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Espérance encore et toujours – Prédication Du 24 mars 2019 – Chambéry 15 avril 2019

Classé dans : Prédications — pastourelle @ 9 h 32 min

Luc 13, 1-9

A la première lecture, ce texte de l’Evangile de Luc donne envie de tourner la page… voire même d’arracher la page… bon, ce serait dommage tout de même!

Alors, il faut passer à une deuxième lecture… et puis à une troisième… peut-être même à une quatrième!

Ceux qui participaient mardi au partage biblique ne diront pas le contraire…

Oui, ce texte, à la première lecture, est tout de même assez désespérant. On y parle de quoi?

  • de Galiléens qui ont été assassinés
  • de personnes qui ont été tuées par une tour qui s’est écroulée sur eux

Pour information, concernant ces 2 événements, on ne sais pas vraiment à quoi fait référence Luc : certainement à une répression sanglante dans le premier cas et à un accident malheureux avec peut-être l’effondrement d’une des tours des murailles de Jérusalem.

On y parle aussi de figuier stérile, qu’il faut couper, arracher.

Ce n’est pas la vie qui est mise en avant dans ce texte surtout qu’il nous est dit que s’il n’y a pas de changement radical de notre part, on risque de subir le même sort que les Galiléens ou ces pauvres personnes qui étaient présents au mauvais moment, au mauvais endroit. Ou encore, finir comme ce figuier, couper, retrancher.

 

Donc, oui, à la première lecture… on a envie de passer à autre chose.

Mais vous savez très bien qu’avec l’Evangile, il ne faut pas rester à la première lecture! Et on est en général agréablement surpris de ce que le texte peut nous dire, nous apporter.

 

Revenons au contexte : alors que Jésus s’étend précédemment sur le jugement, le fait de s’y préparer… voila qu’on vient le voir pour lui raconter une histoire : celle de ces galiléens tués par Pilate, dont on a mêlé le sang à celui des sacrifices.

Etait-ce juste une histoire comme ça parce que cela faisait le tour de la ville… Si vous allez au café le matin, vous entendez les gens discuter de tout et de rien, des événements passés, les avis se font et se défont… Et j’ai un peu cette impression en lisant le début de ce passage… C’est le café du commerce : on parle potin et faits divers… et comme un fait divers est forcement morbide, celui-là tombe à point nommé!

Ont-ils une interrogation par derrière, ceux qui viennent interpeller Jésus avec cette histoire? Nous ne le savons pas, nous ne savons pas s’il s’agit d’une interpellation piège ou tout à fait anodine.

Mais Jésus va profiter de ce récit pour continuer son enseignement.

 

Et on peut imaginer la discussion autour de ces galiléens, les jugements, les condamnations… Ah… si ils ont été tués, c’est qu’ils l’avaient mérité… et leur sang mélé à celui des sacrifices… par leur sang certainement impur il ont rendu impropre les sacrifices qui étaient destinés au temple! Vous connaissez tous cette façon de penser : si un malheur arrive ce n’est pas par hasard… D’autant plus que dans la pensée de l’époque, une mort violente ou accidentelle (comme lors du second fait divers relaté par Jésus), passait pour une sanction divine consécutive d’un grave péché… Donc oui, autour de Jésus, les avis doivent se partagés sur le caractère pécheur de ces hommes!

Mais Jésus va leur couper l’herbe sous le pied : ces galiléens, mais ils n’étaient ni pires, ni meilleurs que d’autres… ça aurait pu être n’importe lequel!

Et il insiste sur cette non antériorité du péché comme cause du malheur en leur citant cette deuxième histoire, ces 18 hommes morts sous l’effondrement d’une tour de Jérusalem : eux non plus n’étaient ni pires ni meilleurs, pas plus pécheurs que les autres… pas plus pécheurs que les auditeurs de Jésus.

 

Et par 2 reprises, Jésus va faire cette conclusion quasi similaire : « Non, je vous le dis. Mais si vous ne changez pas radicalement, vous disparaîtrez tous de même pareillement ».

Ah, là, les choses se complexifient pour les auditeurs de Jésus. Les galiléens et les 18 autres personnes ont été frappés par… la faute à pas de chance… c’est tombé sur eux, cela aurait pu tomber sur d’autres.

Par contre… si cela arrive aux auditeurs de Jésus… et bien ils seront pleinement fautifs car ils n’auront pas écouté Jésus concernant ce changement radical nécessaire à cette nouvelle naissance, à la mise en route à la suite de Jésus.

On peut traduire le « vous disparaitrez » par un « vous vous perdrez » ce qui n’implique pas forcement la mort physique, mais une mort spirituelle. Oui, si vous ne vous convertissez pas, vous allez vous égarer sur de mauvais chemins, des chemins où des tours mauvaises peuvent s’écrouler sur vous et vous déstabiliser, vous faire perdre confiance, vous faire choisir la mort plutôt que la vie.

Si vous ne vous convertissez pas, ce sont des coups qui vous seront portés par la vie, par les autres et vous ne serez pas prêts pour les recevoir, pour les esquiver ou tout simplement pour les empêcher d’être.

 

Alors, comme ses auditeurs ont du ouvrir de grands yeux en essayant de comprendre ce qu’il pouvait bien dire, Jésus a recours à une parabole. Nous aimons bien les paraboles parce qu’elles utilisent des images qui nous permettent de mieux comprendre ce que peut être le Royaume, de mieux envisager l’amour que Dieu peut avoir pour nous, et concrètement, elles peuvent nous guider vers les chemins à prendre et ceux à esquiver.

 

Cette parabole c’est celle du figuier, celle d’un figuier stérile.

Nous avons donc un propriétaire, un vigneron… et un figuier.

Le propriétaire a été patient… il a attendu 3 ans avant de s’entretenir avec le vigneron, 3 ans durant lesquels le figuier n’a pas donné une seule figue, rien! Le propriétaire n’a pas planté un champ de figuiers, non, c’est bien une vigne qu’il a planté… c’est bien du raisin qu’il espère récolter… pas des figues.. Alors, ce figuier dans cette vigne utilise un bout de terre duquel il ne peut tirer aucun fruit, aucun rendement. Il a été patient, mais maintenant cela ne peut plus durer.

Mais le vigneron connait sa terre, il a l’amour du travail manuel. Il sait que ce figuier n’est pas productif, mais il va tout faire pour le sauver… pourquoi n’a-t-il rien fait auparavant? Peut-être pensait-il que cela pourrait se régler tout seul, que le figuier avait besoin de temps pour produire. Mais maintenant, il faut utiliser les grands moyens. Ce figuier, il fait partie de sa vigne, il le voit tous les jours, il s’est pris à l’aimer, alors, il veut lui venir en aide. Il va faire faire ce qu’il fait certainement avec les pieds de vigne, il va le cajoler, prendre soin de lui. Il veut lui donner une chance. Alors, il explique qu’il va creuser et lui mettre du fumier, des éléments riches pour lui donner un nouveau souffle, pour lui permettre de porter du fruit et ainsi de ne pas être coupé.

 

Vous savez que les paraboles sont appelées à être interprétées… Mais Jésus ne nous donne pas la clef de lecture de celle-ci, à nous de nous dépatouiller avec les éléments fournis.

Imaginons Dieu à la place du propriétaire, Jésus à la place du vigneron… et nous, humains à la place du figuier… Ce qui collerait avec les paroles de Jésus auparavant.

Dieu comme on peut se l’imaginer à Sodome ou au temps de Noé… Un Dieu qui se fatigue de voir la méchanceté des hommes et des femmes. Qui a été patient, mais qui n’en peut plus. Ces hommes et ces femmes, qui ne veulent pas changer de comportement, qui ont été prévenus, mais qui persistent dans leur errance, dans leur bêtise. Alors, à un moment, il est nécessaire de les faire cesser!

Et notre vigneron, Jésus, intercède en notre faveur… Encore un peu de temps, et ils vont se convertir, je vais leur donner une parole, une bonne nouvelle, je vais leur dire qu’il est nécessaire de changer radicalement de comportement, de pensée, pas pour faire plaisir au propriétaire, mais pour vivre de façon heureuse, comblée, harmonieuse.

Mais il leur faut une aide à ces hommes et à ces femmes que nous sommes, tout comme au figuier il a fallu du fumier pour peut-être reprendre vie, il nous faut l’esprit pour nous aider à porter du fruit, pour nous aider à entamer ce changement radical.

Bon, vous me direz, c’est un peu osée comme comparaison… Nous avions le propriétaire / Dieu, le vigneron / Jésus, le figuier / nous, les hommes et les femmes de ce monde… et le fumier / l’Esprit…

Il est vrai que dans le terme a parfois été utilisé comme insulte, mais au final, c’est un trésor, c’est une mine de nutriments, c’est ce qui va aider l’arbre à reprendre sa vigueur, à devenir fertile, à porter du fruit!

D’un déchet, on tire la vie, une vie féconde.

 

Et ne parle-t-on pas des fruits de l’Esprit? Voici ce que Paul pose comme fruits de l’Esprit : « Quant au fruit de l’Esprit, c’est : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, douceur, maîtrise de soi… »

Voila ce que nous sommes appelés à porter en changeant radicalement de comportement.

 

Ces fruits de l’Esprit nous devons aussi les faire fructifier en Eglise, en communauté, ce n’est pas toujours facile, il y a des susceptibilités, des égos, des façons de voir, de penser, de croire différentes, pourtant, nous partageons une même foi en celui qui s’est présenté à Moïse avec ces quelques mots : «  Je serai qui je serai » du milieu d’un buisson qui ne se consumait pas, parce que la parole de Dieu ne se consume pas, elle ne passe pas, elle demeure et elle agit en nous et nous invite à nous mettre en route à la suite du Christ, au milieu de nos frères et soeurs! Amen

 

 

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