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Ce bonheur, si je le veux, je l’aurai – Prédication Du 17 Février 2019 – Chambéry 18 février 2019

Classé dans : Prédications — pastourelle @ 12 h 39 min

Luc 6, 17-26

En ce moment, tournent en boucle à la maison, les chansons d’une jeune artiste : Angèle, qui a d’ailleurs reçu 2 victoires de la musique dernièrement. Et une de ses chansons parle du bonheur et s’intitule : il faudrait tout oublier. Je vous lis juste quelques paroles de cette chanson :

« Ferme les yeux, oublie

Que tu es toujours seul

Oublie qu’elle t’as blessé

Oublie qu’il t’a trompée

Oublie que t’as perdu

Tout ce que t’avais

C’est simple sois juste heureux

Si tu voulais tu le serais »

Et une phrase du refrain : « ce bonheur, si je le veux je l’aurai ».

Le bonheur comme résultante d’une volonté. Ça va très bien avec le très célèbre : « si on veut, on peut »!

Cela parait si simple… comme des évidences jetées au visage alors que nous savons quelle est notre vie, elle n’est pas facile, elle est chargée, surchargée et le bonheur n’y a pas forcement sa place… parce que le principal est déjà de vivre, voire de survivre.

Pourtant, vous avez tous reçu des témoignages de personnes ayant voyagé dans des pays où les conditions de vie sont très difficiles, ou peut-être même vous-mêmes avez-vous pu faire ce genre de rencontres : ces hommes, ces femmes, ces enfants qui paraissent heureux alors qu’ils n’ont pas même de chaussures, alors qu’ils n’ont peut être pas mangé à leur faim depuis plusieurs jours, alors qu’ils sont peut-être orphelins… Oui, ils sont heureux alors que pour nous, ils n’ont rien pour l’être… Mais peut-être sont-ils heureux parce que justement, ils n’ont rien…

 

Cette entrée en matière est quelque peu de l’ordre du cliché… car non, quand on a rien, on n’est pas tout le temps heureux… quand on souffre de la faim, quand on voit son enfant mourir, le bonheur n’est certainement pas une évidence… Mais ce qui est vrai, c’est que moins on a de possession, moins on a d’attachement et donc moins de crainte d’en être séparé un jour. Le bonheur se vit dans le relationnel, pas dans la possession, même si les publicités essaient de nous faire croire ça à longueur de journée… et même si vous ne regardez pas la télé, vous êtes tout de même assaillis, voire même agressés, par des panneaux publicitaires géants qui essaient de vous faire comprendre que votre vie va enfin trouver un sens si vous achetez leur dernière voiture, que le bonheur ne sera pour vous que si vous portez ce manteau sur le dos!

 

On veut nous vendre le bonheur, alors que le bonheur est gratuit… et surtout, à portée de main!

 

Revenons à l’Evangile du jour : il s’agit bien évidemment des béatitudes, qui d’une certaine manière pourrait nous montrer le chemin vers le bonheur… mais honnêtement, ce chemin vers le bonheur n’est pas des plus joyeux…

On a l’habitude des béatitudes de Matthieu et on oublie un peu celles proposées dans l’Evangile de Luc peut-être parce qu’elles nous dérangent. Autant avec les béatitudes de Matthieu, nous pouvons nous camoufler derrière une spiritualisation des situations abordées : « heureux les pauvres… en esprit ; heureux ceux qui ont faim et soif… de justice ». Mais chez Luc, rien de tout cela.

 

En fait, on a l’habitude de dire que chez Luc, il y a 4 béatitudes négatives parce que les « heureux » concernent les pauvres, les affamés, ceux qui pleurent et ceux qui sont hais, exclus et insultés… On a déjà trouvé plus grand bonheur…

Donc 4 béatitudes négatives et 4 malédictions qui concernent les riches, les rassasiés, les rieurs, ceux à qui ont fait des louange!

 

Elles nous dérangent également parce que les malédictions peuvent nous concerner… et passer d’une certaine façon pour les méchants n’est pas quelque chose que nous acceptons facilement… Parce que oui, nous sommes riches… nous sommes toujours le riche d’un autre! Oui, nous sommes rassasiés… tellement rassasiés que nous nous permettons de jeter de la nourriture! Oui, nous rions parce que notre vie n’est pas mise en danger par d’autres !

Alors, nous nous disons que peut-être le trajet vers le bonheur passe effectivement par toutes les peines vécues. C’est d’ailleurs ainsi que les béatitudes néo testamentaires ont permis de légitimer les différences de niveaux de vie : oui, la pauvreté est nécessaire car l’Evangile en fait la louange!

 

Au sein même de l’Eglise les propos ont pu être forts pour affirmer que les pauvres devaient au final se réjouir d’être pauvres – comme cette lettre de Léon 13, en 1882 : « La question des rapports du riche et du pauvre qui préoccupe tant les économistes sera parfaitement réglée pour cela même qu’il sera bien établi que la pauvreté ne manque pas de dignité, que le riche doit être miséricordieux et généreux, le pauvre content de son sort et de son travail puisque ni l’un ni l’autre n’est né pour les biens périssables et que celui-ci doit aller au ciel par la patience, celui-là par la libéralité. »

 

Ou encore les paroles de ce haut fonctionnaire, politicien d’après guerre : « Comment contraindre les classes ouvrières, à accepter silencieusement le chômage et la misère? Comment les rendre subitement assez éclairées et assez intelligentes pour les dissuader de vouloir trancher par la violence du fusil et du sabre des problèmes formidables dont la race humaine étudie depuis trente siècles la solution, sans en avoir jamais rencontré d’autres que celle dont l’Evangile expose la divine théorie et qui se résume en ces mots : résignation et charité » (Jacques Bénet).

 

Donc, la prochaine fois que vous voyez quelqu’un qui fait la manche, vous pourrez aller le voir et lui demander de quoi il se plaint puisque lui prend possession maintenant du royaume de Dieu… et que tout de même il pourrait se satisfaire de ce qu’il a même si c’est peu… vous pourriez presque lui dire que c’est indécent de s’exposer ainsi, de jeter au visage des autres, son bonheur évangélique!!!

Je pense qu’il le prendra très bien!

 

Ce qui est étonnant c’est que si c’est si merveilleux d’être pauvre grâce aux béatitudes, où sont les riches qui tiennent de tels propos prêts à tout abandonner pour partager le bonheur des pauvres?? Difficile d’être mis face à ses propres incohérences !

 

Ces béatitudes sont des encouragements pour les disciples de Jésus qui vont connaitre le pire… Jésus sait qu’il va endurer les pires supplices, mais ses disciples ne sont pas encore conscients de ce qui peut arriver. Mais ce ne sont pas des béatitudes pour demain, non, elles sont pour aujourd’hui, pour maintenant!

 

Et en regardant la différence entre les 4 bénédictions et les 4 malédictions et les entre les bénéficiaires de ces paroles, on peut voir ceux qui sont comblés, remplis et les autres qui ne sont pas chargés, surchargés, qui ont encore de la place dans leur coeur pour accueillir la parole de Dieu, pour accueillir le Royaume.

Oui, heureux êtes-vous les pauvres, car le royaume de Dieu est à vous. Oui, heureux êtes-vous car vous avez la possibilité de l’accueillir, vous avez la place pour la parole de bonheur, pour la parole d’espérance! Bien évidemment, ça ne va pas vous donner à manger, ça ne va pas vous mettre un toit sur la tête… Mais quand une parole d’espérance nous accompagne, le ciel s’éclaircit et la spirale du malheur peut s’inverser et c’est un nouvel élan qui peut nous propulser vers autre chose, vers un bonheur.

 

Le bonheur peut se décider, mais il faut une force de conviction pour cela… et la parole de Jésus posée sur les plus démunis est cette force qui permet d’aller au delà de ce que nous pouvons imaginer.

 

Je voudrais terminer avec la traduction des béatitudes d’André Chouraqui qui remplace le « heureux » par « en marche ». Un changement qui fait passer l’homme de la passivité à l’action, car les béatitudes ne sont pas un appel à l’inertie, elles sont un appel à se mettre en marche vers le Royaume et donc à le préparer, à se mettre en mouvement pour que le monde change !

« « En marche, les humiliés ! Oui, il est à vous, le royaume d’Elohîms ! 21 En marche, les affamés de maintenant ! Oui, vous serez rassasiés ! En marche, les pleureurs de maintenant ! Oui, vous rirez ! 22 En marche, quand les hommes vous haïssent, vous bannissent, vous flétrissent, et jettent dehors votre nom comme criminel, à cause du fils de l’homme ! 23 Jubilez, ce jour-là, dansez de joie ! Voici : votre salaire est grand au ciel ! Oui, cela, leurs pères l’ont déjà fait contre les inspirés. »

 

Heureux soyez-vous, vous qui avez reçu un appel de notre Seigneur, mettez votre joie au service de vos frères et de vos soeurs! Amen

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