigneur.

Et c’est pourquoi il pourra écrire cette belle confession de foi concernant la résurrection du Christ. Paul est affermi dans sa foi et il a confiance dans ce qu’il annonce, dans ce qu’il croit.

 

Ce n’est pas facile de dire ce en quoi nous croyons. Nous pouvons poser des gros mots théologiques : trinité, résurrection, prédestination, consubstantiation, réconciliation… Mais ces mots sonnent parfois creux dans le vécu de nos existences. Car la foi c’est une expérience, c’est un relationnel qui peut parfois difficilement s’expliciter. C’est un vécu personnel, que personne ne peut se permettre de juger.

Voyez comme Ananias est prompt à juger Paul qu’il ne connait que trop bien de par sa réputation : « , j’ai entendu bien des gens parler de cet homme et dire tout le mal qu’il a fait à tes saints à Jérusalem. 14Et ici il dispose des pleins pouvoirs reçus des grands prêtres pour enchaîner tous ceux qui invoquent ton nom. ».

Pourtant, Paul a vécu une expérience hors du commun : personne ne peut le lui retirer, personne ne peut la juger. Nous ne pouvons que constater les fruits de cette rencontre qui a ouvert Paul à la conversion et surtout, à l’amour.

 

Tout comme Jésus a appelé Pierre, Jacques et Jean, tout comme Dieu a appelé Esaie, tout comme Paul a été saisi par la puissance d’amour du Seigneur, nous sommes appelés, laissons-nous être saisis nous aussi par ce que le Seigneur a de bon à nous apporter, à nous donner. Nous nous sommes déjà mis au service d’une manière ou d’une autre, mais peut-être avons-nous peur de témoigner de cette foi qui pourtant nous fait vivre… qu’est-ce qui nous fait peur : peur de déranger, peur de ne pas pouvoir répondre aux questions qu’une telle affirmation pourraient susciter, peur d’être bousculés dans nos croyances, peur d’être moqués… Mais est-ce que tout cela est grave?

 

Déranger? Ils nous le diront si ça ne leur plait pas… mais ils auront entendu quelque chose de différent qui peut-être les fera revenir vers nous pour creuser le sujet…

Ne pas répondre aux questions? Mais a-t-on toutes les réponses aux questions? Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse en matière de foi puisqu’il s’agit d’expérience personnelle… notre réponse est conditionnée par ce que nous vivons… et ce n’est qu’une réponse parmi tant d’autres… Votre voisin de banc pourrait répondre différemment et alors, c’est sa vie, son expérience de foi, il n’a pas plus raison que vous.

Etre bousculés? Mais c’est justement ce qui permet d’affermir sa foi! Nous ne nous construisons qu’en avançant avec les interrogations que nous portons et celles qu’on nous expose. Si Jésus est entré dans notre vie, on ne peut pas être déraciné car le fondement est solide… mais nous pouvons être bousculés par des interrogations inédites qui nous permettent d’approfondir encore plus notre foi.

Etre moqués? Franchement, sommes-nous à ce point dépendants de ce que les autres peuvent nous renvoyer? Souvent les gens qui ont des convictions dérangent car ils sont ancrés dans la vie avec des valeurs profondes… alors les moqueries permettent juste de camoufler les propres failles des moqueurs… Aimons-les encore plus!

 

Bon, au final, plus rien ne nous empêche de nous mettre en chemin pour partager autour de nous cette bonne nouvelle et de ne pas rester sur les réussites évangélisatrices de nos prédécesseurs… car cette interpellation de Jésus à ses proches disciples nous concerne aujourd’hui encore : « Allez donc : de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, leur apprenant à garder tout ce que je vous ai prescrit »… car rappelez-vous : il est avec nous tous les jours jusqu’à la fin des temps!

Amen

 

 

 

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Youssef ALLOUCHA |
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